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 L'origine de l'Homme, sa nature, son essence

 

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 16:19

Les mécanismes de l'évolution ne permettent pas de remonter le temps pour retrouver un état ancestral, selon une étude sur des mouches naines ou drosophiles (drosophila melanogaster) placées dans l'environnement de leurs ancêtres après avoir subi des mutations génétiques sur un grand nombre de générations.

Une équipe internationale de chercheurs dirigée par Henrique Teotonio, de l'Institut scientifique Gulbenkian au Portugal, a créé différentes espèces de mouches sur plus de 500 générations en les faisant vivre dans des milieux variables en laboratoire en fonction de l'humidité ou de la quantité de nourriture.


"On a utilisé des milieux qui changent l'état démographique de la population, avec des intervalles entre deux générations qui varient de deux semaines à cinq semaines", a expliqué M. Teotonio.

 

Les scientifiques ont ensuite replacé les différents espèces de drosophiles obtenues dans leur environnement de laboratoire d'origine.

 

Au bout de 50 nouvelles générations, alors que les insectes s'étaient adaptés au milieu de leurs ancêtres, ils avaient retrouvé certaines caractéristiques génétiques originelles, mais pas toutes, selon les résultats publiés dimanche dans la revue spécialisée Nature Genetics.

 

Il y a huit ans, le même chercheur avait déjà publié une étude présentant des conclusions allant dans le même sens, après une expérience similaire portant sur le phénotype des drosophiles, c'est à dire leurs caractéristiques

observables, à la fois physiques et comportementales.

 

Aujourd'hui "on observe plus ou moins la même chose", a déclaré M. Teotonio.

 

L'analyse montre que l'évolution se produit surtout, de génération en génération, par des changements dans la distribution des allèles, qui sont les différentes formes d'un gène au sein d'une population donnée. L'apparition de mutations, donc de formes nouvelles, est plus rare.

 

De plus "certaines mouches revenues à leur état ancestral peuvent avoir un phénotype identique à leur aïeux, tout en étant génétiquement différentes", soulignent les chercheurs.

 

Ces résultats montrent que les connaissances sur les liens entre gènes et évolution restent insuffisants pour prédire la capacité d'adaptation d'une espèce sur une base génétique.

 

"On n'arrive à prévoir les changements au niveau de l'ADN qu'une fois sur deux", précise M. Teotonio. Cela reste insuffisant pour savoir "par exemple, comment les organismes vont pouvoir s'adapter au réchauffement global de la planète".

 

 

 

Source : AFP/Yahoo

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 11:36

En France, il existe tout un arsenal juridique pour réguler [les trouvailles archéologiques] . Le patrimoine archéologique est précisément défini. Selon le livre V, titre 1er, article L. 510-1 de l'ordonnance n° 2004-178 du 20 février 2004 relative à la partie législative du Code du patrimoine « consti­tuent des éléments du patrimoine archéologique tous les vestiges et autres traces de l'existence de l'humanité, dont la sauvegarde et l'étude, notamment par des fouilles ou des découvertes, permettent de retracer le développement de l'histoire de l'humanité et de sa rela­tion avec l'environnement naturel ».

 

On ne fouille plus n'importe où ni n'importe comment, sans auto­risation. Selon la loi du 27 septembre 1941 (article 14), «lorsque, par suite de travaux ou d'un fait quelconque, des monuments, des ruines, substructions, mosaïques, éléments de canalisation antique, vestiges d'habitation ou de sépulture anciennes, des inscriptions ou générale­ment des objets pouvant intéresser la Préhistoire, l'Histoire, l'art, l'ar­chéologie ou la numismatique sont mis au jour, l'inventeur de ces vestiges ou objets et le propriétaire de l'immeuble où ils ont été découverts sont tenus d'en faire la déclaration immédiate au maire de la commune qui doit la transmettre sans délai au préfet. Celui-ci avise le ministre des Affaires culturelles ou son représentant qualifié dans le département », c'est-à-dire le Service régional de l'archéologie ou la Direction régionale des affaires culturelles.

 

L'article 716 du Code civil spécifie que «la propriété d'un trésor appartient à celui qui le trouve dans son propre fonds : si le trésor est trouvé dans le fonds d'autrui, il appartient pour moitié à celui qui l'a découvert, et pour l'autre moitié au propriétaire du fonds. » Qu'est-ce qu'un trésor? C'est «toute chose cachée ou enfouie sur laquelle personne ne peut justifier sa propriété, et qui est découverte par le pur effet du hasard. Ainsi des pièces d'or désignées dans un testament mais découvertes deux siècles après, ne sont pas un trésor et doivent être remises à ceux qui justifient être aux droits de leur légitime propriétaire (tribunal civil de la Seine 1949). L'inventeur d'un trésor s'entend de celui qui par le seul effet du hasard, met le trésor à décou­vert, serait-il au service d'une entreprise, dès lors que les travaux ayant amené la découverte n'ont pas été effectués à cette fin (1991). Des fossiles, choses cachées et enfouies, ne sont cependant pas un trésor dès lors que leur découverte, résultant de recherches volontai­rement pratiquées, n'est pas fortuite (Millau, 26 mai 1988). »

 

L'article 552 du Code civil précise : « La propriété du sol emporte la propriété du dessus et du dessous. Le propriétaire peut faire au-dessus toutes les plantations et constructions qu'il juge à propos, sauf les exceptions établies au titre des servitudes ou services fonciers. Il peut faire au-dessous toutes les constructions et fouilles qu'il jugera à propos, et tirer de ces fouilles tous les produits qu'elles peuvent fournir, sauf les modifications résultant des lois et règlements relatifs aux mines, et de lois et règlements de police. » Cependant, comme l'énonce l'article L. 541 -1, du chapitre 1er du titre IV du livre V du Code du patri­moine, d'après l'ordonnance précédemment citée : « Les dispositions de l'article 552 du Code civil relatives aux droits du propriétaire du sol ne sont pas applicables aux vestiges archéologiques immobiliers. L'État verse au propriétaire du fonds où est situé le vestige une indemnité destinée à compenser le dommage qui peut lui être occasionné pour accéder audit vestige. À défaut d'accord amiable, l'action en indemnité est portée devant le juge judiciaire. Lorsque le vestige est découvert fortuitement et qu'il donne lieu à une exploitation, la personne qui assure cette exploitation verse à l'inventeur une indemnité forfaitaire ou, à défaut, intéresse ce dernier au résultat de l'exploitation du vestige. L'indemnité forfaitaire et l'intéressement sont calculés en relation avec l'intérêt archéologique de la découverte et dans des limites et selon des modalités fixées par décret en Conseil d'État. »

 

En résumé, si vous découvrez un objet archéologique sur votre terrain, il vous appartient mais vous devez tout de même signaler votre trouvaille, afin qu'un archéologue puisse l'étudier et en faire bénéficier la collectivité. Si c'est une grotte ornée que vous avez la chance de posséder sur votre terrain, vous devrez rétrocéder celle-ci à l'État ou à ses représentants légaux. C'est ainsi, par exemple, que la grotte ornée de Vilhonneur (Charente), découverte en 2005, s'est retrouvée dans l'escarcelle du ministère de la Culture.

 

Pour le cas particulier de l'archéologie subaquatique, le chapitre 2, section 4, titre III, du livre V de la même ordonnance, précise (article L. 532-1) que «constituent des biens culturels maritimes les gise­ments, épaves, vestiges ou généralement tout bien qui, présentant un intérêt préhistorique, archéologique ou historique, est situé dans le domaine public maritime ou au fond de la mer dans la zone contiguë. » La découverte fortuite est étroitement encadrée (article L. 532-2) : « Les biens culturels maritimes situés dans le domaine public [C'est-à-dire, « dans une zone contiguë comprise entre douze et vingt-quatre milles marins mesurés à partir des lignes de base de la mer territoriale, sous réserve d'accords de délimitation avec les États voisins» (article L. 532-12) ] maritime dont le propriétaire n'est pas susceptible d'être retrouvé appartiennent à l'État. Ceux dont le propriétaire n'a pu être retrouvé, à l'expiration d'un délai de trois ans suivant la date à laquelle leur découverte a été rendue publique, appartiennent à l'État. » L'inventeur d'un site doit le signaler dans les 48 heures (article L. 532-3) aux autorités compétentes. Si le bien culturel maritime appartient à l'État, il recevra une récompense (article L. 532-13). Mais ne rêvez pas : son montant est fixé par l'autorité administrative.


Extrait de "Comment reconstituer la préhistoire ?"
Romain Pigeaud
EDP Sciences, 2007

 

 

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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 16:30
Cuisson des aliments
Les plus anciennes traces d'utilisation du feu apparaissent il y a environ 1,4 millions d'années. Cette révolution alimentaire pourrait être un facteur déterminant dans l'histoire de l'évolution de notre espèce : elle aurait permi, grâce à une mastication plus facile et une digestion plus efficace, de passer d'une alimentation plutôt végétarienne à une alimentation plus carnée ; cela pourrait être mis en rapport avec l'augmentation du volume cérébral, fortement constaté à cette période. Par ailleurs, la cuisson des aliments induit une modification substantielle dans les rapports sociaux, dans l'organisation d'une prédation collective et organisée d'une part, et dans le regroupement du clan dans ce qui aurait été les premiers repas "de famille".
Source : Aux origines de l'humanité, le propre de l'homme
P. Picq et Y. Coppens, Fayard, 2001



Feu (maîtrise du)

C'est aux environ de -600 000 ans que les Hommes maîtriseront le feu en laissant des traces nettes. C'est aussi à cette époque que la taile relative du cerveau augmente de manière significative. Pour autant, il est fort probable que certains modes de cuisson, qui ne laissent pas de trace nette, aient précédé l'invention de foyers structurés.



Flûtes en os
On a trouvé des flûtes en os à Isturitz, dans les Pyrénées-Atlantiques. L'une d'elles, presque complète, en os de vautour, datait du gravettien, c'est-à-dire près de 25 000 ans.
Source : "la préhistoire expliquée à mes petits-enfants"
Jean Clottes, Seuil, 2002



Arcs et flèches
On ne sait pas exactement quand est apparu l'arc. Le plus ancien fragment date de 11 000 ans. Realisé en bois, il se conserve difficilement. Il est possible qu'il ait été inventé avant, car 10 000 ans plus tôt, et par la suite, on trouve des pointes effilées en silex : elles pouvaient faires d'excellentes pointes de flèches, alors qu'elles auraient été un peu légères pour des sagaies.

Source : "la préhistoire expliquée à mes petits-enfants"
Jean Clottes, Seuil, 2002



Céramique
Les plus anciens vestiges de céramique nous viennent du Japon ; ils datent d'environ -10 000 ans.


Pirogues
Les plus anciennes pirogues connues, qui ont moins de 10 000 ans, sont faites dans des trons de bois creusés et évidés. Il y a pu en avoir bien avant, comme tend à le faire penser le peuplement de l'Australie, entre 55 000 et 60 000 ans, qui a demandé le franchissement de bras de mer de 70 km et plus ; ces homo sapiens explorateurs possédaient donc des radeaux ou des pirogues.
Source : "la préhistoire expliquée à mes petits-enfants"
Jean Clottes, Seuil, 2002


Dentistes et carie dentaire
La sédentarisation du néolithique amène un nouveau régime alimentaire qui engendre de nouveaux problèmes ! L'augmentation des sucres favorise le développement de caries dentaires. La farine, fabriquée dans des meules en pierre, contient de la poussière rocheuse. Le pain craque sous la dent. Conséquence : l'émail s'use rapidement. Mâcher devient douloureux. Les premiers dentistes connus apparaissent au Pakistan, il y à 9000 ans.
Source : "Histoire de France"
Gallimard jeunesse, 2007



Trépanation
Le premier crâne trépané est mis au jour en 1685, par Montfaucon, à Cocherel, mais ce n’est qu’en 1816 que Jean-Denis Barbié du Bocage présente un crâne trouvé à Nogent-les-Vierges « présentant un traumatisme qui avait fait perdre une partie du crâne, ce qui n’empêcha pas son possesseur de vivre encore de longues années (12 ans d’après l’estimation de Frédéric Cuvier). Les premières de ces interventions remonteraient vers la fin du néolithique, entre -5000 et -3000 ans.


Arnaque
Le concept d'arnaque est avéré vers la fin de l'âge de bronze, soit aux environs de 1000 ans avt JC. En effet, on a retrouvé en Méditerranée des lingots de cuivre, d'étain et de bronze destinés à l'échange commercial, dont seul l'extérieur était de la matière concernée, le centre étant de matière quelconque.
Source : "L'apogée de l'âge du bronze"
Franz-Leopold Schmelzer, Gerhard J. Rekel - Document vidéo, 2007
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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 16:14
"Fouiller le passé, rechercher et étudier des créatures préhistoriques, des os fossilisés de plusieurs millions d'années, dans la poussière ou dans le recoin d'un musée, c'est l'image que l'on a du paléontologue. Mais au delà de ce cliché, ce professionnel peut être utile dans différents emplois."

France 5 propose sur son site des fiches-métiers, dont certaines renvoient à des professions rares qui feront sans doute rêver plus d'un visiteur du blog Genre.homo.

Voici celle du
paléontologue.
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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 11:48

La région du rift est-africain a livré une grande partie des restes d'Hominidés fossiles actuellement connus dans le monde et des sites archéologiques et paléontologiques exceptionnels : Olduvai et Laetoli en Tanzanie, Omo, Melka Kunture et Hadar en Ethiopie, la région du lac Turkana aux confins de l'Ethiopie et du Kenya... La plupart de ces gisements ont été trouvés dans des dépôts fluvio-lacustres résultant des importants phénomènes d'érosion liés à la formation du rift. Des niveaux volcaniques sont interstratifiés dans ces dépôts sédimentaires, formant d'excellents marqueurs stratigraphiques. Dans les années 1960 et 1970, la datation de certains de ces niveaux volcaniques fit connaître auprès d'un assez large public les méthodes de datation par potassium-argon, argon-argon et traces de fission.

Le principe général de la méthode potassium-argon est très simple. Le 40K, l'un "des isotopes naturels du potassium, est radioactif. Sa période est de 1,25 milliard d'années et, lorsqu'il se désintègre, il forme du "Mr. Le dosage de ces deux éléments dans un minéral permet donc une détermination de son âge. La méthode peut être appliquée à la datation de minéraux tels que feldspaths, micas et amphiboles, à condition toutefois que le minéral étudié ne contienne pas d'argon au moment de sa formation, ce qui est en théorie le cas pour les minéraux volcaniques.

La méthode argon-argon est une variante récente de la méthode potassium-argon. Avant l'étude, le minéral que l'on souhaite analyser est bombardé avec des neutrons, ce qui entraîne la transformation du 40K

présent dans l'échantillon en 40 Ar . Le rapport 40K/39K est constant dans la nature, et il est donc possible de calculer l'âge de l'échantillon en mesurant ses teneurs en 39Ar et en 40Ar à l'aide d'un spectromètre de masse. Cette technique présente l'avantage de fournir des informations sur l'histoire et l'évolution dans le temps de la roche datée. Un événement postérieur à la formation de la roche (recristallisation, altération, recuit...) pourra ainsi être reconnu.

Le principe de la datation par traces de fission est complètement différent. Une partie des atomes d'uranium 238 présents dans les minéraux fissionne spontanément, selon une constante de temps connue. Les atomes 238U se scindent alors en deux atomes-fils qui sont violemment éjectés dans deux » directions opposées, endommageant localement le minéral. Une attaque chimique peut facilement rendre observable la trace de fission ainsi produite, le nombre total de traces de fission observées dans un échantillon fossile étant alors fonction du temps et de la teneur de cet échantillon en 238U.

Ces trois méthodes sont très souvent utilisées en géologie. En archéologie, elles ont permis de préciser l'âge de gisements situés dans des provinces volcaniques : Afrique de l'Est bien sûr, mais aussi Indonésie, Mexique, Italie, Massif central... Leur association avec les données de la tephrochronolo-gie (corrélation géologique et chimique de niveaux volcaniques) a ainsi permis de faire de l'Afrique de l'Est un système chronostratigraphique très précis et bien défini.


Extrait de 'Histoires d'ancêtres'
Grimaud Hervé Serre Bahain Nespoulet
Artcom' / Errance - 2005

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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 10:41

Actualisme. Principe selon lequel l'observation des phénomènes actuels suffit pour expliquer les événements du passé.

 

Anagénétique. Relatif à l'anagenèse. L'anagenèse est un processus évolutif selon lequel une espèce se transforme au cours du temps par enchaînement de populations liées par des relations directes de type ancêtre-descendant, sans subdivision, donc sans production de diversité.

 

Analyse cladistique. Méthode de construction d'arbres évolutifs par identification des clades et des groupes frères.

 

Apomorphe. En cladistique, l'état dérivé, transformé, d'un caractère. Dans la transformation 0 —> 1 d'un caractère, 1 est l'état apomorphe.

 

Arbre phylogénétique. Schéma représentant les relations évolutives entre taxons au cours du temps.

 

Autapomorphe. Dans une comparaison cladistique, se dit d'un caractère dérivé propre à un seul des taxons étudiés et comparés.

 

Biométrie. En biologie, ensemble de méthodes où les comparaisons entre organismes se font au moyen de mesures, indices et traitements statistiques.

 

Caractère. En biologie, organe ou partie d'organe permettant de faire des comparaisons.

 

Caractère dérivé. Caractère transformé, évolué. Voir Apomorphe.

 

Cenozoïque. Dans l'échelle stratigraphique, l'ère tertiaire.

 

Clade. Groupe monophylétique, autrement dit une branche de l'arbre phylogénétique (du grec kladoj, « rameau »).

 

Cladistique. Méthode de classification des êtres vivants fondée sur la construction des cladogrammes. Syn. : cladisme.

 

Cladogenèse. Processus par lequel une espèce mère se divise en deux espèces filles. Voir Spéciation.

 

Cladogramme. Schéma de parenté construit au moyen de l'analyse cladistique. Dans un cladogramme, la phylogénie est montrée sous la forme d'un emboîtement de groupes frères.

 

Congruence. En cladistique, se dit de l'identité des distributions de caractères. La congruence révèle l'apomorphie, la non-congruence révèle l'homoplasie.

 

Comparaison extra-groupe. Comparaison d'états de caractères identifiés dans un groupe pris comme sujet d'étude (groupe dit interne) étendue à d'autres groupes, plus ou moins proches du groupe interne. La comparaison extra-groupe a pour but de poser des hypothèses de transformation des états de caractères.

 

Corrélation des caractères. Principe conçu par Georges Cuvier, selon lequel, chez un être vivant, les organes sont liés fonctionnellement. Par exemple, un animal qui possède des membres pourvus de sabots - caractère connu chez les herbivores - doit posséder des dents d'herbivore.

 

Équilibres ponctués. Modèle de spéciation dans le temps où le changement évolutif se produit pendant de courtes périodes de temps, chez des populations vivant dans des zones géographiques restreintes, les espèces étant stables le reste du temps. Il s'oppose au modèle du gradualisme phylétique.

 

Faciès. Aspect lithologique et paléontologique d'une roche lié au milieu de sédimentation. Par exemple, le faciès récifal correspond à une roche faite d'organismes marins constructeurs.

 

Gradualisme phylétique. Modèle d'évolution dans le temps où le changement évolutif se produit de façon régulière. Il s'oppose au modèle des équilibres ponctués.

 

Groupe souche. Se dit d'un groupe composé de taxons fossiles qui ensemble ne forment pas un clade et se situent sur la branche menant à l'un des deux groupes frères issus d'une même espèce ancestrale.

 

Groupes frères. Se dit de deux clades issus d'une espèce ancestrale propre ; les marsupiaux et les placentaires sont des groupes frères.

 

Homologie. État de caractères homologues ; partage par deux espèces, ou plus, des mêmes caractères pour des raisons de parenté phylogénétique. Par exemple, l'os angulaire du lézard et l'os tympanique de l'homme sont homologues. L'homologie peut également être vue comme une relation entre les caractères de différents organismes. L'articulation cranio-mandibulaire au moyen du squamo-sal et du dentaire est une homologie de mammifère.

 

Homoplasie. Caractère, ou état de caractère, présent chez différentes espèces, mais non hérité d'une espèce ancestrale propre.

 

Isotopes. Éléments chimiques ayant la même position dans la classification des éléments, mais différant par leurs masses atomiques.

 

Lithologie. Nature des roches d'une formation géologique (synonyme de pétrographie).

 

Manducation. L'ensemble des actions liées à la préhension et à la préparation des aliments dans la bouche (mastication, insalivation, déglutition).

 

Mésozoïque. Dans l'échelle stratigraphique, l'ère secondaire.

 

Monophylie. État de ce qui est monophylétique. Un groupe monophylétique inclut les descendants d'une espèce ancestrale; un tel groupe est caractérisé par au moins une synapomorphie.

 

Moustérien. Industrie fabriquée par l'homme de Nean-dertal (Homo sapiens neanderthalensis) et par l'homme de type moderne (Homo sapiens sapiens), datant du paléolithique moyen. Elle se caractérise par la taille d'outils de silex à partir d'éclats débités selon une technique particulière, dite « Levallois » (racloirs, grattoirs, etc.).

 

Ontogénie. Développement de l'individu, de l'œuf jusqu'à l'adulte.

 

Paraphylie. État de ce qui est paraphylétique. Un groupe paraphylétique n'inclut qu'une partie des descendants d'une espèce ancestrale.

 

Parcimonie. Synonyme de principe d'économie d'hypothèse, principe selon lequel, en science, entre deux théories on choisit la plus simple, celle qui fait appel au minimum d'hypothèses auxiliaires, d'hypothèses ad hoc. En recherche phylogénétique, l'arbre évolutif parcimonieux est celui qui permet de relier un nombre donné de taxons à partir du minimum d'événements évolutifs hypothétisés.

 

Pas évolutif. Dans un cladogramme, transformation d'un état de caractère en un autre, assimilée à une mutation.

 

Phylogénétique. Le substantif (créé en 1963) désigne la science de la construction des arbres phylogénétiques. L'adjectif se rapporte à ce qui est relatif à la phylogénie.

 

Phylogénie. Histoire de la descendance des êtres vivants.

 

Placodermes. Taxon rassemblant des vertébrés aquatiques pourvus de mâchoires et munis d'une cuirasse articulée, largement répandus dans les mers et les eaux douces au dévonien.

 

Plésiomorphe. En cladistique, l'état initial, primitif, d'un caractère. Dans la transformation 01 d'un caractère, 0 est l'état apomorphe.

 

Polarité. Sens de transformation des états de caractères.Si deux états d'un caractère sont 0 et 1, la polarité peut être 0 1 ou 1 0.

 

Précédence géologique. Ancienneté relative de taxons et, par voie de conséquence, de caractères portés par ces taxons aboutissant à l'équation « ancien = primitif » et « récent = évolué ».

 

Radiation adaptative. Différenciation rapide dans des niches écologiques variées de nombreux groupes issus d'un ancêtre commun.

 

Rameau phylétique. Une séquence de populations évoluant dans le temps sans production de diversité (voir Anagénétique) ; on dit aussi lignée phylétique.

 

Stratigraphie. Science qui étudie la succession des couches géologiques (ou strates).

 

Synapomorphie. Partage par différents taxons de l'état apomorphe d'un caractère par héritage à partir d'une ascendance commune.

 

Synapsides. Groupe d'amniotes pourvus d'une seule fosse temporale de chaque côté du crâne, ouverte initialement entre le jugal et le quadratojugal, d'une part, et le squamosal et le postorbitaire, d'autre part.

 

Systématicien. Biologiste qui étudie la diversité des espèces dans le temps et dans l'espace.

 

Systématique. En biologie, science qui étudie les relations entre les espèces (actuelles et fossiles) dans leurs dimensions temporelle et spatiale.

 

Taxinomie. (Du grec taxis, « ordre », « arrangement », et nonwd, « loi », « règle ».) Etude théorique des bases, principes, règles et lois de la classification.

 

Taxon. Un groupe classifié à n'importe quel niveau de la classification. Homo est un taxon de rang générique, Hotno sapiens est un taxon de rang spécifique.

 

Tectonique. Branche de la géologie qui étudie les déformations de l'écorce terrestre.

 

Tectonique globale. Branche de la géologie qui étudie le mouvement des plaques à la surface de la Terre (synonyme récent de la dérive des continents selon Wegener).

 

Zone. En stratigraphie, la plus petite période de temps géologique matérialisée par la présence spécifique d'un fossile et permettant des corrélations (on dit également biozone).

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5 juillet 2006 3 05 /07 /juillet /2006 10:06

Naturaliste suédois du XVIIIème siècle, Carl Linné a mis au point  la classification des êtres vivants au moyen d'une hiérarchie de catégories de plus en plus englobantes :

espèce, genre, famille, ordre, classe, embranchement et règne


Cette classification est encore en usage dans la science contemporaine. Dans le système de Linné, les êtres humains appartiennent à l'espèce Homo sapiens au sein du genre Homo. Celui-ci appartient, avec certains autres genres, à la famille des hominidés. Laquelle famille ainsi que plusieurs autres appartiennent à l'ordre des primates ; les primates à la classe des mamifères, celle-ci à l'embranchement des vertébrés, lequel est l'un des nombreux embranchements inclus dans le règne animal.


D'une manière plus précise :

L'homme appartient au règne animal.

C'est un vertébré, son corps a un axe rigide dorsal fait de vertèbres se succédant. Il a donc une certaine organisation de l'avant vers l'arrière et d'un côté par rapport à l'autre. L'un des plus anciens vertébrés serait vieux de 530 millions d'années.

L'homme fait partie de la classe des mammifères. Il porte des mamelles pour allaiter ses petits. Son corps est couvert de poils et son cerveau est plus volumineux que celui d'autres groupes de vertébrés. L'un des plus anciens mammifères serait vieux de 115 millions d'années.

L'homme   fait   partie   de   l'ordre   des primates. Ses mamelles sont en position pectorale. Les os de son avant-bras ne sont pas soudés l'un à l'autre. Le pouce de sa main est opposable aux autres doigts. Il a des ongles à la place des griffes. La position de ses orbites permet une vision en relief. Il peut s'asseoir sans se reposer sur ses membres supérieurs, ce qui les libère d'activités locomotrices. Beaucoup de ces caractéristiques facilitent aussi les déplacements dans les arbres. Le primate a plutôt quatre incisives par mâchoire. Son cerveau est développé, surtout dans la région arrière. Les plus vieux primates sont âgés de près de 55 millions d'années.

L'homme fait partie de la superfamille des hominoïdés. Ce sont les primates sans queue, devenue le coccyx qui regroupe des vertèbres atrophiées. Les membres supérieurs sont longs par rapport aux membres inférieurs. Les plus vieux hominoïdés connus sont âgés de 25 millions d'années. Les hominoïdés actuels regroupent trois familles : les hylobatidés (gibbons et siamangs), les pongidés (orang-outans) et les hominidés. Jusqu'à présent, cette classification était surtout basée sur des caractéristiques de leur corps (le phénotype) et sur celles des squelettes (pour les fossiles). Mais on a aussi étudié les gènes (le génotype) des hominoïdés actuels. Cela permet d'établir des relations d'ancestralité (la phylogénie) différentes de celles établies i à partir des phénotypes.

L'homme est un membre de la famille des hominidés, qui comprend tous les hommes ainsi que les chimpanzés, les gorilles et leurs ancêtres respectifs. On note chez eux une nette diminution du système masticateur par rapport à celui protégeant le cerveau. Sur quarante-cinq gènes analysés chez les hominidés actuels, plus de la moitié indiquent une parenté plus grande, entre les chimpanzés et les hommes qu'entre les hommes et les gorilles ou les gorilles et les. chimpanzés. Le plus vieil hominidé n'est pas encore connu mais il y a des prétendants entre 9 et 5 millions d'années. Il n'est pas facile de l'identifier car des hominidés ont sûrement disparu sans laisser de descendance actuelle. C'est le cas de Gigantopithecus, le plus grand de tous les hominoïdés : une sorte de gorille géant.

L'homme fait partie de la sous-famille des homininés. Selon certains, elle regroupe deux infra-familles (ou tribus) : les paninés (les chimpanzés et leurs ancêtres) et les hominés (les hommes et leurs ancêtres). Nous ne connaissons pas le plus ancien homininé, mais, étant donné que l'homme est partout présent sur la terre et que les chimpanzés n'existent qu'en Afrique, ce fossile devrait se trouver sur ce continent.

Les hominés rassemblent tous les hommes actuels et les fossiles regroupés au sein de la lignée humaine. Sahelanthropus, Orrorin, Ardipithecus, Australopithecus, Paranthropus, Kenyanthropus, Praeanthropus, Homo, sont autant de noms de genres qui en font partie. Les hominés sont tous bipèdes. Ils ont un gros cerveau relativement à leur masse corporelle et une réduction marquée du système masticateur. Le dimorphisme sexuel est atténué. Le plus vieil hominé serait Sahelanthropus tchadensis, vieux de 6 à 7 millions d'années.

Soulignons d'emblée que cette classification n'est pas consensuelle. Ainsi, pour certains spécialistes, les hominidés correspondent à ce que nous appelons ici « homininés ». Pour d'autres, les homininés regroupent « nos » hominés alors que les Paninés comportent deux genres : Pan (les chimpanzés) et Gorilla (les gorilles). Illustrons ce problème avec Sahelanthropus. Selon ses découvreurs, c'est le plus vieil hominé. Cependant, quelques scientifiques proposent de le classer dans un genre appelé Sahelopithecus. Ils le considèrent donc comme un ancêtre possible des gorilles ou des chimpanzés. Selon notre classification, ce serait, dans ce cas, le plus vieil homininé ou le plus ancien hominidé. Quelle que soit sa position dans l'arbre généalogique des hominoïdés, Sahelanthropus/Sahelopithecus est intéressant car, entre 7 et 6 millions d'années, nous n'avions aucune idée de ce que pouvaient être les hominoïdés fossiles.

Les plus vieux membres du genre Homo ont été trouvés seulement en Afrique. Ils ont près de 2,4 millions d'années. Pour appartenir à ce genre, un fossile doit avoir une capacité crânienne de plus de 600 cm3 et une région faciale plutôt verticale positionnée en partie sous la région frontale. La réduction du système masticateur est marquée, avec des dents dont les proportions relatives sont voisines de celles observées chez des spécimens plus récents. Le mode de locomotion est proche du nôtre et ne traduit pas d'aptitude au déplacement dans les arbres. Plusieurs espèces ont été définies au sein du genre Homo : Homo habilis, Homo rudolphensis, Homo ergaster...

Tous les hommes actuels sont des Homo sapiens. Selon les règles de la classification (ou taxinomie) du règne animal vivant ou fossile, « sapiens » est le nom d'espèce. Le fait que nous appartenons tous à la même espèce signifie que nous sommes interféconds et que nous ne le sommes pas avec des individus appartenant à d'autres espèces proches de la nôtre. De nos jours, il existe une seule espèce humaine sur terre (Homo sapiens). Mais cela n'a pas toujours été le cas. Il est difficile de dire quand est apparu le premier Homo sapiens. En effet, il n'y a pas de consensus quant à l'origine d'Homo sapiens. Ainsi, des fossiles humains peuvent être rapportés ou non à cette espèce en fonction de modèles évolutifs que les scientifiques développent.

Nous sommes aussi tous membres d'une même sous-espèce : Homo sapiens sapiens. Selon nous, cela permet aussi de définir les hommes anatomiquement modernes. Bien sûr, les milliards d'hommes actuels montrent une grande variabilité biologique et certaines différences de notre physionomie semblent très importantes : la forme du corps, la couleur de la peau. Mais pour tous les hommes actuels, ce sont les mêmes gènes, localisés sur les mêmes chromosomes qui, dans toutes les populations, s'expriment pour les mêmes caractères. Ce sont des variations minimes au niveau des gènes ainsi que l'influence de l'envi-ronnement, la sélection sexuelle qui expliquent notre diversité biologique. Quel que soit le gène considéré, sa répartition est graduelle, sans limite géographique nette et encore moins en rapport avec les structures étatiques actuelles. La variabilité génétique que représente l'humanité est tellement vaste que les divergences génétiques qui existent entre différentes populations actuelles sont faibles, parfois plus faibles que la diversité observée au sein d'une même population. En conséquence, il n'est pas possible de définir au sein des populations humaines des « races » dont l'homogénéité biologique serait telle qu'elle permettrait de les isoler du reste de l'humanité.

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22 juin 2006 4 22 /06 /juin /2006 00:19
Les concrétions calcaires des grottes, stalactites et stalagmites, enregistrent les caractéristiques de l'écoulement d'eau qui les a créées, et donc des événements qui ont modifié la vitesse et la nature de leur formation.

Dans un milieu souterrain relativement protégé de l'érosion et des dégradations humaines, ces dépôts sédimentaires, nouvellement désignés sous le nom de «spéléothèmes», sont datés par les moyens classiques de la datation géologique. Le décryptage de ces «archives géologiques» qui nous renseignent sur l'histoire climatique et géologique locale a beaucoup progressé ces dernières années.



La vie de la grotte

Une grotte, comme tout système géologique, a une histoire : elle naît, vit et se développe, puis vieillit et disparaît lentement. La grotte apparaît et grandit quand un courant d'eau chargé de gaz carbonique creuse une roche calcaire. Les galeries de certains réseaux de grottes s'étendent sur des centaines de kilomètres (plus de 500 kilomètres à Mammouth Cave, aux États-Unis) et les dénivelés verticaux peuvent dépasser le kilomètre (1602 mètres au gouffre Jean Bernard, en Savoie). Le vieillissement est lié au tarissement des courants et des eaux de creusement, et au comblement de la grotte par les sédiments et les concrétions.

Les dépôts détritiques des grottes résultent de l'accumulation des sédiments. Les dépôts endogènes, éboulements des parois et des plafonds, renseignent, quand on sait les dater, sur l'évolution de la grotte et, éventuellement, sur l'origine sismique de son comblement.

Les dépôts exogènes proviennent de l'extérieur de la grotte. L'agent de transport, le plus souvent l'eau, dépose des sédiments semblables à ceux trouvés dans les terrasses des rivières de surface. Leur étude met en évidence des séquences de dépôts liées à des crues avec conglomérats, grès et sables à la base, et argile fine au sommet. Le vent accumule aussi d'importants dépôts de sable fin et surtout de loess, indices d'un climat steppique lié à des phases climatiques froides périglaciaires ; ces dépôts détritiques exogènes renseignent sur l'environnement climatique externe à la grotte.

À partir des analyses de ces sédiments (granulométrie, morphoscopie, palynologie, etc.), on a reconstitué les diverses étapes, notamment climatiques et culturelles, qui se sont succédé au cours des derniers millions d'années. On a ainsi reconstitué, dans la grotte de Caune de l'Arago (Pyrénées-orientales), le cadre climatiqueet le mode de vie de l'Homme de Tautavel, le plus vieux fossile humain européen, qui vivait il y a environ 450 000 ans.

De plus, une grande partie des objets et outils préhistoriques ont été découverts dans les fouilles de dépôts détritiques, fouilles qui ont précisé les alternances climatiques durant lesquelles s'est développée la lignée humaine.

Au Quaternaire, les dépôts détritiques des grottes ont été souvent perturbés par des éboulements, des coulées de boue et des glissements de terrains. Ces phénomènes ont été causés par les longues périodes de dégel qui ont succédé aux phases périglaciaires et glaciaires, où le sol était fixé par le gel. Ces processus ont particulièrement affecté les grottes du Sud de l'Europe, lors de la phase de dégel progressif qui a suivi la période glaciaire du Wùrm, entre -20 000 ans et -8000 à -6000 ans, suivant la position des sites.

Les écroulements de falaises et ces glissements de pente ont alors obturé des porches de grottes fréquentées par les hommes préhistoriques au cours de la dernière glaciation, et assuré leur conservation et leur intégrité. La découverte de la grotte Chauvet, dans l'Ardèche, illustre cette préservation.






Les concrétions


Les dépôts chimiques des grottes, les concrétions, sont spécifiques du milieu souterrain. Ces concrétions se forment en présence de trois composants : l'eau, le gaz carbonique (ou dioxyde de carbone) et le calcaire. Quand l'eau de surface est acidifiée par la dissolution de gaz carbonique provenant des végétaux, le calcaire de la roche de surface est dissous sous forme de bicarbonate de calcium : cette dissolution du calcaire creuse les vides souterrains que sont les grottes. Le bicarbonate de calcium dissous est un composant en équilibre : quand la température de l'eau ou la pression partielle de gaz carbonique diminuent, l'équilibre chimique évolue dans le sens de la précipitation, avec dépôt de concrétions de carbonate de calcium.

Ainsi, en fonction des conditions du milieu, l'eau a une double action : soit elle creuse les conduits souterrains que sont les grottes, en dissolvant le calcaire, soit elle dépose le calcaire sous forme de concrétions et remplit lesvides qu'elle avait précédemment creusés sous terre.

Les variations de la température, la pression partielle du dioxyde de carbone, la solubilité de la roche, la teneur de la roche en carbonates, le débit de l'eau, déplacent l'équilibre dans le sens de la précipitation du calcaire, provoquant alors le dépôt de concrétions.





Les formes des concrétions

On est toujours surpris par la profusion et le polymorphisme des concrétions des grottes. Le concrétionnement n'est qu'une précipitation de carbonate de calcium, mais une précipitation au sein d'une eau circulante. Aussi le concrétionnement est-il un phénomène dynamique, et ses formes multiples sont contrôlées par un ensemble de facteurs : (1) la position dans la cavité souterraine du point de perco-lation de l'eau : plafond, sol, parois, bassins immergés, etc. ; (2) le débit de l'eau de concrétionnement : circulation capillaire en film d'eau, écoulement en goutte à goutte, ruissellement en cascade, etc. ; (3) les paramètres de porosité-perméabilité de la roche, qui influent sur les modes de circulation de l'eau de concrétionnement et sur la vitesse de percolation.

Parmi ces facteurs, le critère «débit et mode de circulation de l'eau» est majeur et sert de base à une première classification des concrétions. On distingue ainsi deux grands types de concrétionnements : (1) le concrétionnement à débit d'eau contrôlé par les forces de gravité, d'organisation essentiellement verticale, horizontale ou oblique, en fonction du profil des parois de la grotte. C'est le concrétionnement classique des grottes. La forme et l'importance des concrétions sont principalement déterminées par le débit d'eau qui les alimente.

Ainsi, un débit goutte à goutte lent favorise la formation de stalactites au plafond, un goutte à goutte rapide ne permettra que la formation de stalagmites au sol, avec un faible dépôt au plafond. Cette cinétique du concrétionnement détermine les formes des concrétions en écoulement : draperies, coulées et cascades stalagmitiques, planchers stalagmitiques, stalagmites, colonnes, disques, etc.

Le concrétionnement à débit d'eau très réduit, soumis à des forces capillaires et de tension superficielle, se développe dans toutes les directions de l'espace. Ce type est désigné sous le terme général d'«excentrique», lequel traduit l'anormalité des concrétions. Il présente de très nombreuses formes cristallines, en général très belles : cristaux en aiguilles, coralloïdes, touffes, efflorescences, etc.

En climat humide, le concrétionnement de pesanteur à grand débit d'eau est favorisé, alors qu'en climat sec et confiné, le concrétionnement capillaire se développe. Les formes de concrétionnement sont ainsi une première approximation des alternances climatiques.






Concrétions et paléoclimats

La nature, la composition chimique et la texture de la roche calcaire d'un site ne changent guère avec le temps, mais tous les autres facteurs (température, débit de l'eau, CO2, etc.) sont liés et dépendent du climat qui règne sur le massif calcaire où se situe la grotte. Aussi les structures des concrétions retracent-elles les variations climatiques et permettent-elles de les identifier.
Pendant une même phase climatique qui dure parfois plusieurs dizaines de milliers d'années, le concrétionnement reste continu, homogène, avec développement des mêmes types de concrétions. Lorsque les conditions climatiques sont telles que l'apport d'eau est réduit, la vitesse du concrétionnement diminue et le dépôt peut même s'arrêter complètement pendant de très longues périodes. Cet arrêt des dépôts se marque généralement dans les concrétions par des couches de coloration brune dues à des oxydations et à des corrosions de la surface des concrétions.

Les périodes de non-concrétionne-ment sont souvent plus longues que celles pendant lesquelles les concrétions se développent. Les arrêts de concrétionnement indiquent des dégradations climatiques (froid ou sèche-resse). Pendant le Quaternaire, ils ont spécifiquement marqué les périodes froides ou glaciaires.

Le système cristallin reflète aussi les conditions du dépôt. Le carbonate de calcium cristallise selon deux systèmes minéralogiques : la calcite, forme la plus courante, et l'arago-nite, beaucoup plus rare. L'aragonite se dépose préférentiellement lorsque l'alimentation en eau est réduite et en présence de magnésium existant dans certains types de roches carbo-natées (dolomies, calcaires dolomitiques, calcaires minéralisés).

La présence d'aragonite est l'indice d'un confinement, par exemple une phase climatique sèche. Dans des cas favorables, on observe le passage aragonite-calcite plusieurs fois répété dans une même concrétion. Ces passages indiquent des fluctuations climatiques «humides-moins humides», intéressantes pour l'étude et l'identification des paléoclimats.

Les divers processus de formation des concrétions, leurs significations paléoclimatiques ainsi que l'interprétation des formes constituent une approche intéressante, mais qui ne permet d'aborder que la succession de diverses phases de concrétionnement ou de dépôts détritiques, c'est-à-dire une chronologie relative.






Les datations des concrétionnements

La datation absolue est obtenue par la mesure des concentrations en éléments radioactifs dont la demi-vie est connue. Dans les méthodes directes, on utilise la désintégration radioactive d'un élément dont on connaît par ailleurs la demi-vie. On mesure les concentrations de l'isotope radioactif et de ses produits de désintégration et on détermine ainsi la date de formation de la concrétion où l'isotope a été piégé. Le carbone 14 est utilisé jusqu'à 40 000 ans environ, l'uranium thorium jusqu'à 350 000/400 000 ans, l'oxygène 18 fournit essentiellement des datations concernant les paléotempératures.

Les méthodes indirectes mesurent des émissions par les objets étudiés après qu'ils ont été soit chauffés (thermoluminescence), soit soumis à un bombardement électromagnétique Cette dernière méthode permet des datations dépassant largement lLes méthodes d'analyses naturelles mettent à profit les propriétés des sédiments. Ainsi la mesure de l'aimantation des particules de fer piégées dans les sédiments indique leur polarité magnétique lors de leur cristallisation, ce qui permet de les situer dans l'échelle paléomagnétique terrestre et d'approcher leur âge.

Une autre méthode est la datation par palynologie. L'eau de concrétionnement contient des spores et des pollens qui peuvent être piégés et conservés dans les concrétions. Leur détermination précise l'environnement climatique et l'âge du dépôt si l'on dispose d'une échelle palynologique calée pour la région étudiée. Cette méthode, développée par Bruno Bastin, est limitée par la difficulté d'extraction des pollens et par leur faible concentration dans les concrétions.
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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 01:38

Quaternaire

Chalcolithique

 

 

Néolithique

 

 

Paléolithique

Supérieur

 

Moyen

 

Inférieur

1,75 MA

Tertiaire

Neogene

Pliocène

5,3 MA

Miocène

23 MA

Palaeogène

Oligocène

33 MA

Eocène

53 MA

Palaeocène

65 MA

Secondaire

Crétacé

Supérieur

96 MA

Inférieur

135 MA

Jurassique

Supérieur

154 MA

Moyen

175 MA

Inférieur

203 MA

Trias

Supérieur

230 MA

Moyen

240 MA

Inférieur

250 MA

Primaire

Permien

Supérieur

258 MA

Inférieur

295 MA

Carbonifère

Silésien

325 MA

Dinantien

355 MA

Dévonien

Supérieur

 

Moyen

 

Inférieur

408 MA

Silurien

Supérieur

 

Moyen

 

Inférieur

435 MA

Ordovicien

Supérieur

 

Moyen

 

Inférieur

500 MA

Cambrien

Supérieur

 

Moyen

 

Inférieur

540 MA

Précambrien

 

 

 

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15 avril 2006 6 15 /04 /avril /2006 09:33



MOUSTERIEN (-200 000 à -35 000)

Principale culture du paléolithique moyen, ce faciès culturel présente une prépondérance de l'outillage fabriqué sur éclats. Cette industrie a été associée à l'Homme de Néandertal en Europe. Tirant son nom du site éponyme de Moustier en Dordogne, cette culture voit les premières inhumations.Outillage moustérien

 

CHATELPERONNIEN (-40 000 à -36 000)

Dans le sud de l'Europe, l'Homme de Néandertal pratique le débitage laminaire, utilise des pointes dites de Châtelperron (grotte de l'Allier) et les outils en os. Les Chatelperronniens sont lespremiers fabricants de parures et de bijoux.

 

AURIGNACIEN (-38 ou -35 000 à-28 000)

Première grande culture européenne, elle se caractérise par un outillage lithique façonné sur lames et  pointes de sagaies en os. Elle voir la fabrication de lamelles de très petite dimension. C'est une ère de production d'art mobilier (statuettes en ivoire, colliers de coquillages, ...) et d'art pariétal. C'est aussi l'époque d'échange d'objets sur de longues distances.

 

Vénus gravettienne

GRAVETTIEN (-29 000 à -22 000)

Culture d'Europe occidentale, elle se singularise par la diversification des pointes de sagaies utilisées pour la chasse (os et silex). La plus connue est la pointe de la Gravette (du nom d'un abris fouillé en Dordogne). Elle voit apparaitre la thématique de la femme dans la sculpture et sur les parois gravées : les Vénus gravétiennes.



Une Vénus gravettienne

 











 




SOLUTREEN (-22 000 à - 18 000)

Limitée à la France et à l'Espagne, ce faciès culturel marque l'apogée de la taille du silex, avec entre autres les vestiges probables des premiers arcs, et des pointes de silex en forme de feuilles de laurier. Les représentations animales sont très stylisées. Cette époque voit se développer la sculpture en bas-relief sous abris, ainsi que l'invention du propulseur et de l'aiguille à chas.



Pointe en forme de feuille de laurier





MAGDALENIEN (-18 000 à -10 000)

Apogée de l'art pariétal, ce profil culturel développe un accroissement exceptionnel de l'art mobilier. Les premiers harpons font leur apparition.

 

source : Historia n°680 - août 2003

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