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 L'origine de l'Homme, sa nature, son essence

 

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24 février 2007 6 24 /02 /février /2007 00:02
Les primates femelles ont peut-être inventé les premières armes de l'Humanité, selon une étude dévoilée jeudi et qui sera publiée le 6 mars dans le magazine américain Current Biology.

Selon les chercheurs responsables de cette étude, les femelles qui n'avaient ni la force ou le temps de concourir avec les mâles pour chasser ont dû utiliser leur cerveau et créer des armes pour attraper leurs proies.

Des anthropologues de l'Université américaine de l'Iowa et de l'Université britannique de Cambridge ont étudié le comportement d'un groupe de chimpanzés dans le sud-est du Sénégal et constaté que les femelles et les jeunes du groupe construisaient des armes comme des morceaux de bois affûtés pour chasser de jeunes prosimiens (lémurs, tarsiers).

Les premiers êtres humains ont pu avoir le même comportement que ces chimpanzés car ils vivaient dans un environnement comparable et possédaient les mêmes caractéristiques que leurs cousins primates.

Les chimpanzés et d'autres primates sont connus pour se servir d'outils pour attraper des insectes ou casser des noix mais c'est la première fois que des chercheurs observent un animal utilisant une arme pour chasser des vertébrés.

Les mâles utilisent peu ou pas ces armes car ils sont assez forts et assez rapides pour s'en passer.

"Les femelles ont dû se montrer créatives pour résoudre un problème que les mâles avaient réglé grâce à  leurs muscles", a affirmé Jill Pruetz, anthropologue à  l'Université d'Etat de l'Iowa, qui a conduit la recherche.

"Le simple fait qu'elles chassent des vertébrés avec des outils est extraordinaire car nous avions toujours pensé que seuls les humains en étaient capables", a-t-elle dit.

La façon dont les femelles chimpanzés utilisent leurs armes pour tenter d'attraper des proies dénotent de leur intelligence et d'une bonne connaissance de leur environnement, ont estimé les chercheurs.

Les chimpanzés utilisent leurs outils comme une extension de leurs bras pour attraper de petits prosimiens, des animaux nocturnes qui se terrent dans des cavités durant la journée. Il ne s'agit pas simplement de les extraire de leur terrier mais bien de les immobiliser ou de les tuer.

Bien que les chercheurs ont constaté que sur 22 tentatives d'attraper un prosimien, une seule a été couronnée de succès, ils ont noté que les chimpanzés femelles persistaient à  utiliser une arme pour chercher à  se procurer leur proie. Ils en ont déduit qu'il s'agissait d'un comportement habituel.




Source  : AFP / France Info
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13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 19:42

Un des plus vieux calendriers solaires d'Europe pourrait bien avoir été découvert dans le Mercantour.

Chaque été depuis 4000 ans, lorsque le soir descend sur ce massif situé aux confins des Alpes-Maritimes, une ombre s'allonge et vient frapper plusieurs gravures rupestres taillées dans la roche. Il a fallu à l'anthropologue Jérôme Magail plusieurs années avant d'avoir la certitude que ce phénomène n'était pas dû au hasard. Ce sont certains dessins qui ont attiré son attention : « Mes premières observations datent de 1994. J'étais sur le site un 25 août et j'ai vu l'ombre arriver en plein milieu de plusieurs gravures orientées selon l'axe est-ouest, alors que sur les autres rochers, les gravures sont souvent dessinées dans tous les sens » explique-t-il. L'été avançant, cette ombre se déplace sur la partie basse de la roche et désigne tour à tour 36 gravures correspondant chacune à une date de la saison estivale. Selon lui, ce calendrier solaire gravé environ 2 000 ans avant notre ère. par les éleveurs-agriculteurs de la vallée leur permettait de repérer certaines dates clefs de la saison estivale.

Aujourd'hui, il prouve, comme Stonehenge ou le disque de Nebra, que les hommes de l'âge du bronze étaient préoccupés par les phénomènes célestes.

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12 février 2007 1 12 /02 /février /2007 19:33
L'hypothèse de la grand-mère vise à expliquer pourquoi la ménopause est survenue au cours de l'évolution de l'humanité, alors qu'elle est rare chez les mammifères, et comment cet âge infertile de la vie a pu conférer un réel avantage évolutif aux humains. La ménopause aurait pour origine les risques associés à la grossesse et à l'accouchement ainsi que l'importance relative accordée à l'investissement parental par l'espèce humaine. L'investissement des grands-mères aurait aussi son importance chez les rares espèces animales qui connaissent la ménopause, comme par exemple les baleines. Cette hypothèse est due à Kristen Hawkes et à C.G. Williams, qui a été le premier à avancer que la ménopause pourrait avoir un effet protecteur.

La grossesse aussi bien que l'accouchement sont extrêmement préjudiciables à la santé des femmes et à leur longévité. La grossesse augmente leurs besoins de consommation calorique tandis que l'accouchement les expose à des infections mortelles, surtout lorsqu'elles sont âgées. Aussi certains anthropologues pensent-ils que les femmes âgées des temps préhistoriques étaient moins fécondes que les plus jeunes.

On peut imaginer que, ayant perdu leur capacité de procréation, les mères âgées disposaient de plus de temps pour aider et protéger leurs enfants et petits-enfants et s'occuper de leur éducation. Les béhavioristes qualifient cet investissement de temps d'investissement parental. Les expériences et la simple observation ont montré que les animaux ayant bénéficié d'une telle période de protection et d'instruction avaient plus de chances d'atteindre l'âge auquel ils étaient à même de se reproduire.

Aux temps préhistoriques, les femmes ménopausées auraient donc bénéficié d'une longévité moyenne accrue tout en disposant de plus de temps pour s'occuper de leurs enfants et de leurs petits-enfants. La progéniture de ces femmes ménopausées profitait de ce supplément d'investissement parental et était ainsi plus susceptible d'atteindre l'âge de procréer. Grâce aux gênes maternels dont elle héritait, cette nouvelle génération bénéficiait à son tour de la ménopause et avait une postérité plus nombreuse. À partir de ce raisonnement, les anthropologues ont énoncé une théorie évolutionniste de la ménopause : chez les femmes actuelles, la ménopause serait l'héritage d'une adaptation protectrice qui a permis jadis aux femmes âgées de mieux concentrer leurs ressources maternelles.

Ce modèle a été critiqué notamment par J. Peccei, en particulier parce qu'il est basé sur des données démographiques modernes. Selon cette chercheuse, la ménopause serait un avantage évolutif très ancien, sélectionné chez les jeunes mères pour qu'elles s'investissent dans le suivi de leur progéniture pré-adulte. L'âge de la ménopause aurait ensuite reculé avec l'allongement de la durée de vie moyenne de l'être humain

Source : Wikipédia
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6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 10:53
Ce mardi 6 février 2007, sur les ondes d'Europe 1, Jacques Pradel recevait Alain Lieury, Professeur de psychologie cognitive à l'université Rennes 2, spécialiste de la mémoire.

Retrouvez l'enregistrement de cette émission intéressante à plus d'un titre, qui ouvre les portes à autant de questions que de réponses au sujet d'un élément phare du cerveau, et plus particulièrement celui de notre espèce humaine.

Pour écouter l'émission, cliquez ici.


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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 11:00
Le rythme des repas est connu chez les peuples chasseurs-cueilleurs. L'homme mange quand il tue une bête, la femme et les enfants tout au long de la journée, pendant le ramassage. Mais sans doute se retrouvent-ils au retour, au moins le soir, au coin du feu.

Analysant ce qui est nécessaire à l'Homme et ce qui était possible durant le Paléolithique, les spécialistes pensent que les Préhistoriques se nourrissaient très convenablement. Sans cela, ils n'auraient pas pu vivre et évoluer.

On a beaucoup parlé naguère d'une assez misérabiliste « subsistance » des Cro-Magnons : les Préhistoriques étaient des survivants. A l'inverse, on a évoqué un très optimiste âge de pierre, qui aurait été un âge d'abondance, un âge d'or. La vérité doit se situer entre les deux, entre pitance et victuailles.

On peut estimer leur ration énergétique nécessaire à environ 3 000 kilocalories, soit plus que nous, car ils sont actifs, sans moyen de locomotion, sans chauffage permanent.

La ration couvre leurs besoins en protides (viande et poissons), en glucides (farineux et baies), en lipides (poissons, moelle, noix et noisettes), en sels minéraux et en vitamines. La preuve en est que l'on ne trouve pas sur les squelettes de signes majeurs de maladies carentielles. Durant les épisodes froids, les préhistoriques n'ont pas beaucoup de  végétaux à  se mettre  sous la dent. Ils manquent   donc   de glucides. Or, ceux-ci sont le carburant indispensable de nos muscles et de notre cerveau. Ils pallient ce déficit en augmentant leur ration de graisse. Notre foie est en effet capable de transformer les lipides en glucides : cela s'appelle la néo-glucogénèse. Et c'est vrai. Ils ont fait une véritable chasse aux lipides en concassant les os pour en extraire la graisse. Ils ont même préparé de véritables pot-au-feu, des bouillons gras. Pour cela, ils plongeaient, dans des récipients de peau pleins d'eau, des galets rougis au feu et des extrémités osseuses, riches en moelle rouge : de vraies « peaux au feu ». On a retrouvé de tels galets, véritables thermo-plongeurs, rougis et éclatés, à l'abri Pataud, au bord de la Vézère, et à Gônnersdorf, en Rhénanie. Mieux encore. Connaissant à peu près la part animale de leur menu, fait de la chair du gibier et des poissons gras, on a établi que leur ration lipidique devait être très convenable, équilibrant les diverses graisses, les bonnes et les moins bonnes, comme le recommandent les nutritionnistes. Le Néolithique va bouleverser tout cela.

UNE CUISINE PRÉHISTORIQUE ?

En dehors de la préparation des bouillons gras, on ne connaît pas la cuisine préhistorique. La cuisine est en effet une chaîne opératoire, en plusieurs temps : l'acquisition des aliments, leur préparation voire leur mélange, l'adjonction d'épices et de condiments. Pour le Paléolithique, nous n'avons qu'un maillon : l'acquisition. Le reste nous échappe et les premières recettes connues ne datent que d'il y a moins de 10 000 ans : des galettes de céréales au Proche-Orient.

Tout semble indiquer que, depuis 400 000 ans environ, l'Homme a fait cuire ses viandes et ses végétaux. Les preuves de cuisson ne sont pas très fréquentes : ce sont des os brûlés seulement à une ou aux deux extrémités, comme notre gigot, le reste étant protégé par la chair.

Probablement usait-on, comme le pensait André Leroi-Gourhan, de récipients en écorce ou en peau. Des espèces de cuillères, des spatules en os ont été parfois découvertes.

L'approvisionnement en gibier, en poisson, en végétaux était certainement épiso-dique. Il fallait donc conserveries denrées. Il y a, théoriquement, plusieurs façons de le faire. On peut se nourrir abondamment et faire des réserves sur soi : mais on ne connaît pas d'obésité de surcharge sur les dessins d'hommes et de femmes préhistoriques, en dehors des embonpoints féminins, favorables à l'allaitement des enfants.

On doit donc faire des réserves à côté de soi. Le pemmican des Amérindiens est composé de viande séchée, de graisse et des baies. Il ne laisse toutefois pas de traces. En revanche, on a retrouvé, dans toute l'Europe centrale, des fosses contenant encore de nombreux os de gibier. On a évoqué une boucherie en série, suivie de séchage, a Pincevent, des pratiques de boucanage à Solutré et à Verberie (Oise), de fumage ou de séchage de poissons aux Eglises (Ariège).

Par ailleurs, n'oublions pas le rôle probable de l'alimentation dans le développement cérébral humain au cours de son évolution, notamment grâce à l'invention de la cuisson des aliments il y a environ 400 000 ans.





source : "La vie des Hommes de la préhistoire", Brigitte et Gilles Deluc
Editions Ouest-France, 2003
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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 11:38
L'un des aspects les plus significatifs du développement de l'homme est que les nouveau-nés naissent pratiquement sans défense et connaissent une enfance prolongée. De plus, comme tous les parents le savent, les jeunes humains connaissent une poussée de croissance à l'adolescence, pendant laquelle ils grandissent à une vitesse spectaculaire, les humains constituent une exception à cet égard : la plupart des espèces de mammifères, y compris les grands singes, passent presque directement de la petite enfance à l'âge adulte. La poussée de croissance d'un adolescent humain peut le faire grandir de 25 %, chez les chimpanzés, au contraire, la croissance suit un rythme régulier, ce qui veut dire que l'adolescent prend seulement 14 % de sa taille à l'approche de la maturité.

Un biologiste de l'université du Michigan, Barry Bogin, a proposé une nouvelle interprétation de la différence entre ces deux types de croissance. Le rythme de croissance du corps des petits humains est lent comparé à celui des grands singes, alors que le rythme de croissance du cerveau est le même. En conséquence, les petits humains grandissent moins vite que des singes ayanc un rythme de croissance normal. Pour Bogin, cette différence a un rapport avec le degré de connaissance que les petits humains doivent atteindre pour intégrer les règles de leur culture. Pendant leur période de croissance, les petits humains apprennent mieux s'ils sont séparés des adultes par une grande différence de taille, car cette différence permet l'instauration d'une relation maître-élève. Si les petits humains grandissaient au même rythme que les singes, une rivalité physique avec les adultes risquerait de se substituer à la relation maître-élève. A la fin de la période d'apprentissage, la poussée de croissance de l'adolescence est un moyen pour le corps de rattraper le temps perdu.
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16 septembre 2006 6 16 /09 /septembre /2006 10:29
Déclarer : « un individu se reproduit », est doublement contradictoire.

Le mot individu évoque l'indivisibilité : il n'est pas possible d'analyser un individu en ses constituants sans le détruire en tant qu'être, il ne peut être divisé. Mais dans l'acte nécessité par la reproduction, c'est justement cette division qui est réalisée. De façon plus précise, chaque spermatozoïde ou chaque ovule reçoit une copie de la moitié des informations initiales qui avaient été transmises à cet individu par ses parents lors de sa conception, et à partir desquelles il s'était peu à peu constitué.

Il est nécessaire de bien comprendre la totale opposition entre ce mécanisme et celui admis avant Mendel, par exemple par Darwin : pour ce dernier chaque parent transmet à l'enfant la totalité de son information biologique, ce qui respecte bien le concept d'indivisibilité ; les deux stocks d'informations, celui venant du père, celui venant de la mère se mélangent pour constituer une information « moyenne », de même que deux liquides blanc et rouge se mêlent pour créer un liquide rosé. Au contraire, pour Mendel, chaque parent n'apporte que la moitié de l'information qu'il possède ; chez l'enfant ces deux moitiés se juxtaposent, sans se mélanger, pour reconstituer un ensemble complet. Cet ensemble, en tant que collection d'informations, est d'ailleurs entièrement nouveau, différant autant d'un parent que de l'autre.

 II n'y a donc pas « reproduction ». Ce mot implique la réalisation d'une image aussi voisine que possible de l'original ; tel est bien le cas pour les bactéries capables de se dédoubler en fabriquant une image d'elles-mêmes, et généralement pour tous les êtres non sexués. Mais l'invention de la sexualité, c'est-à-dire d'un mécanisme nécessitant la collaboration de deux êtres pour en fabriquer un troisième, a supprimé cette capacité de reproduction. Un être sexué ne peut se reproduire. L'enfant n'étant la reproduction de personne est en fait une création définitivement unique. Cette unicité résulte du nombre fabuleux d'enfants différents qui pourraient être procréés par un même couple : imaginons que, pour un caractère donné, par exemple le système sanguin Rhésus, le père et la mère soient chacun dotés de deux gènes distincts, a et b ; les enfants qu'ils procréent peuvent recevoir soit deux gènes a, soit deux gènes b, soit un gène a et un gène b ; pour chaque caractère 3 combinaisons sont ainsi possibles ; pour un ensemble de 2 caractères, 32 = 9 combinaisons, pour n caractères, 3 n combinaisons ; ce dernier chiffre est « astronomique » dès que n dépasse quelques dizaines ; ainsi pour un ensemble de 200 caractères, ce nombre est de 3200 1 ce qui est pratiquement « infini » puisqu'il s'agit d'un nombre comportant 94 chiffres, des milliards de fois plus grand que le nombre total d'atomes de notre univers, en y incluant les galaxies les plus lointaines.

Cette possibilité de diversité est l'apport propre de la reproduction sexuée : le réel est unique, mais les possibles sont infiniment nombreux.

Albert Jacquard, "Eloge de la différence"

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14 septembre 2006 4 14 /09 /septembre /2006 11:42
Le Muséum de Lyon présente "[label] bête", un festival qui passe au crible les relations homme/animal. L'occasion de rechercher les origines de l'homme au bon endroit : chez les animaux.

Pascal Picq et Jean Clotte, notamment, y tiendront des temps de conférence.

Le programme est disponible  sur leur site
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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 16:53
La coévolution désigne l'interaction de deux populations dans le processus de leur évolution, sous l'influence de la sélection naturelle.

Elle se manifeste sous trois formes :

le parasitisme, dans lequel un parasite fait d'un organisme hôte sa niche écologique (lieu d'habitation et de subsistance). Dans ce cas de figure, le parasite n'a surtout pas pour
projet de tuer son hôte, car sa survie dépend de lui, mais de profiter de lui. Les mécanismes évolutifs sont les suivants : le parasite "invente" de nouveaux moyens pour provoquer la rencontre, auquel l'organisme hôte répond par des défenses pour l'éviter ; si la rencontre a lieu malgré tout, l'organisme hôte cherche le moyen de se débarasser du parasite, et celui-ci cherche à éviter de se faire tuer ou débarquer.

Le mutualisme permet à deux espèces de se développer ou se reproduire par l'intermédiaire de l'autre. L'illustration le plus parlante est celle des orchidées de Madagascar et de leurs papillons pollenisateurs : les premières ont des tubes nectarifères de 30 cm de longueur et les seconds ont des trompes de 25 cm ; l'un se nourrit du nectar, et l'autre profite de l'insecte pour se reproduire. Mais, comme l'explique Claude Combes, ce mutualisme reste un acte égoïste dans lequel l'évolution ne va que dans le sens de son interet propre : les tubes nectarifères se sont allongés pour obliger le papillon à embarquer le pollen, et les trompes pour mieux se saisir du nectar.

Enfin, le mécanisme connu sous l'appellation de "théorie de la reine rouge", en référence à un extrait d'Alice au pays des merveilles (Lewis Caroll), recouvre les innovations que produisent les espèces en compétition sur une niche écologique identique.

La coévolution est probablement un des moteurs les plus puissants de l'évolution elle-même. L'histoire de l'humanité, toujours d'après Claude Combes, met en jeu aujourd'hui une nouvelle forme de coévolution, à travers l'interaction du génome et de la culture : le progrès scientifique, par exemple en matière de lutte contre les maladies ou de régulation des naissances, vient exercer une influence notable sur une sélection plus tout à fait naturelle sur l'espèce humaine. Doit-on y voir la clé de l'avenir proche et plus loitain de notre espèce ? La question est posée.

D'après la conférence tenue par Claude Combes le 7 janvier 2000
dans le cadre de l'université de tous les savoirs.
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3 juillet 2006 1 03 /07 /juillet /2006 10:51
Nos caractéristiques physiques et physiologiques dépendent de plusieurs facteurs, dont nos gènes. En ce qui concerne notre patrimoine génétique, ce sont les molécules d'ADN qui le portent. Il s'agit d'acides nucléiques dont les constituants essentiels sont les bases puriques (Adénine et Guanine) et les bases pyrimidiques (Cytosine et Thymine). Les bases sont agencées les unes après les autres et organisées en paires : A avec T et G avec C. C'est l'ordre d'agencement, ou séquence, qui détermine les gènes et leur expression. La variabilité génétique est due à la mutation, c'est-à-dire au remplacement d'une base par une autre.

Les molécules d'ADN se trouvent en deux endroits au niveau des cellules :

- dans leur noyau. C'est l'ADN nucléaire. Il est organisé en vingt-trois paires de chromosomes (dont deux chromosomes sexuels X et Y). Cela représente sept milliards de paires de base. Seulement 3% d'entre elles codent pour des gènes. Le reste correspond à du matériel génétique non codant ;

- au sein des mitochondrfes. Ce sont des organites qui servent à la respiration cellulaire.
H y en a mille à dix mille par cellule. Elles contiennent un ADN circulaire dont la taille est très réduite, avec seulement 16 569 paires de bases,

Un Homo sapiens sapiens reçoit l'ADN nucléaire pour moitié de son père et pour moitié de sa mère. Lors de la fécondation, il y a un mélange de cette information génétique. L' ADN mitochondrial (ou ADNmt) n'est issu que de la mère (celui du père est détruit lors de la fécondation). En étudiant la diversité de l'ADNmt, on peut reconstruire des phylogénies maternelles et s'en servir pour la compréhension de l'histoire du peuplement de la terre. Le grand nombre de copies de l'ADNmt au sein de chaque cellule, et donc sa potentialité d'être mieux conservé que l'ADN nucléaire, en fait aussi un objet d'étude privilégié lorsqu'on travaille sur les restes anciens. Si un fossile humain présente un ADNmt que l'on ne retrouve pas au sein de la variabilité actuelle, on peut supposer qu'il n'a eu aucun descendant chez les Homo sapiens sapiens actuels. De plus, si les différences entre l'ADNmt du fossile et celui des hommes actuels sont, en moyenne, nettement plus grandes que la différence moyenne qui existe entre tous les hommes actuels, alors certains spécialistes pensent que ce résultat est assez pertinent pour supposer que le fossile en question ne fait pas partie de l'espèce Homo sapiens. Deux espèces différentes d'hommes fossiles devaient donc avoir des patrimoines génétiques suffisamment distincts pour que toute reproduction entre leurs membres produise des hybrides stériles ou soit impossible.
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