Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

 L'origine de l'Homme, sa nature, son essence

 

Recherche

13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 16:35
L'observation du comportement sexuel dans la nature montre bien que la sexualité animale est flexible. Les bonobos qui vivent au centre du Zaïre sont peut-être les grands singes les plus intéressants à cet égard. On a commencé à en parler il y a peu de temps seulement, sans doute parce que leur comportement remet en cause l'idée selon laquelle la domi-nance des mâles est naturelle et universelle dans les sociétés des primates comme des humains. Les observateurs ont souvent cherché à comparer les hommes aux chimpanzés et aux gorilles. Nous sommes à l'évidence liés par l'évolution à ces deux singes, mais ils sont plus proches l'un de l'autre que chacun l'est de nous. Cependant, il n'existe pas qu'un seul type de chimpanzé. Les bonobos, qu'on appelle aussi chimpanzés nains (bien qu'ils ne soient pas plus petits que les autres), forment une espèce distincte qui marche plus redressée et a un squelette moins « spécialisé ». En fait, ils représentent les équivalents vivants les plus proches des premiers australopithèques d'il y a quatre millions d'années.

Mais les théories de l'évolution ont aussi ignoré longtemps les bonobos - selon Alison Jolly et d'autres chercheurs - pour des raisons qui tiennent à notre puritanisme sexuel. « La promiscuité sexuelle des chimpanzés nains est telle qu'elle fait ressembler Sodome et Gomorrhe à un thé chez un clergyman. » Les bonobos consacrent en effet la plupart de leur temps au sexe. À côté des activités hétérosexuelles entre adultes, les femelles s'adonnent à force frottements génitaux entre elles (ce qu'on appelle tribadisme chez les humains). Les mâles se livrent à des « joutes de pénis » et se frottent le postérieur, dos à dos. Mais ce qui est le plus choquant pour nous, c'est qu'adultes et enfants font l'amour ensemble. En fait, les petits sont souvent initiés par leur mère - le seul tabou s'observe entre mères et fils de plus de six ans. Le sexe est, d'après certains chercheurs, une composante naturelle de l'enfance chez les bonobos, et il va de pair avec les jeux et les soins qui accompagnent la croissance. Le sexe chez les bonobos paraît être une activité rapide, fonctionnelle et décontractée qui sert de ciment social.

Je ne veux nullement dire que les bonobos fournissent un modèle de ce que devrait être la sexualité humaine - que, malgré les contraintes sociales, nous devrions tous nous comporter davantage comme des bonobos. Simplement, ils nous invitent à imaginer de façon plus ouverte les comportements sexuels de nos lointains ancêtres. En termes physiques, il n'y a en fait rien que les bonobos fassent que les humains ne fassent pas parfois.


Extrait de "La préhistoire du sexe"
Timothy Taylor
Repost 0
Published by Homo Sapiens - dans genre.homo
commenter cet article
12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 20:49
Lundi 19 Septembre 2005
Séquençage du génome du chimpanzé : Histoire d'hommes avec Yves Coppens



Marie-Odile Monchicourt : La revue 'Nature' a fait paraître le 1er septembre dernier un article annonçant l'aboutissement du séquençage du génome du chimpanzé. C'est un évènement de toute première importance pour vous Yves Coppens qui vous interogez sur nos origines ?

Yves Coppens : De toute première importance parce que comme chacun sait les êtres qui sont inconstestablement les plus proches de l'homme aujourd'hui sont les chimpanzés. Donc nous savions que les chimpanzés et nous avions un ancêtre commun que l'on situait en Afrique tropicale aux alentours de 8 à 10 millions d'années. Alors il était important d'apprendre à lire le génome c'est à dire tout l'appareil génétique du chimpanzé pour voir en quoi notre cousin le plus proche nous ressemblait ou différait de nous.

L'homme comme on s'en souvient a été séquencé en 2001 donc on connait bien aujourd'hui la carte génétique de l'homme et voilà le chimpanzé en 2005. Alors il faut dire que quand même, à chaque fois, c'est la lecture de trois milliards de nucléotides c'est à dire de petits éléments qui forment la carte génétique de chacun.

MOM.: rappelons que la molécule d'ADN qui se situe au coeur de chacune de nos cellules est composé d'une succession de quelques 3 milliards de petits éléments de quatre natures différentes qui ont une lettre initiale ATG et C et séquencer le génome c'est connaître l'ordre de distribution de ces nucléotides. Cette distribution est extrêmement importante parce qu'il suffit d'un nucléotide en moins ou placé ailleurs pour qu'il y ait maladie génétique ou mutation.

YC.: et sur ces trois milliards on a noté 40 millions de nucléotides différents... il y en a 35 millions qui sont différents et 5 millions qui sont des insertions ou des délétions c'est à dire ces cassures ou ces recollages que l'on connait bien en génétique. Alors évidemment c'est une première lecture c'est à dire que c'est un point de départ une base tout à fait extraordinaire pour faire des comparaisons, mais maintenant il faut tenter de comprendre l'implication de chaque nucléotide dans ses différente fonctions ou pas, d'ailleurs, car certaines de ces bases sont passives.




Source : France Info
Repost 0
Published by Homo Sapiens - dans genre.homo
commenter cet article
20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 16:15
La revue britannique Antiquity a publié dans son numéro de décembre 2003 un article intitulé "A Neanderthal face ?" ("Un visage néandertalien ?"), où Michel Lorblanchet et Jean-Claude Marquet font état de la décou­verte d'un objet composite à l'aspect parti­culier.

Dénommé masque, l'objet en ques­tion a été trouvé sur le site moustérien de la Roche-Cotard à Langeais (Indre-et-Loire). Selon les auteurs, il s'agirait d'un témoin de l'art des Néandertaliens prenant place dans le contexte mondial des prémices de la naissance de l'art paléolithique. Sur la question du début de l'art, les préhistoriens restent en effet très partagés, certains ne reconnaissant à l'homme de Néandertal aucune capacité de ce genre. Mais qu'en est-il précisément de cet objet pour le moins énigmatique ? La découverte remonte à 1975. À l'époque, Jean-Claude Marquet fouille devant la grotte de la Roche-Cotard, située sur les rives de la Loire, où il a mis au jour "un lambeau de couche sableuse". Sur un bord du niveau d'occupation, attesté moustérien par l'ou­tillage lithique présent, apparaît un petit bloc de silex (105 x 94 x 41 mm) possédant un orifice naturel en forme de conduit dans lequel est insérée une esquille d'os plate (74 x 15 mm). L'objet "pas ordinaire" est alors étudié puis rangé sous l'étiquette "objet énigmatique" dans les témoins non techniques du musée du Crand-Pressigny. Lorsque Michel Lorblanchet se rend au musée 20 ans plus tard, il interprète l'as­semblage comme étant une protofigurine issue de l'art néandertalien. L'objet a indi­rectement été daté de 32 800 ans BP (avant le présent) ou plus. Pour J.-CI. Marquet, l'intervention de l'homme ne fait aucun doute car "le hasard n'intervient pas trois fois" : l'esquille d'os, cassée à ses extrémi­tés, est enfoncée de manière bien équili­brée ; deux gravillons ont été placés entre l'os et les parois du conduit pour bloquer l'esquille, gravillons qui se distinguent nettement des grains de sable de la couche ; le bloc de silex gélif présente des négatifs d'éclats sur les deux faces qui lui donnent une forme régulière et un aspect symétrique. Il évoquerait en l'état une face humaine ou animale, peut-être de félin. Les extrémités de l'esquille formeraient alors les yeux en relief. Le nez serait arrêté à son extrémité par un enlèvement intentionnel. D'autres retouches affineraient, elles, le front et les joues de cet objet de facture artistique.

Une telle interprétation semble excessive aux yeux de certains préhistoriens pour qui il manque de nombreuses informations. Par exemple, des études tracéologiques portant sur l'os, qui présenterait une cannelure longitudinale, et sur le silex. D'autres inter­prétations, non envisagées par les décou­vreurs, remettraient en cause le caractère artistique de l'objet. Pour Francesco d'Errico, chercheur au CNRS sur l'origine des comportements symboliques au paléo­lithique moyen (Institut de Préhistoire et de géologie du Quaternaire de Bordeaux I), "si l'on admet l'origine anthropique des modi­fications du bloc de silex, il est possible de considérer l'objet comme un poids ayant peut-être été utilisé pour fixer une tente, l'os enfoncé dans le trou facilitant la fixa­tion d'une corde". L'archéologue, qui attri­bue de possibles capacités symboliques aux Néandertaliens, reste sceptique quant au caractère artistique de l'objet. Des marques de comportements symboliques ont déjà été identifiées comme telles chez cette population, telle l'utilisation de pigments en grande quantité (grotte de Pech-de-Aze). Cependant, il n'existe pas d'autres témoins similaires à celui de la Roche-Cotard. Pourquoi cet objet, si l'on en croit le contexte de culture mousté-rienne due aux Néandertaliens, serait-il différent de ceux qu'ils ont effectivement produit sur d'autres sites ? M. Lorblanchet a néanmoins déjà proposé de le comparer à des protosculptures comme celle de Berekhat Ram (Israël). Si l'on écarte la possibilité que la nature soit le seul auteur de cet objet composite, il convient de rester prudent quant à son interprétation. Toutefois il permettra peut-être d'élucider l'énigme de l'existence d'un art antérieur aux hommes modernes en Europe.

Source : Laurence Nicoud, Archéologia n°407, janvier 2004
Repost 0
Published by Homo Sapiens - dans genre.homo
commenter cet article
23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 13:14

En 1991, on découvrit un cadavre en train de décongeler dans un glacier de l'Ötzal, à la frontière alpine entre l'Italie et l'Autriche. Erica Simon, l'alpiniste qui le repéra le premier, jugea d'abord, à ses proportions délicates, qu'il s'agissait d'une femme, peut-être d'une malheureuse skieuse victime d'un accident lors d'une récente saison de ski. Mais, quand on dégagea le corps de la glace, il apparut clairement qu'il n'avait pas de seins, mais quelque chose qui ressemblait à des organes génitaux masculins. Les restes de ses vêtements et de son équipement étaient étrangement passés de mode, pour ne pas dire d'aucune mode. C'est alors qu'on commença à parler du cadavre de l'Homme des glaces, qu'on surnomma Ötzi.

 Les archéologues estiment que la mort d'Ötzi remonte à plus de cinq mille ans et qu'elle a eu lieu autour de l'an 3300 av. J. C., à la fin de l'âge de pierre ou du néolithique, quand les habitants d'Europe centrale commencèrent à travailler le métal. Il aurait été pris dans le blizzard alors qu'il tentait de passer d'une vallée à une autre en empruntant un col abrupt. Il emportait avec lui un grand nombre d'objets, dont une hache de cuivre et, peut-être, des talismans magiques. Son corps était bien conservé. D'après l'allure générale et l'étude minutieuse de la dentition, on pouvait en conclure qu'il avait entre vingt-cinq et quarante ans au moment de sa mort. Des tatouages étaient encore visibles de part et d'autre de sa colonne vertébrale ainsi que sur ses jambes. Mais ce qui tint vraiment le public en haleine, entre la découverte du cadavre et la publication des résultats de l'autopsie officielle, méticuleuse et soignée, ce fut le mystère de la sexualité d'Ötzi et le lien éventuel de celle-ci avec sa mort.

 

Le sexe d'ötzi

 

Si le scrotum de l'Homme des glaces avait été identifié dès la première étude anatomique, son pénis ne laissait pas d'intriguer ou, plus exactement, son absence apparente de pénis. D'étranges histoires commencèrent à circuler : certains disaient qu'il avait été dévoré par une bête sauvage ; d'autres, qu'il était tombé quand on avait dégagé le corps de la glace ; d'autres encore, qu'il avait été vendu - pour plusieurs centaines de milliers de dollars - à un particulier, grand collectionneur de sexes préhistoriques. On accusa même, tout bonnement, Konrad Spindler, le professeur qui dirigeait les recherches, de l'avoir volé. Selon une autre hypothèse, très appréciée de la presse à scandales, l'Homme des glaces aurait été pris en flagrant délit d'adultère et émasculé par le mari cocufié, avant de parvenir à s'échapper dans la montagne où il aurait péri de froid. On affirma aussi que le scrotum avait été soigneusement « raclé », ce qui nourrit l'idée farfelue qu'Ötzi était un prêtre castré venu du Proche-Orient où, pensait-on, il fallait sacrifier ses organes génitaux pour pouvoir officier dans les temples de la « Grande Déesse-Mère ».

 

Mais quand parut le rapport d'autopsie le plus complet, en 1993, on apprit que les organes génitaux de l'Homme des glaces étaient bien en place. Son pénis, qui n'était pas circoncis, et ses testicules étaient intacts. Simplement, le froid et la glace en avaient singulièrement réduit les dimensions.

 

Le bruit se répandit alors que le sac scrotal contenait encore du sperme utilisable - puisque rapidement congelé, comme dans une banque de sperme aujourd'hui. Un grand nombre d'Autrichiennes demandèrent aussitôt à pouvoir bénéficier d'une insémination artificielle et à porter l'enfant d'Ötzi. Parmi les raisons expliquant cette avalanche de demandes, outre l'attrait pour la nouveauté, le goût de la publicité ou la démence, mobiles fréquents de conduite humaine, pourrait figurer le désir de procréer avec un individu « racialement pur », issu du vieux fond alpin. Les techniques modernes permettent d'accéder à la demande de ces femmes, mais leur application poserait des problèmes éthiques. Comme on ne peut exclure qu'Ötzi ait eu des enfants de son vivant, certains des habitants des Alpes pourraient être ses descendants, deux cents générations plus tard. Et parmi les femmes souhaitant être inséminées, on compterait ainsi ses arrière-arrière-arrière... arrière-petites-filles. Qui sait, d'ailleurs, si toutes ne le sont pas ? Comme l'a fait remarquer le spécialiste d'anthropologie physique Torstein Sjovold, il suffit de remonter cinq mille ans en arrière pour que l'Homme des glaces devienne potentiellement 1'ancêtre de n'importe qui sur terre (même si, dans les faits, c'est quasi exclu par les schémas d'accouplement et les barrières géographiques).

 

Cette envie macabre - et peut-être incestueuse - de faire « revivre » l'Homme des glaces à travers son sperme prouve combien la reproduction sexuelle constitue pour l'homme un moyen de transcender sa déchéance matérielle et d'aspirer à l'immortalité. En lui-même aussi, le sexe comporte une dimension transcendante en ce qu'il ouvre la voie à une expérience qualitativement différente : l'extase.

 

 

Le plus ancien homosexuel connu ?

 

L'Homme des glaces a été doublement « récupéré », par les femmes qui y ont vu un donneur de sperme potentiel, et par les homosexuels qui en ont fait un modèle préhistorique. Selon le magazine viennois Lambda Nachrichten, on aurait retrouvé du sperme dans les testicules mais aussi dans le rectum d'Ötzi : « Ötzi est le premier homosexuel connu [...]. C'était un partenaire passif- cela ne fait aucun doute [...]. La datation du sperme a été faite au carbone [...]. » Cette histoire s'est rapidement propagée dans la presse et parmi les communautés homosexuelles des deux côtés de l'Atlantique. Elle a servi à établir que le mode de vie homosexuel avait un pédigree préhistorique respectable. Certains cercles d'archéologues britanniques ont proposé de voir dans l'étrange bric-à-brac, qui accompagnait le corps, le signe qu'Ötzi était un chaman et de faire de cette sexualité alternative une simple facette de son « particularisme » social. Mais, au bout du compte, cette histoire, tout comme celle du pénis disparu, n'était qu'une pure invention : on n'a jamais retrouvé de semence dans le rectum de l'Homme des glaces.

Ce n'est pas que les recherches aient été vaines. Non, on n'a tout simplement pas cherché de trace de sperme dans le rectum d'Ötzi. D'ailleurs, même si l'enquête avait constaté l'absence de sperme, il aurait été impossible d'en conclure que le rectum d'Ötzi n'en avait jamais contenu. Inversement, la présence de traces n'aurait pas permis d'établir qu'Ötzi était consentant, çt n'aurait rien prouvé quant à ses pratiques sexuelles - on peut avoir des expériences homosexuelles et être victime d'un viol homosexuel. (La nécrophilie n'est pas exclue, quoique l'hypothèse soit peu vraisemblable compte tenu des conditions de blizzard dans lesquelles la mort s'est produite.)

En fait, si on n'a pas cherché de sperme dans le rectum de l'Homme des glaces, c'est tout simplement parce que le rectum n'a pas été identifié. Selon Konrad Spindler, « la région anale du cadavre, jusqu'à la partie osseuse du bassin, avait été détruite par la première équipe [...] qui avait utilisé un burin. Aucun examen des tissus pelviens n'avait été effectué, aucun échantillon prélevé. La tomographie informatisée des organes internes du cadavre, très rétrécis par la déshydratation, n'a pas permis d'identifier le rectum. » De toute façon, même sans cette impossibilité de fait, on peut se demander si l'examen du rectum d'Ôtzi était prévu. Comme le dit Spindler, les « propos souvent absurdes des médias » les ont soumis, lui et ses collègues, à une très forte pression pendant les premiers mois qu'a duré l'autopsie du cadavre.

 

Dans son livre sur l'Homme des glaces, Spindler présente une analyse assez détaillée (mais sans aucune illustration) de la région génitale de l'Homme des glaces. L'auteur dit s'être senti obligé de procéder ainsi en raison des hypothèses farfelues avancées par la presse. En temps normal, il n'aurait pas été « nécessaire de s'attarder si longuement sur les parties les plus intimes du cadavre de l'Homme des glaces, écrit-il, mais les spéculations sauvages exigent, pour être réfutées, des faits scientifiquement avérés [...]. Pour nous, un homme du néolithique est un objet d'étude [...] mais nous sommes obligés de tenir compte des règles éthiques et morales propres à notre société. » Or le théologien jésuite Hans Rotter leur avait « demandé de faire preuve de piété, malgré l'intérêt scientifique du cas, et de respecter la dignité humaine de l'Homme des glaces par-delà sa mort ».

Si le point soulevé est important, le raisonnement dont il découle est confus. Spindler prétend que la sexualité de l'Homme des glaces est une affaire « privée », alors que personne ne peut l'affirmer. Même dans cette hypothèse, savons-nous quelles régions du corps étaient impliquées dans la sexualité d'Ötzi ? Dans certaines sociétés, la nuque et les pieds sont des parties sexuelles et intimes, et nous ignorons ce qu'Ötzi jugeait sexuel ou intime. Cela n'a d'ailleurs pas empêché l'équipe de Spindler de soumettre à toutes sortes d'examens la quasi-totalité du corps d'Ötzi et l'ensemble de ses affaires. Or qui peut dire s'il ne s'agissait pas d'objets sacrés ou même tabous ?

 

Extrait de « La préhistoire du sexe »
Timoty Taylor
Bayard Editions

 


+ d'infos sur Ötzi

Ötzi en images

 

Repost 0
Published by Homo Sapiens - dans genre.homo
commenter cet article
20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 11:46

Stonehenge, dont le nom signifie « les pierres suspendues », est un monument mégalithique circulaire érigé entre 3 100 et 2 000 av. J.-C., au Néolithique et à l'Âge du bronze. Il est situé à 13 km au nord de Salisbury (comté du Wiltshire, Angleterre).

Stonehenge.jpg

L'ensemble du site de Stonehenge, et le cromlech d'Avebury, situé à une trentaine de kilomètres au nord, sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Stonehenge se compose de 4 ensembles concentriques de pierres :

  • L'ensemble externe est constitué de grands blocs de grès rectangulaires qui forment un cercle de 30 mètres de diamètre (2100-2000 Av. J.C.).

  • A l'intérieur un deuxième cromlech constitué de blocs plus petits.

  • Puis en ensemble de trilithes en grès, composés chacun de 2 blocs verticaux surmontés d'un linteau. Ils sont disposés en fer à cheval et à l'intérieur se trouve un bloc de grès évoquant une pierre d'autel.

  • Le monument est ceinturé d'un fossé circulaire de 104 mètres de diamètre (3100-2300 Av. J.C.), et d'un talus ou furent creusés 56 puits : les trous d'Aubray.

 

stonehenge-dessin.gif



Dans ce cercle on peut voir des monolithes de grès et des pierres plus petites : les pierres bleues (1550-1100 Av. J.C.).

Sa construction aurait donc débuté en 3100 Av J.C par la fosse circulaire et le talus formant l'enceinte. Vers 2500 Av J.C une structure en bois est érigée au centre. Vers 2000 Av. J.C. érection du monument circulaire.

 




Stonehenge et l'astronomie

 

Il avait déjà été remarqué au 18ème siècle que les grands trilithes et les Bluestones étaient ouverts en direction du soleil levant de milieu d’été. Il n’en fallut pas moins pour dire que ce monument était en rapport avec un culte solaire. C’est plus récemment que l’astronome Gérald Hawkins à découvert que Stonehenge était plus qu’un temple mais un calculateur astronomique.

 

En effet, celui qui a construit Stonehenge avait une connaissance astronomique précise du chemin du soleil, car son alignement correspond très exactement au levé du soleil le jour du solstice d’été. De plus peut être était-il employé pour prévoir des événements astronomiques solaires/lunaires tels que des éclipses.

 

Il faut aussi noter que cet emplacement (comme d’autre monuments mégalithiques) ne devait pas être anodin pour ceux qui l’ont construit, et qu’il aura fallu de remarquables efforts pour transporter certaines pierres sur de longues distances.

 




Les trous d’Aubray
selon F HOYLE (astronome)

 

Le nombre de 56 est le plus petit permettant une excellente précision de simulation des mouvements de la lune et du soleil.

 

1. Avancer un marqueur figurant le soleil de deux trous en 13 jours.

2. Avancer dans le même sens un marqueur pour la lune de deux trous par jour.

3. Avancer en sens inverse deux marqueurs diamétraux de trois trous chaque année.

 

On s'expliquerait cette fois les grandes dimensions du cercle d'Aubray, modèle de l'univers, cette structure possèderait un rôle symbolique essentiel avant son rôle fonctionnel de calculateur analogique. Lorsque les marqueurs du soleil et de la lune sont aux extrémités d'un même diamètre (pleine lune) et que cette direction correspond exactement à celle de la ligne des nœuds il y a une éclipse totale de lune (les hyperboréens avaient connu le mouvement circulaire de la lune et du soleil). Un tel niveau de savoir se situe très au dessus de celui atteint par l'astrologie chaldéenne à son apogée, un millénaire plus tard. Avec une avance de deux trous tous les 13 jours, le marqueur figurant le soleil exécute le tour du cercle en 364 jours, l'erreur sur l'année vraie est seulement de 1 jour et 6 heures, il suffit d'une remise à jour annuelle, par exemple au solstice d'été. Avec son avance de deux trous par jour, le marqueur figurant le lune s'avère exacte, puisqu'il fait le tour du cercle en 28 jours. Les marqueurs figurant le ligne de nœuds (3trous tous les ans) leur fait exécuter un tour en 18,27 ans (chiffre exacte 18,6).



Sources :

a525g.com
Wikipédia

 

 

Repost 0
Published by Homo Sapiens - dans genre.homo
commenter cet article
20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 09:21

Tous les hommes actuels descendent-ils en ligne directe de quelques couples de proto-Cro-Magnon venus d'Afrique noire ?

 

La génétique et l'anthropologie

Depuis la découverte du code génétique, support de l'hérédité, dans les années 1950, les progrès en génétique ont permis de comparer les séquences d'ADN de deux individus, de déterminer dans quelle mesure ils diffèrent et, donc, s'ils possèdent ou non un ancêtre commun plus ou moins proche. Au vu de ces succès, l'anthropologie s'est très tôt intéressée à la génétique, en parvenant à définir les relations phylogénétiques existant entre les hominidés, et à démontrer l'extraordinaire parenté génétique du chimpanzé et de l'homme. Peut-on faire mieux et comparer des êtres bien plus proches, des hommes entre eux, pour déterminer à quand remontent leurs ancêtres communs? Cela est beaucoup plus difficile, car l'ADN du noyau cellulaire ne permet pas une telle analyse au-delà d'une poignée de générations. À chaque génération en effet, les patrimoines génétiques hérités des parents sont brassés de manière aléatoire lors de la formation des cellules sexuelles (spermatozoïdes ou ovules). Puis, lors de la fécondation, les ADN des deux parents, donc de deux généalogies distinctes, se mélangent, ce qui complique encore la tâche. Il est donc très difficile de remonter la piste au-delà de quelques générations. Il fallait donc trouver un ADN qui se transmette sans brassage au cours des générations: l'ADN mitochondrial répondait parfaitement à cette attente.

 

L'ADN mitochondrial, un traceur universel

Les mitochondries sont des structures microscopiques, en forme de bâtonnets cylindriques, logées dans le cytoplasme des cellules. Leur rôle est de fournir à la cellule l'énergie nécessaire à son fonctionnement. Les mitochondries ont la particularité de posséder leur propre ADN, l'ADN mitochondrial (ADNmt), qui est différent de celui du reste de la cellule, logé dans le noyau. Contrairement à l'ADN du noyau cellulaire, qui provient à la fois de l'ADN maternel et de l'ADN paternel, l'ADNmt ne provient que de la mère. Lors de la fécondation en effet, le spermatozoïde se débarrasse de ses mitochondries en pénétrant dans l'ovule. De sorte que tout l'ADN contenu dans les mitochondries d'un individu, homme ou femme, lui a été légué par sa mère. En étudiant les gènes (peu nombreux) situés sur l'ADNmt, on peut donc remonter la généalogie d'une personne uniquement du côté maternel, ce qui évite les complexités dues au mélange des gènes des deux parents à chaque génération.

 

Le modèle de l'Arche de Noé

En 1987, deux chercheurs américains, Rebecca Cann et Allan Wilson, ont comparé l'ADN mitochondrial de centaines d'individus originaires des cinq continents et sont parvenus à reconstituer un arbre généalogique commun. Ils ont observé que l'ADNmt est remarquablement homogène chez les humains, et que toutes les populations du monde sont plus ou moins étroitement apparentées aux peuples de l'Afrique subsaharienne. Ils ont déterminé que tous les êtres humains actuels sont les descendants d'une petite population ancestrale africaine qui vivait il y a 150000 à 200000 ans seulement. Ces dates ne sont pas contredites par les fossiles: elles correspondent effectivement à l'âge des plus anciens fossiles d'Homo sapiens découverts récemment en Afrique orientale (Homo sapiens idaltu), lesquels auraient ensuite émigré via le Proche-Orient pour s'installer, en une centaine de milliers d'années, sur les cinq continents.

 

Ainsi, un seul groupe d'individus nés en Afrique aurait donné naissance à tout le genre humain actuel en se répandant à travers le monde. Cette théorie, en ce qu'elle fait remonter l'origine de tous les humains actuels a des ascendants africains, a reçu le nom de « Out of Africa ». On l'appelle aussi « modèle de l'Arche de Noé », car elle rappelle le mythe biblique selon lequel Noé et ses fils auraient entièrement repeuplé la Terre, désertée de toute vie, après le Déluge.

 

 

5000 Eve pour tous?

Faut-il pour autant conclure que les études menées sur l'ADN mitochondrial nous conduisent à une femme, une « Eve mitochondriale », qui serait aux origines de l'homme actuel? Pas du tout. Des estimations de la taille de la population féminine ancestrale nécessaire pour produire les variations observées dans l'ADN mitochondrial chez les humains actuels font état d'environ 5000 femmes « fondatrices ». Cela ne signifie nullement, bien entendu, qu'il s'est trouvé un groupe de pionniers, il y a 150000 ou 200000 ans, constitué de 5 000 « Eve » vivant dans un même groupe social en compagnie de 5000 « Adam » !

En fait, ce calcul signifie seulement que le lignage génétique des mitochondries de ces quelque 5000 femmes (qui n'étaient probablement pas contemporaines) est le seul qui soit parvenu jusqu'à nous; toutes les autres lignées génétiques, certainement très nombreuses, se sont éteintes à un moment ou à un autre, sous les coups de la famine, des épidémies et autres phénomènes naturels.

 

Et Adam?

Parité oblige, de récentes études ont également été menées sur l'ADN du chromosome Y masculin, qui se transmet uniquement de père en fils. Cette étude révèle là aussi, semble-t-il, une origine commune africaine, plutôt est-africaine, mais soulève en même temps un problème de taille: les ancêtres communs mâles de l'humanité actuelle ne remonteraient qu'à 60000 ans! Cet important écart d'âge entre les « Eve mitochon-driales » et les « Adam chromosomiques » souligne, s'il en était besoin, les limites de ce type d'études.

 

D'importantes contestations

À cette théorie « Out of Africa » de l'Arche de Noé, certains chercheurs, en l'absence de preuves mieux établies, opposent une autre théorie, tout aussi valable: la théorie dite du « Candélabre » (ou du multirégionalisme). Selon eux, il n'y aurait eu qu'une seule grande émigration venant d'Afrique, celle menée par les Homo ergaster il y a près de 2 millions d'années. Cette souche originelle forme le tronc commun, la base du candélabre. À partir de ce tronc commun, différents types d'Homo erectus se seraient individualisés en Afrique, au Proche-Orient, en Chine et en Indonésie (ce sont les différentes branches du candélabre). Et chaque type local d'Homo erectus serait à l'origine d'un des grands types humains actuels (Homo sapiens). Selon cette théorie, l'homme actuel serait donc apparu progressivement, de manière simultanée, en différents endroits de l'Ancien Monde. Ardue du point de vue scientifique, la question de l'origine unique 'africaine) ou multirégionale (candélabre) de l'Homme actuel fait actuellement l'objet d'intenses débats.

 

 

Source : Les origines de l'Homme
Erick Seinandre
Petite Encyclopédie Larousse

Repost 0
Published by Homo Sapiens - dans genre.homo
commenter cet article
14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 17:00
Le terme mutation est utilisé en génétique pour désigner une modification irréversible de la séquence d'un génome (ADN ou ARN). Les mutations peuvent être dues à des erreurs de copie du matériel génétique au cours de la division cellulaire, ou à l'exposition à des agents mutagènes (radiations, agents chimiques, virus). Une très grande partie des erreurs commises au cours de la réplication du génome sont corrigées immédiatement par des mécanismes complexes et efficaces de réparation de l'ADN, et seule une faible part de ces erreurs deviennent des mutations transmises aux cellules-filles. Chez les animaux pluricellulaires, les mutations de la lignée germinale peuvent être transmises à la descendance, contrairement aux mutations somatiques.

Les mutations expliquent l'existence d'une variabilité entre les gènes. Les mutations qui sont le moins favorables (délétères) à la survie de l'individu qui les porte sont éliminées par le jeu de la sélection naturelle, alors que les mutations avantageuses tendent à s'accumuler. La plupart des mutations sont dites neutres, elles n'influencent pas la valeur sélective et peuvent se fixer ou disparaître par le jeu de la dérive génétique. Les mutations spontanées, généralement rares et aléatoires, constituent donc la principale source de diversité génétique, moteur de l'évolution.

Les causes des mutations spontanées sont inconnues.

En génétique, l'hypothèse de l'horloge moléculaire stipule que les mutations génétiques s'accumulent dans un génome à une vitesse globalement proportionelle au temps géologique.

En 1962, Emile Zuckerkandl et Linus Pauling furent les premiers à observer ce phénomène dans la partie du génome codant l'hémoglobine entre deux espèces données. L'observation d'une telle constance du taux d'évolution le long de la phylogénie du monde vivant fut surprenant, compte tenu de la variation de plusieurs facteurs pouvant entrer en ligne de compte, tels que la variation du temps de génération ou variation de la pression de sélection.

La réconciliation de l'hypothèse de l'horloge moléculaire et de la théorie Darwinienne fut amorcée vers la fin des années 1960 par les travaux de Motoo Kimura, Allan Wilson et Vincent Sarich, et de l'élaboration de la théorie neutraliste de l'évolution. Celle-ci prétend que la vaste majorité des mutations génétiques accumulées sont neutres, c'est-à-dire qu'elles ne confèrent pas à l'individu subissant la mutation un avantage sélectif marqué.

L'horloge moléculaire permit à de nombreux chercheurs de dater des événements de spéciations à l'aide de méthodes phylogénétiques de plus en plus développées. Toutefois, alors que la quantité de données génétiques augmentait et que les méthodes statistiques se rafinaient, il devint de plus en plus clair que l'horloge moléculaire n'était pas valide, du moins dans certaines parties de la phylogénie des êtres vivants. Depuis, plusieurs modèles ont été proposés afin d'assouplir l'horloge moléculaire par des modèles statistiques plus sophisitiqués (maximum de vraisemblance, méthodes bayésiennes), dits d'horloge moléculaire relaxée. Ces modèles ont pour avantage de donner des temps de divergence entre espèces plus précis, et plus en accord avec les données paléontologiques.


Sources:
Repost 0
Published by Homo Sapiens - dans genre.homo
commenter cet article
6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 11:51
Les primates ont des membres à cinq doigts (ce qui est une condition primitive) portant des ongles. La main, au pouce opposable, s'est perfectionnée comme instrument de préhension et comme organe du toucher. Au cours de l'évolution, la vue s'est améliorée, aux dépens de l'odorat et, corrélativement, la face s'est réduite. Les orbites, entourées d'un anneau osseux, sont dirigées vers l'avant, leur donnant une bonne vision binoculaire. Le volume de la boîte crânienne a augmenté pour accueillir un cerveau plus gros. Les femelles mettent bas un seul petit, quelquefois deux. Des soins maternels prolongés, une maturité sexuelle retardée, une longévité accrue et le développement du cerveau ont permis aux primates d'acquérir une organisation sociale complexe: ils vivent généralement en groupes stables, allant de quelques individus étroitement apparentés (gorille) à plusieurs centaines de membres chez les macaques, les mandrills et, bien sûr, chez l'homme.

Source : Les origines de l'Homme, Erick Seinandre, Petite Encyclopédie Larousse
Repost 0
Published by Homo Sapiens - dans genre.homo
commenter cet article
24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 16:02
À en juger par la fréquence des fossiles connus, la période qui conduit jusqu'à la partie la plus froide de la dernière glaciation a réussi aux Néandertaliens : les fossiles datés entre - 50 000 et - 40 000 ans sont plus nombreux que ceux d'aucune autre période (mais il se peut que cela tienne en partie à la technique de datation au carbone 14, qui atteint les limites de sa portée juste avant que les Néandertaliens ne commencent à disparaître). Néanmoins, il ne fait guère de doute que la période comprise entre - 50 000 et - 40 000 ans a été l'âge d'or des Néandertaliens « classiques » d'Europe de l'Ouest, en dépit du grand froid qui régnait dans la région. Rétrospectivement, pourtant, ces 10 000 ans n'auront connu que le calme avant la tempête. Les premiers fossiles attribuables au Paléolithique supérieur, que ce soit en Europe occidentale ou orientale (Espagne et Bulgarie, respectivement), datent d'environ 40 000 ans (mais les spécimens aussi anciens sont rares), et nous n'avons aucune idée claire de l'endroit d'où venaient les envahisseurs : sont-ils d'abord arrivés par l'est, ou par le sud-ouest (Gibraltar), ou bien simultanément par les deux côtés, en un mouvement de tenailles ? S'il faut attendre environ - 35 000 ans pour que les sites d'hommes de Cro-Magnon deviennent assez communs en Europe, nous pouvons avancer qu'une fois installés les nouveaux venus se sont répandus comme un feu de forêt et que les aires néandertaliennes ont commencé à disparaître. Site après site, on observe que des millénaires d'occupation moustérienne (au moins sporadique) se vident brusquement au Paléolithique supérieur. Autour de 30 000 ans, les sites moustériens ne sont plus que des exceptions proches de l'extinction, et la plupart se trouvent confinés à de lointains repaires de la péninsule Ibérique. Les derniers fossiles néandertaliens connus ont été trouvés au Portugal, notamment dans les cavernes de bord de mer de Figueira Brava et de Salemas (datant d'il y a environ 28 000 ans), et dans une région désolée du sud de l'Espagne. Un site croate de même date a récemment été identifié. Il est possible qu'un petit groupe de Néandertaliens ait été encore présent il y a environ 27 000 ans dans la caverne de Zafarraya en Andalousie (sans que l'on y trouve le moindre indice d'échanges culturels ou biologiques avec l'homme de Cro-Magnon). Mais, après cette date, les Néandertaliens disparaissent, que ce soit dans le fracas ou à petit bruit, pour toujours. Les paléoanthropologues sont globalement des esprits libéraux et chaleureux qui n'aiment pas trop s'attarder sur les aspects les plus noirs de notre espèce. Et, de fait, il est certainement beaucoup plus agréable d'imputer à un raz de marée génétique la disparition, dans les archives paléontologiques, de la morphologie propre aux Néandertaliens que d'envisager d'autres hypothèses. Fâcheusement, ce sont précisément ces dernières qu'il faut affronter puisque nous n'avons aucune preuve d'une transition biologique entre Néandertaliens et hommes modernes, et qu'il est très improbable qu'elle ait eu lieu. Quelles sont donc les autres pistes ? La moins désobligeante pour notre espèce est la suivante : Homo sapiens savait tout simplement exploiter son environnement avec bien plus d'efficacité que Homo neanderthalensis et, progressivement, sans intention préconçue, il a chassé ce dernier de la scène, l'opération n'impliquant qu'un minimum d'interaction entre les deux espèces. Au fond, c'est déjà probablement de cette façon que les Néandertaliens avaient évincé ceux qui occupaient le sol européen avant eux. Néanmoins, dans ce déroulement de la disparition des Néandertaliens si riche en points d'interrogation, il y a malheureusement une chose que nous ne connaissons que trop bien, c'est l'épouvantable dossier de l'histoire d'Homo sapiens. Les êtres humains se signalent par leur extrême mobilité, et des groupes d'envahisseurs ont manifesté de façon quasi permanente un comportement abominable à l'égard d'autres populations humaines (pour ne rien dire d'autres espèces) : il suffit de penser à l'effroyable sauvagerie des Vikings et des Mongols, ou encore des croisés lors du sac de Jérusalem. Souvent, ces excès sont justifiés par la négation de toute « humanité » chez les populations attaquées, et l'argument devait être encore plus facile à avancer face à des Néandertaliens. Les hommes de Cro-Magnon étaient admirables à plus d'un titre, comme le sont presque tous les Homo sapiens. Mais ne nous laissons pas induire en erreur par l'art éthéré déployé à Alta-mira, Lascaux ou dans la grotte Chauvet, qui nous conduirait à penser que les hommes de Cro-Magnon étaient incapables de plonger dans les mêmes abîmes de sauvagerie que l'homme des temps modernes (récemment encore au Rwanda et en Bosnie).


Quelle réaction les Néandertaliens ont-ils opposée à ce nouveau phénomène humain ? Nous n'en avons pas la moindre idée. Peut-être ont-ils vaillamment défendu leurs territoires. Mais, au bout du compte, ils n'avaient aucune chance face aux talents et à l'astuce des envahisseurs, armés de leurs capacités linguistiques et de leurs compétences dans le maniement des symboles. L'Europe est vaste, riche en recoins obscurs, en environnements divers, en fissures topographiques. Or le remplacement des Néan-dertaliens ne s'est pas étalé sur un temps démesurément long ; à lui seul, ce fait implique que la confrontation a été directe plutôt qu'indirecte entre les deux espèces d'ho-minidés, dont aucune n'était numériquement importante. L'hypothèse, toute simple, est qu'Homo sapiens était intrinsèquement incapable de tolérer (et le montrait avec une sauvagerie non moins intrinsèque) la moindre concurrence de la part de l'espèce cousine ; nos plus proches cousins après les Néandertaliens, les grands singes, en font encore aujourd'hui la triste expérience.


Extrait de "Petit traité de l'Evolution" de Ian Tattersall - Editions Fayard


+ d'infos sur Homo Neanderthalensis


Repost 0
Published by Homo Sapiens - dans genre.homo
commenter cet article
13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 10:49
Quand le chien a-t-il été domestiqué ?

Jusqu'à présent des études génétiques estimaient la divergence de la lignée entre le chien domestique et son ancêtre le loup gris, entre 15000 et 40000ans. Pour tenter d'affiner cette datation, un archéologue de l'université du Kansas, aux États-Unis, a réuni la littérature scientifique mentionnant les sépultures de chiens de tous les continents, enterrés seuls, en groupe ou aux côtés d'humains.

Au total, il a recensé plus de 50 sites différents. Les plus anciennes tombes canines découvertes datent d'il y a 14000 ans en Allemagne et de 11000 ans en Sibérie.

Conclusion : la domestication des chiens daterait de cette période. Par ailleurs, il est possible que le contact avec l'humain ait influencé l'évolution de la race canine.


Source : La recherche, n°396, avril 2006

Repost 0
Published by Homo Sapiens - dans genre.homo
commenter cet article