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 L'origine de l'Homme, sa nature, son essence

 

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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 09:21

Tous les hommes actuels descendent-ils en ligne directe de quelques couples de proto-Cro-Magnon venus d'Afrique noire ?

 

La génétique et l'anthropologie

Depuis la découverte du code génétique, support de l'hérédité, dans les années 1950, les progrès en génétique ont permis de comparer les séquences d'ADN de deux individus, de déterminer dans quelle mesure ils diffèrent et, donc, s'ils possèdent ou non un ancêtre commun plus ou moins proche. Au vu de ces succès, l'anthropologie s'est très tôt intéressée à la génétique, en parvenant à définir les relations phylogénétiques existant entre les hominidés, et à démontrer l'extraordinaire parenté génétique du chimpanzé et de l'homme. Peut-on faire mieux et comparer des êtres bien plus proches, des hommes entre eux, pour déterminer à quand remontent leurs ancêtres communs? Cela est beaucoup plus difficile, car l'ADN du noyau cellulaire ne permet pas une telle analyse au-delà d'une poignée de générations. À chaque génération en effet, les patrimoines génétiques hérités des parents sont brassés de manière aléatoire lors de la formation des cellules sexuelles (spermatozoïdes ou ovules). Puis, lors de la fécondation, les ADN des deux parents, donc de deux généalogies distinctes, se mélangent, ce qui complique encore la tâche. Il est donc très difficile de remonter la piste au-delà de quelques générations. Il fallait donc trouver un ADN qui se transmette sans brassage au cours des générations: l'ADN mitochondrial répondait parfaitement à cette attente.

 

L'ADN mitochondrial, un traceur universel

Les mitochondries sont des structures microscopiques, en forme de bâtonnets cylindriques, logées dans le cytoplasme des cellules. Leur rôle est de fournir à la cellule l'énergie nécessaire à son fonctionnement. Les mitochondries ont la particularité de posséder leur propre ADN, l'ADN mitochondrial (ADNmt), qui est différent de celui du reste de la cellule, logé dans le noyau. Contrairement à l'ADN du noyau cellulaire, qui provient à la fois de l'ADN maternel et de l'ADN paternel, l'ADNmt ne provient que de la mère. Lors de la fécondation en effet, le spermatozoïde se débarrasse de ses mitochondries en pénétrant dans l'ovule. De sorte que tout l'ADN contenu dans les mitochondries d'un individu, homme ou femme, lui a été légué par sa mère. En étudiant les gènes (peu nombreux) situés sur l'ADNmt, on peut donc remonter la généalogie d'une personne uniquement du côté maternel, ce qui évite les complexités dues au mélange des gènes des deux parents à chaque génération.

 

Le modèle de l'Arche de Noé

En 1987, deux chercheurs américains, Rebecca Cann et Allan Wilson, ont comparé l'ADN mitochondrial de centaines d'individus originaires des cinq continents et sont parvenus à reconstituer un arbre généalogique commun. Ils ont observé que l'ADNmt est remarquablement homogène chez les humains, et que toutes les populations du monde sont plus ou moins étroitement apparentées aux peuples de l'Afrique subsaharienne. Ils ont déterminé que tous les êtres humains actuels sont les descendants d'une petite population ancestrale africaine qui vivait il y a 150000 à 200000 ans seulement. Ces dates ne sont pas contredites par les fossiles: elles correspondent effectivement à l'âge des plus anciens fossiles d'Homo sapiens découverts récemment en Afrique orientale (Homo sapiens idaltu), lesquels auraient ensuite émigré via le Proche-Orient pour s'installer, en une centaine de milliers d'années, sur les cinq continents.

 

Ainsi, un seul groupe d'individus nés en Afrique aurait donné naissance à tout le genre humain actuel en se répandant à travers le monde. Cette théorie, en ce qu'elle fait remonter l'origine de tous les humains actuels a des ascendants africains, a reçu le nom de « Out of Africa ». On l'appelle aussi « modèle de l'Arche de Noé », car elle rappelle le mythe biblique selon lequel Noé et ses fils auraient entièrement repeuplé la Terre, désertée de toute vie, après le Déluge.

 

 

5000 Eve pour tous?

Faut-il pour autant conclure que les études menées sur l'ADN mitochondrial nous conduisent à une femme, une « Eve mitochondriale », qui serait aux origines de l'homme actuel? Pas du tout. Des estimations de la taille de la population féminine ancestrale nécessaire pour produire les variations observées dans l'ADN mitochondrial chez les humains actuels font état d'environ 5000 femmes « fondatrices ». Cela ne signifie nullement, bien entendu, qu'il s'est trouvé un groupe de pionniers, il y a 150000 ou 200000 ans, constitué de 5 000 « Eve » vivant dans un même groupe social en compagnie de 5000 « Adam » !

En fait, ce calcul signifie seulement que le lignage génétique des mitochondries de ces quelque 5000 femmes (qui n'étaient probablement pas contemporaines) est le seul qui soit parvenu jusqu'à nous; toutes les autres lignées génétiques, certainement très nombreuses, se sont éteintes à un moment ou à un autre, sous les coups de la famine, des épidémies et autres phénomènes naturels.

 

Et Adam?

Parité oblige, de récentes études ont également été menées sur l'ADN du chromosome Y masculin, qui se transmet uniquement de père en fils. Cette étude révèle là aussi, semble-t-il, une origine commune africaine, plutôt est-africaine, mais soulève en même temps un problème de taille: les ancêtres communs mâles de l'humanité actuelle ne remonteraient qu'à 60000 ans! Cet important écart d'âge entre les « Eve mitochon-driales » et les « Adam chromosomiques » souligne, s'il en était besoin, les limites de ce type d'études.

 

D'importantes contestations

À cette théorie « Out of Africa » de l'Arche de Noé, certains chercheurs, en l'absence de preuves mieux établies, opposent une autre théorie, tout aussi valable: la théorie dite du « Candélabre » (ou du multirégionalisme). Selon eux, il n'y aurait eu qu'une seule grande émigration venant d'Afrique, celle menée par les Homo ergaster il y a près de 2 millions d'années. Cette souche originelle forme le tronc commun, la base du candélabre. À partir de ce tronc commun, différents types d'Homo erectus se seraient individualisés en Afrique, au Proche-Orient, en Chine et en Indonésie (ce sont les différentes branches du candélabre). Et chaque type local d'Homo erectus serait à l'origine d'un des grands types humains actuels (Homo sapiens). Selon cette théorie, l'homme actuel serait donc apparu progressivement, de manière simultanée, en différents endroits de l'Ancien Monde. Ardue du point de vue scientifique, la question de l'origine unique 'africaine) ou multirégionale (candélabre) de l'Homme actuel fait actuellement l'objet d'intenses débats.

 

 

Source : Les origines de l'Homme
Erick Seinandre
Petite Encyclopédie Larousse

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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 17:00
Le terme mutation est utilisé en génétique pour désigner une modification irréversible de la séquence d'un génome (ADN ou ARN). Les mutations peuvent être dues à des erreurs de copie du matériel génétique au cours de la division cellulaire, ou à l'exposition à des agents mutagènes (radiations, agents chimiques, virus). Une très grande partie des erreurs commises au cours de la réplication du génome sont corrigées immédiatement par des mécanismes complexes et efficaces de réparation de l'ADN, et seule une faible part de ces erreurs deviennent des mutations transmises aux cellules-filles. Chez les animaux pluricellulaires, les mutations de la lignée germinale peuvent être transmises à la descendance, contrairement aux mutations somatiques.

Les mutations expliquent l'existence d'une variabilité entre les gènes. Les mutations qui sont le moins favorables (délétères) à la survie de l'individu qui les porte sont éliminées par le jeu de la sélection naturelle, alors que les mutations avantageuses tendent à s'accumuler. La plupart des mutations sont dites neutres, elles n'influencent pas la valeur sélective et peuvent se fixer ou disparaître par le jeu de la dérive génétique. Les mutations spontanées, généralement rares et aléatoires, constituent donc la principale source de diversité génétique, moteur de l'évolution.

Les causes des mutations spontanées sont inconnues.

En génétique, l'hypothèse de l'horloge moléculaire stipule que les mutations génétiques s'accumulent dans un génome à une vitesse globalement proportionelle au temps géologique.

En 1962, Emile Zuckerkandl et Linus Pauling furent les premiers à observer ce phénomène dans la partie du génome codant l'hémoglobine entre deux espèces données. L'observation d'une telle constance du taux d'évolution le long de la phylogénie du monde vivant fut surprenant, compte tenu de la variation de plusieurs facteurs pouvant entrer en ligne de compte, tels que la variation du temps de génération ou variation de la pression de sélection.

La réconciliation de l'hypothèse de l'horloge moléculaire et de la théorie Darwinienne fut amorcée vers la fin des années 1960 par les travaux de Motoo Kimura, Allan Wilson et Vincent Sarich, et de l'élaboration de la théorie neutraliste de l'évolution. Celle-ci prétend que la vaste majorité des mutations génétiques accumulées sont neutres, c'est-à-dire qu'elles ne confèrent pas à l'individu subissant la mutation un avantage sélectif marqué.

L'horloge moléculaire permit à de nombreux chercheurs de dater des événements de spéciations à l'aide de méthodes phylogénétiques de plus en plus développées. Toutefois, alors que la quantité de données génétiques augmentait et que les méthodes statistiques se rafinaient, il devint de plus en plus clair que l'horloge moléculaire n'était pas valide, du moins dans certaines parties de la phylogénie des êtres vivants. Depuis, plusieurs modèles ont été proposés afin d'assouplir l'horloge moléculaire par des modèles statistiques plus sophisitiqués (maximum de vraisemblance, méthodes bayésiennes), dits d'horloge moléculaire relaxée. Ces modèles ont pour avantage de donner des temps de divergence entre espèces plus précis, et plus en accord avec les données paléontologiques.


Sources:
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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 16:47
De l'origine de l'univers à l'Homme d'aujourd'hui et les enjeux de son avenir, ce livret de 60 pages résume 15 milliards d'années. Tout y est abordé, concernant la formation de l'univers, des systèmes solaires, de la naissance de la vie sur la Terre primitive et de son évolution jusqu'à ce que nous sommes.

Si l'auteur, Albert Jacquard, est une référence absolue dans le domaine scientifique, le pari de créer un ouvrage de vulgarisation sur une si vaste thématique en si peu de pages me semble perdu : je vois difficilement comment un lecteur non-initié pourrait se satisfaire d'une approche aussi succinte pour des concepts aussi difficiles à mentaliser et à appréhender.

Certes, l'ensemble n'est pas dénué d'intérêt, loin de là, mais il y a un décallage important de contenant et de contenu : trop de matière dans trop peu d'espace.

La matière et la vie
Albert Jacquard
Les essentiels Milan - 1995
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8 juin 2007 5 08 /06 /juin /2007 13:18
Toute la question de l'origine et de l'évolution de la vie jusqu'à l'humanité moderne est abordée dans cet ouvrage. Sa taille réduite et ses illustrations nombreuses rendent son accès facile et sa lecture rapide, mais les sujets ne sont que frôlés et l'ensemble n'est guère approfondi.  

Il reste un travail sérieux pour toute personne qui voudrait s'initier à ce sujet, pour un tour d'horizon complet et documenté, avant de chercher ailleurs pour prolonger tel ou tel sujet.


Les origines de l'Homme
avant et après Lucy
Erick Seinandre
Petite encyclopédie Larousse, 2004

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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 11:51
Les primates ont des membres à cinq doigts (ce qui est une condition primitive) portant des ongles. La main, au pouce opposable, s'est perfectionnée comme instrument de préhension et comme organe du toucher. Au cours de l'évolution, la vue s'est améliorée, aux dépens de l'odorat et, corrélativement, la face s'est réduite. Les orbites, entourées d'un anneau osseux, sont dirigées vers l'avant, leur donnant une bonne vision binoculaire. Le volume de la boîte crânienne a augmenté pour accueillir un cerveau plus gros. Les femelles mettent bas un seul petit, quelquefois deux. Des soins maternels prolongés, une maturité sexuelle retardée, une longévité accrue et le développement du cerveau ont permis aux primates d'acquérir une organisation sociale complexe: ils vivent généralement en groupes stables, allant de quelques individus étroitement apparentés (gorille) à plusieurs centaines de membres chez les macaques, les mandrills et, bien sûr, chez l'homme.

Source : Les origines de l'Homme, Erick Seinandre, Petite Encyclopédie Larousse
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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 11:54

II y a 2 millions d'années apparaît, en Afrique orientale, un homme très différent de ceux qui l'ont précédé: grand et longiligne, Homo ergaster est le premier pur marcheur.

 

 

H1MT2-Homo-Ergaster.jpgD'abord baptisé Homo erectus lors de sa découverte au Kenya dans les années 1970, cet homme daté de 1,5 à 1,9 million d'années a, par la suite, été renommé Homo ergaster en raison de sa morphologie légèrement différente, plus gracile. Sa parenté avec Homo erectus, que l'on avait trouvé plusieurs décennies auparavant en Chine (le « sinanthrope ») et à Java (le « pithécanthrope »), est toutefois très étroite. Plus récent (200000 ans à 1,5 million d'années), l'Homo erectus asiatique se distingue de son ancêtre africain par une morphologie plus trapue, une taille plus faible (1,65 m), un cerveau plus gros et des os du crâne plus épais. L'espèce Homo ergaster n'est pas encore reconnue par tous les spécialistes. Pour ceux, de plus en plus nombreux, qui considèrent cet­te espèce comme valide, Homo ergas­ter représente celui qui est apparu dans la savane africaine et Homo erectus celui qui a émigré jusqu'en Extrême-

 

Orient. Homo ergaster a également atteint l'Europe, où il a donné un type d'Homo erectus légèrement différent de celui d'Asie (rebaptisé Homo heidelbergensis) et qui a évolué sur place pour donner l'homme de Neandertal.

 

 

 

 

 

Une morphologie particulière

 

Si ergaster signifie « artisan » et erectus « qui se tient debout », il est évident que le dernier venu de la savane est-africaine était à la fois les deux. Si les premiers Homo ergaster taillent des outils rudimentaires (galets aménagés), ils développent, à partir de - 1,6 Ma, un outillage plus élaboré. Grand, dépassant 1,70 m pour 60 à 70 kg, Homo ergaster a fait de la bipédie son moyen unique de locomotion, ce qui l'autorise à conquérir les milieux découverts. Il marche en posant d'abord le talon, comme nous (les bipèdes plus anciens posaient le bord externe du pied en premier, ce qui rendait la marche moins dynamique et moins assurée). Longiligne, il est également doté d'une physiologie de coureur. Ses épaules sont plus larges, ce qui éloigne les bras de la colonne vertébrale et renforce ainsi leur action stabilisatrice durant la marche. L'appareil masticateur s'est réduit, et la mandibule est plus gracile que celle d'autres hommes contemporains, comme Homo habilis.

 

 

 

Son cerveau est également nettement plus gros (750 à 950 cm3). Les asymétries entre les H-ergaster.jpgdeux hémisphères sont très marquées, et les lobes frontaux du cerveau (associés aux facultés de relation) sont plus importants. Un volumineux bourrelet sus-orbitaire barre cependant encore le front d'Homo ergaster.


On pense que c'est à partir d'Homo Ergaster que le genre Homo a perdu sa fourrure. Une épaisse fourrure protège en effet bien de l'ensoleillement, mais ne permet pas d'évacuer la chaleur produite lors des déplacements, évacuation qui ne peut se faire qu'avec une pilosité réduite. Il est donc très probable que les Homo Ergaster, très actifs et très mobiles, étaient dépourvus de fourrure pour survivre sous le climat tropical africain.

 

 

 

 

Plusieurs hominidés contemporains

 

II y a 1,8 million d'années environ, pas moins de 5 es­pèces d'hominidés bipèdes coexistaient en Afrique orien­tale et méridionale. Une situation exceptionnelle, qui ne se reproduira plus jamais dans notre histoire. Deux espèces de paranthropes, l'une en Afrique orientale (Paranthropus boisei), l'autre en Afrique du Sud (P. robustus), et une espèce d'homme (Homo ergaster), se parta­geaient les savanes ouvertes. Homo ergaster, bipède plus accompli, devait probable­ment se déplacer davantage que ses cousins à la robuste mâchoire. Les deux autres espèces d'hommes, Homo rudolfensis et Homo habilis, devaient fréquenter les abords de zones plus boisées.

 

 

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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 14:49
Petit traité de l'évolution
Ian Tattersall   
Edition Fayard - 2002

"Quand on écrit un livre 'conventionnel', on suit une progression prédéterminée qui à sa logique et ses enchainements. L'essai, en revanche, n'impose pas ce type de discpline : il vous emmène là où il veut, et les chapitres n'en sont pas inexorablement liés entre eux."

Ainsi Ian Tattersall présente-t'il son travail dans l'introduction de cet ouvrage passionant, dans lequel il livre ses convictions et ses interrogations sur le phénomène encore bien mystérieux de l'hominisation ; il interroge entre autre les modalités de l'évolution, et tente de cerner ce qui à fait la différence avec les autres grands singes, qui, eux, n'ont pas passé ce cap : la bipédie, la conscience, le langage, la faculté de créer des outils ...

Comme toujours, le propos est clair, captivant. C'est à un véritable voyage à la fois onto-introspectif et phylo-introspectif que Ian Tattersall nous invite, pour un grand moment d'interrogation sur ce qu'est l'espèce humaine, et d'une façon plus implicante "qui sommes-nous ?".

Une vive recommandation pour cet ouvrage, et plus généralement pour cet auteur.
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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 10:20
Il y a 3,75 millions d'années, trois australopithèques marchent sous la pluie dans les cendres refroidies d'un volcan. Et nous laissent ainsi l'empreinte de leurs pas.

En 1978, la paléoanthropologue britannique Mary Leakey découvrit le témoignage le plus probant et le plus touchant de la bipédie des australopithèques.

À Laetoli, au nord de la Tanzanie, trois australopithèques, deux adultes et un enfant, ont laissé, il y a 3,75 millions d'années, leurs empreintes dans la cendre consolidée d'un volcan des environs. Une étude de ces traces montre que le talon des australopithèques était étroit et fortement bombé, détail qui prouve qu'ils ne marchaient pas souvent, sans quoi la protubérance du calcanéum se serait aplatie comme chez nous. Les orteils, très longs, sont recourbés et les ongles touchent à terre. Quant au gros orteil, il était encore préhensile (éloigné des autres doigts) ce qui signe la conservation d'aptitudes à l'arboricolisme.

Ces traces fossiles ont apporté la preuve incontestable que la bipédie avait précédé l'apparition du genre Homo.




Vue d'ensemble
Empreintes fossilisées de Laetoli - Tanzanie



Détail
Empreintes fossilisées de Laetoli - Tanzanie
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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 16:02
À en juger par la fréquence des fossiles connus, la période qui conduit jusqu'à la partie la plus froide de la dernière glaciation a réussi aux Néandertaliens : les fossiles datés entre - 50 000 et - 40 000 ans sont plus nombreux que ceux d'aucune autre période (mais il se peut que cela tienne en partie à la technique de datation au carbone 14, qui atteint les limites de sa portée juste avant que les Néandertaliens ne commencent à disparaître). Néanmoins, il ne fait guère de doute que la période comprise entre - 50 000 et - 40 000 ans a été l'âge d'or des Néandertaliens « classiques » d'Europe de l'Ouest, en dépit du grand froid qui régnait dans la région. Rétrospectivement, pourtant, ces 10 000 ans n'auront connu que le calme avant la tempête. Les premiers fossiles attribuables au Paléolithique supérieur, que ce soit en Europe occidentale ou orientale (Espagne et Bulgarie, respectivement), datent d'environ 40 000 ans (mais les spécimens aussi anciens sont rares), et nous n'avons aucune idée claire de l'endroit d'où venaient les envahisseurs : sont-ils d'abord arrivés par l'est, ou par le sud-ouest (Gibraltar), ou bien simultanément par les deux côtés, en un mouvement de tenailles ? S'il faut attendre environ - 35 000 ans pour que les sites d'hommes de Cro-Magnon deviennent assez communs en Europe, nous pouvons avancer qu'une fois installés les nouveaux venus se sont répandus comme un feu de forêt et que les aires néandertaliennes ont commencé à disparaître. Site après site, on observe que des millénaires d'occupation moustérienne (au moins sporadique) se vident brusquement au Paléolithique supérieur. Autour de 30 000 ans, les sites moustériens ne sont plus que des exceptions proches de l'extinction, et la plupart se trouvent confinés à de lointains repaires de la péninsule Ibérique. Les derniers fossiles néandertaliens connus ont été trouvés au Portugal, notamment dans les cavernes de bord de mer de Figueira Brava et de Salemas (datant d'il y a environ 28 000 ans), et dans une région désolée du sud de l'Espagne. Un site croate de même date a récemment été identifié. Il est possible qu'un petit groupe de Néandertaliens ait été encore présent il y a environ 27 000 ans dans la caverne de Zafarraya en Andalousie (sans que l'on y trouve le moindre indice d'échanges culturels ou biologiques avec l'homme de Cro-Magnon). Mais, après cette date, les Néandertaliens disparaissent, que ce soit dans le fracas ou à petit bruit, pour toujours. Les paléoanthropologues sont globalement des esprits libéraux et chaleureux qui n'aiment pas trop s'attarder sur les aspects les plus noirs de notre espèce. Et, de fait, il est certainement beaucoup plus agréable d'imputer à un raz de marée génétique la disparition, dans les archives paléontologiques, de la morphologie propre aux Néandertaliens que d'envisager d'autres hypothèses. Fâcheusement, ce sont précisément ces dernières qu'il faut affronter puisque nous n'avons aucune preuve d'une transition biologique entre Néandertaliens et hommes modernes, et qu'il est très improbable qu'elle ait eu lieu. Quelles sont donc les autres pistes ? La moins désobligeante pour notre espèce est la suivante : Homo sapiens savait tout simplement exploiter son environnement avec bien plus d'efficacité que Homo neanderthalensis et, progressivement, sans intention préconçue, il a chassé ce dernier de la scène, l'opération n'impliquant qu'un minimum d'interaction entre les deux espèces. Au fond, c'est déjà probablement de cette façon que les Néandertaliens avaient évincé ceux qui occupaient le sol européen avant eux. Néanmoins, dans ce déroulement de la disparition des Néandertaliens si riche en points d'interrogation, il y a malheureusement une chose que nous ne connaissons que trop bien, c'est l'épouvantable dossier de l'histoire d'Homo sapiens. Les êtres humains se signalent par leur extrême mobilité, et des groupes d'envahisseurs ont manifesté de façon quasi permanente un comportement abominable à l'égard d'autres populations humaines (pour ne rien dire d'autres espèces) : il suffit de penser à l'effroyable sauvagerie des Vikings et des Mongols, ou encore des croisés lors du sac de Jérusalem. Souvent, ces excès sont justifiés par la négation de toute « humanité » chez les populations attaquées, et l'argument devait être encore plus facile à avancer face à des Néandertaliens. Les hommes de Cro-Magnon étaient admirables à plus d'un titre, comme le sont presque tous les Homo sapiens. Mais ne nous laissons pas induire en erreur par l'art éthéré déployé à Alta-mira, Lascaux ou dans la grotte Chauvet, qui nous conduirait à penser que les hommes de Cro-Magnon étaient incapables de plonger dans les mêmes abîmes de sauvagerie que l'homme des temps modernes (récemment encore au Rwanda et en Bosnie).


Quelle réaction les Néandertaliens ont-ils opposée à ce nouveau phénomène humain ? Nous n'en avons pas la moindre idée. Peut-être ont-ils vaillamment défendu leurs territoires. Mais, au bout du compte, ils n'avaient aucune chance face aux talents et à l'astuce des envahisseurs, armés de leurs capacités linguistiques et de leurs compétences dans le maniement des symboles. L'Europe est vaste, riche en recoins obscurs, en environnements divers, en fissures topographiques. Or le remplacement des Néan-dertaliens ne s'est pas étalé sur un temps démesurément long ; à lui seul, ce fait implique que la confrontation a été directe plutôt qu'indirecte entre les deux espèces d'ho-minidés, dont aucune n'était numériquement importante. L'hypothèse, toute simple, est qu'Homo sapiens était intrinsèquement incapable de tolérer (et le montrait avec une sauvagerie non moins intrinsèque) la moindre concurrence de la part de l'espèce cousine ; nos plus proches cousins après les Néandertaliens, les grands singes, en font encore aujourd'hui la triste expérience.


Extrait de "Petit traité de l'Evolution" de Ian Tattersall - Editions Fayard


+ d'infos sur Homo Neanderthalensis


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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 10:49
Quand le chien a-t-il été domestiqué ?

Jusqu'à présent des études génétiques estimaient la divergence de la lignée entre le chien domestique et son ancêtre le loup gris, entre 15000 et 40000ans. Pour tenter d'affiner cette datation, un archéologue de l'université du Kansas, aux États-Unis, a réuni la littérature scientifique mentionnant les sépultures de chiens de tous les continents, enterrés seuls, en groupe ou aux côtés d'humains.

Au total, il a recensé plus de 50 sites différents. Les plus anciennes tombes canines découvertes datent d'il y a 14000 ans en Allemagne et de 11000 ans en Sibérie.

Conclusion : la domestication des chiens daterait de cette période. Par ailleurs, il est possible que le contact avec l'humain ait influencé l'évolution de la race canine.


Source : La recherche, n°396, avril 2006

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