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 L'origine de l'Homme, sa nature, son essence

 

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1 août 2006 2 01 /08 /août /2006 16:54

Paléontologue français, il succède en 1936 à Marcellin Boule dans la chaire de paléontologie du Muséum national d'histoire naturelle. En 1932-1933, il organisa la première mission paléontologique dans les gisements de la vallée de l'Omo, dans le sud de l'Ethiopie. Il retourna sur les lieux en 1967 avec Yves Coppens et y ils découvrirent une mandibule d'australopithèque (Paraustralopithecus aethiopicus). Avec la collaboration de Robert Hoffstetter, il découvrit en 1954 l'homme de Ternifine en Algérie (Atlanthropus mauritanicus).
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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 16:53
La coévolution désigne l'interaction de deux populations dans le processus de leur évolution, sous l'influence de la sélection naturelle.

Elle se manifeste sous trois formes :

le parasitisme, dans lequel un parasite fait d'un organisme hôte sa niche écologique (lieu d'habitation et de subsistance). Dans ce cas de figure, le parasite n'a surtout pas pour
projet de tuer son hôte, car sa survie dépend de lui, mais de profiter de lui. Les mécanismes évolutifs sont les suivants : le parasite "invente" de nouveaux moyens pour provoquer la rencontre, auquel l'organisme hôte répond par des défenses pour l'éviter ; si la rencontre a lieu malgré tout, l'organisme hôte cherche le moyen de se débarasser du parasite, et celui-ci cherche à éviter de se faire tuer ou débarquer.

Le mutualisme permet à deux espèces de se développer ou se reproduire par l'intermédiaire de l'autre. L'illustration le plus parlante est celle des orchidées de Madagascar et de leurs papillons pollenisateurs : les premières ont des tubes nectarifères de 30 cm de longueur et les seconds ont des trompes de 25 cm ; l'un se nourrit du nectar, et l'autre profite de l'insecte pour se reproduire. Mais, comme l'explique Claude Combes, ce mutualisme reste un acte égoïste dans lequel l'évolution ne va que dans le sens de son interet propre : les tubes nectarifères se sont allongés pour obliger le papillon à embarquer le pollen, et les trompes pour mieux se saisir du nectar.

Enfin, le mécanisme connu sous l'appellation de "théorie de la reine rouge", en référence à un extrait d'Alice au pays des merveilles (Lewis Caroll), recouvre les innovations que produisent les espèces en compétition sur une niche écologique identique.

La coévolution est probablement un des moteurs les plus puissants de l'évolution elle-même. L'histoire de l'humanité, toujours d'après Claude Combes, met en jeu aujourd'hui une nouvelle forme de coévolution, à travers l'interaction du génome et de la culture : le progrès scientifique, par exemple en matière de lutte contre les maladies ou de régulation des naissances, vient exercer une influence notable sur une sélection plus tout à fait naturelle sur l'espèce humaine. Doit-on y voir la clé de l'avenir proche et plus loitain de notre espèce ? La question est posée.

D'après la conférence tenue par Claude Combes le 7 janvier 2000
dans le cadre de l'université de tous les savoirs.
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23 juillet 2006 7 23 /07 /juillet /2006 17:01

D'abord avocat puis paléontologue, il découvre en 1836 à Sansan, dans le Gers, le premier anthropoïde fossile. Il proposa en 1861 une division chronologique du Quaternaire à l'aide des grands mammifères. Il explora le Périgord encore peu connu d'un point de vue préhistorique. Son fils Louis Lartet découvrira en 1868, aux Eyzies, les premiers squelettes de Cro-Magnon.
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10 juillet 2006 1 10 /07 /juillet /2006 08:30
L'homme. Remarquons au passage que si l'on dit "les animaux" au pluriel, on dit "l'homme" au singulier. Parce que l'homme est unique. De même, nous dirons que les animaux font des crottes, alors que l'homme sème la merde.

Pierre Desproges, "Chroniques de la haine ordinaire"
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5 juillet 2006 3 05 /07 /juillet /2006 10:06

Naturaliste suédois du XVIIIème siècle, Carl Linné a mis au point  la classification des êtres vivants au moyen d'une hiérarchie de catégories de plus en plus englobantes :

espèce, genre, famille, ordre, classe, embranchement et règne


Cette classification est encore en usage dans la science contemporaine. Dans le système de Linné, les êtres humains appartiennent à l'espèce Homo sapiens au sein du genre Homo. Celui-ci appartient, avec certains autres genres, à la famille des hominidés. Laquelle famille ainsi que plusieurs autres appartiennent à l'ordre des primates ; les primates à la classe des mamifères, celle-ci à l'embranchement des vertébrés, lequel est l'un des nombreux embranchements inclus dans le règne animal.


D'une manière plus précise :

L'homme appartient au règne animal.

C'est un vertébré, son corps a un axe rigide dorsal fait de vertèbres se succédant. Il a donc une certaine organisation de l'avant vers l'arrière et d'un côté par rapport à l'autre. L'un des plus anciens vertébrés serait vieux de 530 millions d'années.

L'homme fait partie de la classe des mammifères. Il porte des mamelles pour allaiter ses petits. Son corps est couvert de poils et son cerveau est plus volumineux que celui d'autres groupes de vertébrés. L'un des plus anciens mammifères serait vieux de 115 millions d'années.

L'homme   fait   partie   de   l'ordre   des primates. Ses mamelles sont en position pectorale. Les os de son avant-bras ne sont pas soudés l'un à l'autre. Le pouce de sa main est opposable aux autres doigts. Il a des ongles à la place des griffes. La position de ses orbites permet une vision en relief. Il peut s'asseoir sans se reposer sur ses membres supérieurs, ce qui les libère d'activités locomotrices. Beaucoup de ces caractéristiques facilitent aussi les déplacements dans les arbres. Le primate a plutôt quatre incisives par mâchoire. Son cerveau est développé, surtout dans la région arrière. Les plus vieux primates sont âgés de près de 55 millions d'années.

L'homme fait partie de la superfamille des hominoïdés. Ce sont les primates sans queue, devenue le coccyx qui regroupe des vertèbres atrophiées. Les membres supérieurs sont longs par rapport aux membres inférieurs. Les plus vieux hominoïdés connus sont âgés de 25 millions d'années. Les hominoïdés actuels regroupent trois familles : les hylobatidés (gibbons et siamangs), les pongidés (orang-outans) et les hominidés. Jusqu'à présent, cette classification était surtout basée sur des caractéristiques de leur corps (le phénotype) et sur celles des squelettes (pour les fossiles). Mais on a aussi étudié les gènes (le génotype) des hominoïdés actuels. Cela permet d'établir des relations d'ancestralité (la phylogénie) différentes de celles établies i à partir des phénotypes.

L'homme est un membre de la famille des hominidés, qui comprend tous les hommes ainsi que les chimpanzés, les gorilles et leurs ancêtres respectifs. On note chez eux une nette diminution du système masticateur par rapport à celui protégeant le cerveau. Sur quarante-cinq gènes analysés chez les hominidés actuels, plus de la moitié indiquent une parenté plus grande, entre les chimpanzés et les hommes qu'entre les hommes et les gorilles ou les gorilles et les. chimpanzés. Le plus vieil hominidé n'est pas encore connu mais il y a des prétendants entre 9 et 5 millions d'années. Il n'est pas facile de l'identifier car des hominidés ont sûrement disparu sans laisser de descendance actuelle. C'est le cas de Gigantopithecus, le plus grand de tous les hominoïdés : une sorte de gorille géant.

L'homme fait partie de la sous-famille des homininés. Selon certains, elle regroupe deux infra-familles (ou tribus) : les paninés (les chimpanzés et leurs ancêtres) et les hominés (les hommes et leurs ancêtres). Nous ne connaissons pas le plus ancien homininé, mais, étant donné que l'homme est partout présent sur la terre et que les chimpanzés n'existent qu'en Afrique, ce fossile devrait se trouver sur ce continent.

Les hominés rassemblent tous les hommes actuels et les fossiles regroupés au sein de la lignée humaine. Sahelanthropus, Orrorin, Ardipithecus, Australopithecus, Paranthropus, Kenyanthropus, Praeanthropus, Homo, sont autant de noms de genres qui en font partie. Les hominés sont tous bipèdes. Ils ont un gros cerveau relativement à leur masse corporelle et une réduction marquée du système masticateur. Le dimorphisme sexuel est atténué. Le plus vieil hominé serait Sahelanthropus tchadensis, vieux de 6 à 7 millions d'années.

Soulignons d'emblée que cette classification n'est pas consensuelle. Ainsi, pour certains spécialistes, les hominidés correspondent à ce que nous appelons ici « homininés ». Pour d'autres, les homininés regroupent « nos » hominés alors que les Paninés comportent deux genres : Pan (les chimpanzés) et Gorilla (les gorilles). Illustrons ce problème avec Sahelanthropus. Selon ses découvreurs, c'est le plus vieil hominé. Cependant, quelques scientifiques proposent de le classer dans un genre appelé Sahelopithecus. Ils le considèrent donc comme un ancêtre possible des gorilles ou des chimpanzés. Selon notre classification, ce serait, dans ce cas, le plus vieil homininé ou le plus ancien hominidé. Quelle que soit sa position dans l'arbre généalogique des hominoïdés, Sahelanthropus/Sahelopithecus est intéressant car, entre 7 et 6 millions d'années, nous n'avions aucune idée de ce que pouvaient être les hominoïdés fossiles.

Les plus vieux membres du genre Homo ont été trouvés seulement en Afrique. Ils ont près de 2,4 millions d'années. Pour appartenir à ce genre, un fossile doit avoir une capacité crânienne de plus de 600 cm3 et une région faciale plutôt verticale positionnée en partie sous la région frontale. La réduction du système masticateur est marquée, avec des dents dont les proportions relatives sont voisines de celles observées chez des spécimens plus récents. Le mode de locomotion est proche du nôtre et ne traduit pas d'aptitude au déplacement dans les arbres. Plusieurs espèces ont été définies au sein du genre Homo : Homo habilis, Homo rudolphensis, Homo ergaster...

Tous les hommes actuels sont des Homo sapiens. Selon les règles de la classification (ou taxinomie) du règne animal vivant ou fossile, « sapiens » est le nom d'espèce. Le fait que nous appartenons tous à la même espèce signifie que nous sommes interféconds et que nous ne le sommes pas avec des individus appartenant à d'autres espèces proches de la nôtre. De nos jours, il existe une seule espèce humaine sur terre (Homo sapiens). Mais cela n'a pas toujours été le cas. Il est difficile de dire quand est apparu le premier Homo sapiens. En effet, il n'y a pas de consensus quant à l'origine d'Homo sapiens. Ainsi, des fossiles humains peuvent être rapportés ou non à cette espèce en fonction de modèles évolutifs que les scientifiques développent.

Nous sommes aussi tous membres d'une même sous-espèce : Homo sapiens sapiens. Selon nous, cela permet aussi de définir les hommes anatomiquement modernes. Bien sûr, les milliards d'hommes actuels montrent une grande variabilité biologique et certaines différences de notre physionomie semblent très importantes : la forme du corps, la couleur de la peau. Mais pour tous les hommes actuels, ce sont les mêmes gènes, localisés sur les mêmes chromosomes qui, dans toutes les populations, s'expriment pour les mêmes caractères. Ce sont des variations minimes au niveau des gènes ainsi que l'influence de l'envi-ronnement, la sélection sexuelle qui expliquent notre diversité biologique. Quel que soit le gène considéré, sa répartition est graduelle, sans limite géographique nette et encore moins en rapport avec les structures étatiques actuelles. La variabilité génétique que représente l'humanité est tellement vaste que les divergences génétiques qui existent entre différentes populations actuelles sont faibles, parfois plus faibles que la diversité observée au sein d'une même population. En conséquence, il n'est pas possible de définir au sein des populations humaines des « races » dont l'homogénéité biologique serait telle qu'elle permettrait de les isoler du reste de l'humanité.

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4 juillet 2006 2 04 /07 /juillet /2006 15:57
"Qui sont vraiment nos lointains ancêtres ?"
B. Maureille et P. Murail
Le Pommier, 2005

Un concentré qui se lit en une heure maximum, et qui fait le tour des questions et des interrogations sur nos connaissances en paléoanthropologie. Toutes les diverses théories y sont exposées.

Cependant, la concision du propos n'en fait pas vraiment un livre d'introduction pour un néophyte complet, qui n'aura pas toutes les clés pour comprendre en profondeur les liens phylogénétiques et les théories qui en découlent.

Il reste un excellent condensé qui peut ouvrir des pistes de réflexions à qui s'est déjà interrogé et intéressé aux origines de l'Homme.
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3 juillet 2006 1 03 /07 /juillet /2006 10:51
Nos caractéristiques physiques et physiologiques dépendent de plusieurs facteurs, dont nos gènes. En ce qui concerne notre patrimoine génétique, ce sont les molécules d'ADN qui le portent. Il s'agit d'acides nucléiques dont les constituants essentiels sont les bases puriques (Adénine et Guanine) et les bases pyrimidiques (Cytosine et Thymine). Les bases sont agencées les unes après les autres et organisées en paires : A avec T et G avec C. C'est l'ordre d'agencement, ou séquence, qui détermine les gènes et leur expression. La variabilité génétique est due à la mutation, c'est-à-dire au remplacement d'une base par une autre.

Les molécules d'ADN se trouvent en deux endroits au niveau des cellules :

- dans leur noyau. C'est l'ADN nucléaire. Il est organisé en vingt-trois paires de chromosomes (dont deux chromosomes sexuels X et Y). Cela représente sept milliards de paires de base. Seulement 3% d'entre elles codent pour des gènes. Le reste correspond à du matériel génétique non codant ;

- au sein des mitochondrfes. Ce sont des organites qui servent à la respiration cellulaire.
H y en a mille à dix mille par cellule. Elles contiennent un ADN circulaire dont la taille est très réduite, avec seulement 16 569 paires de bases,

Un Homo sapiens sapiens reçoit l'ADN nucléaire pour moitié de son père et pour moitié de sa mère. Lors de la fécondation, il y a un mélange de cette information génétique. L' ADN mitochondrial (ou ADNmt) n'est issu que de la mère (celui du père est détruit lors de la fécondation). En étudiant la diversité de l'ADNmt, on peut reconstruire des phylogénies maternelles et s'en servir pour la compréhension de l'histoire du peuplement de la terre. Le grand nombre de copies de l'ADNmt au sein de chaque cellule, et donc sa potentialité d'être mieux conservé que l'ADN nucléaire, en fait aussi un objet d'étude privilégié lorsqu'on travaille sur les restes anciens. Si un fossile humain présente un ADNmt que l'on ne retrouve pas au sein de la variabilité actuelle, on peut supposer qu'il n'a eu aucun descendant chez les Homo sapiens sapiens actuels. De plus, si les différences entre l'ADNmt du fossile et celui des hommes actuels sont, en moyenne, nettement plus grandes que la différence moyenne qui existe entre tous les hommes actuels, alors certains spécialistes pensent que ce résultat est assez pertinent pour supposer que le fossile en question ne fait pas partie de l'espèce Homo sapiens. Deux espèces différentes d'hommes fossiles devaient donc avoir des patrimoines génétiques suffisamment distincts pour que toute reproduction entre leurs membres produise des hybrides stériles ou soit impossible.
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22 juin 2006 4 22 /06 /juin /2006 00:19
Les concrétions calcaires des grottes, stalactites et stalagmites, enregistrent les caractéristiques de l'écoulement d'eau qui les a créées, et donc des événements qui ont modifié la vitesse et la nature de leur formation.

Dans un milieu souterrain relativement protégé de l'érosion et des dégradations humaines, ces dépôts sédimentaires, nouvellement désignés sous le nom de «spéléothèmes», sont datés par les moyens classiques de la datation géologique. Le décryptage de ces «archives géologiques» qui nous renseignent sur l'histoire climatique et géologique locale a beaucoup progressé ces dernières années.



La vie de la grotte

Une grotte, comme tout système géologique, a une histoire : elle naît, vit et se développe, puis vieillit et disparaît lentement. La grotte apparaît et grandit quand un courant d'eau chargé de gaz carbonique creuse une roche calcaire. Les galeries de certains réseaux de grottes s'étendent sur des centaines de kilomètres (plus de 500 kilomètres à Mammouth Cave, aux États-Unis) et les dénivelés verticaux peuvent dépasser le kilomètre (1602 mètres au gouffre Jean Bernard, en Savoie). Le vieillissement est lié au tarissement des courants et des eaux de creusement, et au comblement de la grotte par les sédiments et les concrétions.

Les dépôts détritiques des grottes résultent de l'accumulation des sédiments. Les dépôts endogènes, éboulements des parois et des plafonds, renseignent, quand on sait les dater, sur l'évolution de la grotte et, éventuellement, sur l'origine sismique de son comblement.

Les dépôts exogènes proviennent de l'extérieur de la grotte. L'agent de transport, le plus souvent l'eau, dépose des sédiments semblables à ceux trouvés dans les terrasses des rivières de surface. Leur étude met en évidence des séquences de dépôts liées à des crues avec conglomérats, grès et sables à la base, et argile fine au sommet. Le vent accumule aussi d'importants dépôts de sable fin et surtout de loess, indices d'un climat steppique lié à des phases climatiques froides périglaciaires ; ces dépôts détritiques exogènes renseignent sur l'environnement climatique externe à la grotte.

À partir des analyses de ces sédiments (granulométrie, morphoscopie, palynologie, etc.), on a reconstitué les diverses étapes, notamment climatiques et culturelles, qui se sont succédé au cours des derniers millions d'années. On a ainsi reconstitué, dans la grotte de Caune de l'Arago (Pyrénées-orientales), le cadre climatiqueet le mode de vie de l'Homme de Tautavel, le plus vieux fossile humain européen, qui vivait il y a environ 450 000 ans.

De plus, une grande partie des objets et outils préhistoriques ont été découverts dans les fouilles de dépôts détritiques, fouilles qui ont précisé les alternances climatiques durant lesquelles s'est développée la lignée humaine.

Au Quaternaire, les dépôts détritiques des grottes ont été souvent perturbés par des éboulements, des coulées de boue et des glissements de terrains. Ces phénomènes ont été causés par les longues périodes de dégel qui ont succédé aux phases périglaciaires et glaciaires, où le sol était fixé par le gel. Ces processus ont particulièrement affecté les grottes du Sud de l'Europe, lors de la phase de dégel progressif qui a suivi la période glaciaire du Wùrm, entre -20 000 ans et -8000 à -6000 ans, suivant la position des sites.

Les écroulements de falaises et ces glissements de pente ont alors obturé des porches de grottes fréquentées par les hommes préhistoriques au cours de la dernière glaciation, et assuré leur conservation et leur intégrité. La découverte de la grotte Chauvet, dans l'Ardèche, illustre cette préservation.






Les concrétions


Les dépôts chimiques des grottes, les concrétions, sont spécifiques du milieu souterrain. Ces concrétions se forment en présence de trois composants : l'eau, le gaz carbonique (ou dioxyde de carbone) et le calcaire. Quand l'eau de surface est acidifiée par la dissolution de gaz carbonique provenant des végétaux, le calcaire de la roche de surface est dissous sous forme de bicarbonate de calcium : cette dissolution du calcaire creuse les vides souterrains que sont les grottes. Le bicarbonate de calcium dissous est un composant en équilibre : quand la température de l'eau ou la pression partielle de gaz carbonique diminuent, l'équilibre chimique évolue dans le sens de la précipitation, avec dépôt de concrétions de carbonate de calcium.

Ainsi, en fonction des conditions du milieu, l'eau a une double action : soit elle creuse les conduits souterrains que sont les grottes, en dissolvant le calcaire, soit elle dépose le calcaire sous forme de concrétions et remplit lesvides qu'elle avait précédemment creusés sous terre.

Les variations de la température, la pression partielle du dioxyde de carbone, la solubilité de la roche, la teneur de la roche en carbonates, le débit de l'eau, déplacent l'équilibre dans le sens de la précipitation du calcaire, provoquant alors le dépôt de concrétions.





Les formes des concrétions

On est toujours surpris par la profusion et le polymorphisme des concrétions des grottes. Le concrétionnement n'est qu'une précipitation de carbonate de calcium, mais une précipitation au sein d'une eau circulante. Aussi le concrétionnement est-il un phénomène dynamique, et ses formes multiples sont contrôlées par un ensemble de facteurs : (1) la position dans la cavité souterraine du point de perco-lation de l'eau : plafond, sol, parois, bassins immergés, etc. ; (2) le débit de l'eau de concrétionnement : circulation capillaire en film d'eau, écoulement en goutte à goutte, ruissellement en cascade, etc. ; (3) les paramètres de porosité-perméabilité de la roche, qui influent sur les modes de circulation de l'eau de concrétionnement et sur la vitesse de percolation.

Parmi ces facteurs, le critère «débit et mode de circulation de l'eau» est majeur et sert de base à une première classification des concrétions. On distingue ainsi deux grands types de concrétionnements : (1) le concrétionnement à débit d'eau contrôlé par les forces de gravité, d'organisation essentiellement verticale, horizontale ou oblique, en fonction du profil des parois de la grotte. C'est le concrétionnement classique des grottes. La forme et l'importance des concrétions sont principalement déterminées par le débit d'eau qui les alimente.

Ainsi, un débit goutte à goutte lent favorise la formation de stalactites au plafond, un goutte à goutte rapide ne permettra que la formation de stalagmites au sol, avec un faible dépôt au plafond. Cette cinétique du concrétionnement détermine les formes des concrétions en écoulement : draperies, coulées et cascades stalagmitiques, planchers stalagmitiques, stalagmites, colonnes, disques, etc.

Le concrétionnement à débit d'eau très réduit, soumis à des forces capillaires et de tension superficielle, se développe dans toutes les directions de l'espace. Ce type est désigné sous le terme général d'«excentrique», lequel traduit l'anormalité des concrétions. Il présente de très nombreuses formes cristallines, en général très belles : cristaux en aiguilles, coralloïdes, touffes, efflorescences, etc.

En climat humide, le concrétionnement de pesanteur à grand débit d'eau est favorisé, alors qu'en climat sec et confiné, le concrétionnement capillaire se développe. Les formes de concrétionnement sont ainsi une première approximation des alternances climatiques.






Concrétions et paléoclimats

La nature, la composition chimique et la texture de la roche calcaire d'un site ne changent guère avec le temps, mais tous les autres facteurs (température, débit de l'eau, CO2, etc.) sont liés et dépendent du climat qui règne sur le massif calcaire où se situe la grotte. Aussi les structures des concrétions retracent-elles les variations climatiques et permettent-elles de les identifier.
Pendant une même phase climatique qui dure parfois plusieurs dizaines de milliers d'années, le concrétionnement reste continu, homogène, avec développement des mêmes types de concrétions. Lorsque les conditions climatiques sont telles que l'apport d'eau est réduit, la vitesse du concrétionnement diminue et le dépôt peut même s'arrêter complètement pendant de très longues périodes. Cet arrêt des dépôts se marque généralement dans les concrétions par des couches de coloration brune dues à des oxydations et à des corrosions de la surface des concrétions.

Les périodes de non-concrétionne-ment sont souvent plus longues que celles pendant lesquelles les concrétions se développent. Les arrêts de concrétionnement indiquent des dégradations climatiques (froid ou sèche-resse). Pendant le Quaternaire, ils ont spécifiquement marqué les périodes froides ou glaciaires.

Le système cristallin reflète aussi les conditions du dépôt. Le carbonate de calcium cristallise selon deux systèmes minéralogiques : la calcite, forme la plus courante, et l'arago-nite, beaucoup plus rare. L'aragonite se dépose préférentiellement lorsque l'alimentation en eau est réduite et en présence de magnésium existant dans certains types de roches carbo-natées (dolomies, calcaires dolomitiques, calcaires minéralisés).

La présence d'aragonite est l'indice d'un confinement, par exemple une phase climatique sèche. Dans des cas favorables, on observe le passage aragonite-calcite plusieurs fois répété dans une même concrétion. Ces passages indiquent des fluctuations climatiques «humides-moins humides», intéressantes pour l'étude et l'identification des paléoclimats.

Les divers processus de formation des concrétions, leurs significations paléoclimatiques ainsi que l'interprétation des formes constituent une approche intéressante, mais qui ne permet d'aborder que la succession de diverses phases de concrétionnement ou de dépôts détritiques, c'est-à-dire une chronologie relative.






Les datations des concrétionnements

La datation absolue est obtenue par la mesure des concentrations en éléments radioactifs dont la demi-vie est connue. Dans les méthodes directes, on utilise la désintégration radioactive d'un élément dont on connaît par ailleurs la demi-vie. On mesure les concentrations de l'isotope radioactif et de ses produits de désintégration et on détermine ainsi la date de formation de la concrétion où l'isotope a été piégé. Le carbone 14 est utilisé jusqu'à 40 000 ans environ, l'uranium thorium jusqu'à 350 000/400 000 ans, l'oxygène 18 fournit essentiellement des datations concernant les paléotempératures.

Les méthodes indirectes mesurent des émissions par les objets étudiés après qu'ils ont été soit chauffés (thermoluminescence), soit soumis à un bombardement électromagnétique Cette dernière méthode permet des datations dépassant largement lLes méthodes d'analyses naturelles mettent à profit les propriétés des sédiments. Ainsi la mesure de l'aimantation des particules de fer piégées dans les sédiments indique leur polarité magnétique lors de leur cristallisation, ce qui permet de les situer dans l'échelle paléomagnétique terrestre et d'approcher leur âge.

Une autre méthode est la datation par palynologie. L'eau de concrétionnement contient des spores et des pollens qui peuvent être piégés et conservés dans les concrétions. Leur détermination précise l'environnement climatique et l'âge du dépôt si l'on dispose d'une échelle palynologique calée pour la région étudiée. Cette méthode, développée par Bruno Bastin, est limitée par la difficulté d'extraction des pollens et par leur faible concentration dans les concrétions.
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21 juin 2006 3 21 /06 /juin /2006 00:26
"Totalement inhumaine",
écrit par Jean-Michel Truong,
Les empêcheurs de penser en rond - 2001


L'espèce humaine est condamnée, à plus ou moins court terme.

JM Truong développe l'idée selon laquelle l'intelligence pourrait changer de support, et ne plus être l'appanage de l'organique : l'intelligence artificielle, dont l'essor a connu une progression fulgurante depuis la deuxième moitié du XXème siècle, pourrait bien être selon lui "le Successeur".

Avec force d'arguments, Truong signe un livre d'anticipation où la réalité a déjà pris le pas sur la science-fiction, depuis l'importance de l'informatisation et de l'automatisation jusqu'à l'explosion de la netéconomie.

L'étayage de sa démonstration fait preuve d'une large érudition, et le sérieux de son propos n'est jamais discrédité par l'humour souvent présent dans son écriture.
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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 00:27
"Peu importe que le prochain véhicule de la vie soit moins doué que nous, voire complètement débile.

Ce qui compte, c'est que, pour la première fois, il soit de nature non organique, que la vie, enfin découplée du carbone, reprenne sur de nouvelles bases, et qu'au cours de l'histoire ainsi recommencée puisse enfin sourdre une intelligence insensible aux injures du temps.

Un jour peut-être, cette conscience, se retournant sur son passé, à la recherche de ses origines, découvrira-t-elle que, quatorze milliards d'années après le Big Bang, sur une planète maintenant disparue d'une étoile éteinte de l'ancienne Voie lactée, se produisit une explosion de formes de vie à supports mous et à durée limitée, un pic soudain et furtif d'intelligence biodégradable, suivie d'une longue traversée du désert à l'issue de laquelle une intelligence rudimentaire, mais à vecteur incorruptible cette fois son ancêtre, émergea pour finalement saturer l'univers."


Jean Michel Truong
in "Totalement inhumaine"
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