L'origine de l'Homme, sa nature, son
essence
L'origine de l'Homme, sa nature, son
essence
Des gravures datant d'environ 25.000 ans avant notre ère ont été découvertes sur les parois d'une grotte à Vilhonneur près d'Angoulême (Charente), selon la préfecture de Charente et le ministère de la Culture.
Elles seraient donc beaucoup plus anciennes que celles de Lascaux : les fresques de la célèbre grotte de Dordogne, chef d'oeuvre de l'art préhistorique classé patrimoine mondial de l'Humanité, remontent à 17.000 ans avant JC.
Des experts sont attendus dans les jours prochains sur le site ... encore un peu de patience avant que de nouvelles données nous arrivent, ainsi que quelques reproductions.
La grande invention des hommes du Paléolithique supérieur, c'est l'art, l'art pariétal. Pour la première fois, les Hommes sont capables de dessiner, de graver, de sculpter et même de modeler. Ils le font d'abord dans de petites grottes, puis sur les parois des cavernes profondes. Ils représentent surtout des animaux, et exceptionnellement des silhouettes humaines. La découverte dans les gorges de l'Ardèche, le 18 décembre 1994, de la grotte Chauvet dont les peintures datent de 30 000 ans, démontre que dès l'origine l'Homme moderne a été au sommet de son art. Il avait déjà inventé des techniques pour rendre la perspective et le mouvement, il avait inventé le dégradé et l'estompage. On peut dire que le maître de la grotte Chauvet était déjà un grand maître de l'art.
Depuis la découverte à la fin du xixe siècle de l'art rupestre franco-cantabrique, diverses hypothèses sur la nature et les moyens d'application des colorants sur les parois des grottes ont été proposées. Les mélanges dans la composition des colorants, établis à partir de leur structure physique, confirment la maîtrise de la technique picturale.
Les colorants étaient des pigments minéraux naturels : l'ocre fournissait le jaune, le rouge et le brun ; le manganèse, le noir et le marron foncé, le kaolin, la couleur blanche, la limonite et l'hématite pour l'orange, le rouge et le bistre. Ces pigments étaient écrasés à l'aide de broyeurs de pierre dans les cavités naturelles de palettes elles aussi en pierre (plates ou rondes), d'ossements d'animaux chassés ou de coquilles marines. Les artistes se servaient d'eau ou de graisse d'origine animale ou végétale comme liant avant de peindre sur les parois.
La mise en place des peintures pariétales semble avoir été précédée et souvent complétée par la gravure. En ce qui concerne l'application des colorants, plusieurs moyens ont pu être utilisés simultanément ou successivement dans une même grotte : crayons d'ocré, pinceaux, doigt nu, tampons de fourrure, tubes ou cavité buccale utilisés comme vaporisateurs.
Les grottes ornées paléolithiques sont situées sur la façade atlantique de l'Eurasie ; toutefois il en existe quelques-unes dans l'aire méditerranéenne et jusque dans l'Oural. Dans le sud-ouest de la France, elles ont été découvertes en Dordogne, dans le Périgord, en Ariège, en Ardèche, dans la région de Marseille.
L'ensemble des thèmes figuratifs de l'art pariétal présente une certaine homogénéité. De toute évidence, les animaux ont joué un rôle considérable dans l'économie des chasseurs paléolithiques et leurs images ont dû alimenter les rêves comme elles ont inspiré les peintres et les graveurs. Mais l'hypothèse selon laquelle la raison d'être de ces peintures serait l'envoûtement des animaux figurés, pour s'en assurer la possession magique lors de la chasse, concerne moins de 10 % des représentations animales, celles qui les montrent transpercés par des flèches. L'art des cavernes n'est pas forcément en relation avec la chasse puisqu'à Lascaux, par exemple, les Hommes consommaient surtout du renne et qu'il n'y a qu'une seule peinture de renne : ce sont surtout des cerfs qui sont représentés. L'hypothèse d'un art en relation avec la fécondité est aussi impossible à soutenir : ni les figures féminines ni les animaux n'évoquent la reproduction ou l'enfantement.
L'étude de l'art pariétal paléolithique met en évidence son organisation ; rien n'est raconté ni explicité clairement, tout paraît symbolique et codé. Certains chercheurs y ont vu des pièges, des huttes, des armes, des blasons, en se fondant sur de vagues similitudes de formes et des coïncidences ethnographiques. Pour André Leroi-Gourhan, l'étude de leur répartition chronologique et topographique montre que les signes sont des symboles de caractère sexuel masculin et féminin. Les ovales, triangles et signes quadrangulaires sont autant de représentations plus ou moins abstraites de vulves. Les points et les bâtonnets sont des signes masculins, mais leur abstraction dépasse la simple analogie formelle. Ce qui est certain, c'est qu'il s'agit d'un code symbolique : liaisons préférentielles entre certaines espèces animales, relations électives entre les différents types de signes, composition en file, en paires, etc.
Les Hommes ont pu pénétrer à l'intérieur des cavernes grâce à des lampes creusées dans des pierres où devaient brûler des matières organiques (huiles, graisses). Ces lampes y ont souvent été retrouvées comme à La Mouthe, au Moustier ou à Lascaux. Dans ce dernier sanctuaire profond, les fouilles ont mis au jour une lampe façonnée en grès rosé et plus d'une centaine non façonnées en pierres brutes de calcaire local choisies à cause de leur petite dépression naturelle. Leur lueur devait être celle d'une bougie et créer une ambiance très particulière. Des expériences ont été faites avec des artefacts : à la lueur de ces flammes vacillantes on a l'impression fantastique de voir les animaux en mouvement.
Extrait de "L'Homme premier - Préhistoire, Evolution, Culture",
écrit par Henry de Lumley
Editions Odile Jacob - 1998
Voici quelques exemples de la qualité graphique des ancêtres de nos ancêtres les Gaulois ...
VISITE VIRTUELLE DE LA GROTTE
1 - LA ROTONDE. Une frise monumentale orne les parois de cette vaste salle, également baptisée salle des Taureaux. Le sol est recouvert de stalagmites et cloisonné de gours qui se remplissent d'eau à la moindre pluie. Les peintures, dont les teintes sont à dominante noire, atteignent jusqu'à 5 mètres de long, et certaines présentent des effets de perspective complexes. Flanqués de sept chevaux galopant, trois des cinq bovidés représentés se situent sur la paroi de gauche. Accompagnés de deux chevaux et d'une file d'aurochs rouges, deux autres de ces animaux se trouvent sur la paroi opposée. A l'intersection de ces deux panneaux, au-dessus de l'entrée du Diverticule, on peut voir un ensemble de petits cerfs témoignant d'une grande originalité graphique. Précédé par un animal fantastique portant deux cornes sur le front et appelé la «Licorne», un groupe de taureaux apparaît sur la gauche, tandis qu'à droite un petit ours peint en noir, et en partie dissimulé dans l'épais contour d'un immense taureau, demeure identifiable. De multiples signes énigmatiques (bâtons, traits parallèles) complètent les panneaux de cet ensemble de représentations en étroite symbiose avec leur support.
2 - LE DIVERTICULE AXIAL. Les compositions que renferme ce long couloir comptent parmi les plus remarquables de la grotte. Sur une douzaine de mètres, deux représentations se font face. À droite, un cerf marque l'entrée du diverticule. Puis une grande vache rouge fait face à un taureau noir, alors que dans l'espace les séparant apparaissent les célèbres «Chevaux chinois». Cette file de petits chevaux est placée au-dessous d'une vache couchée. Exécutée selon les techniques du tampon et de la peinture soufflée, la longue frise des cinq poneys constitue une suite étonnante. Deux bouquetins opposés l'un à l'autre terminent le panneau où les signes (bâtonnets, rectangles, ponctuations ou lignes parallèles), généralement couplés avec les animaux, sont omniprésents. Sur la paroi gauche du diverticule, quatre vaches et trois petits chevaux sont accompagnés de signes identiques. Plus loin, le diverticule se rétrécit et on retrouve, enroulé sur la paroi, un groupe bison-cheval dont les formes suivent le contour de la roche. Deux bouquetins, presque symétriques, s'y font face. Un bouquetin ocre, à la ligne dorsale et aux sabots ponctués de noir, s'efface sous deux vaches présentées en vis-à-vis. Un grand cheval jaillissant des profondeurs terrestres conclut le fameux diverticule. Pour peindre ces animaux et les signes qui les accompagnent sur les parois de calcaire blanc, les artistes durent ériger des échafaudages. Reposant en certains endroits du couloir à une j hauteur de 2 m, le plancher fut vraisemblablement édifié en bois de chêne : des macrorestes végétaux retrouvés à cet emplacement semblent en effet indiquer que c'est ce matériau qui fut employé pour leur édification. Devenu accessible, le plafond put ainsi être intégré au dispositif pariétal. Des vaches viennent y converger selon des axes ! de symétrie parfaitement élaborés. Les proportions I démesurées de ces aurochs, ancêtres directs de nos j bœufs domestiques, leur savant détourage, leurs yeux étonnamment expressifs sont autant de traits raffinés qui appartiennent en propre au «grand maître de Lascaux».
3 - LE PASSAGE. Il permet de relier la Rotonde a la Nef. Ce couloir de 2 à 4 mètres de largeur a subi de fortes dégradations dues à l'érosion naturelle. Des traces de peintures représentant des pattes d'animaux et de nombreuses gravures subsistent cependant vers le bas de la paroi et dans les parties concrétionnées.
4.1 - L'ABSIDE. Un seul regard panoramique suffit à embrasser toutes les fresques qu'elle abrite. Petite salle circulaire, l'Abside recueille plus d'un millier de représentations gravées et peintes, du ras du sol au centre du plafond. Les gravures se touchent ou se superposent pour la plupart, parfois dans un enchevêtrement inextricable. On y retrouve tous les animaux figurant dans le reste de la grotte, auxquels s'ajoutent un renne, difficile à identifier, un bœuf, et un personnage curieux baptisé le «petit sorcier». Les grands herbivores (aurochs, bisons...) sont représentés en bas, les taureaux, les chevaux, les cerfs et les biches à mi-hauteur, et des chevaux sont peints sur le plafond.
4.2 - LA SCENE DU PUIT. Situé en contrebas de l'Abside, le Puits a une profondeur de 5 mètres. C'est à l'aide de cordes, dont un fragment a été retrouvé, que les artistes magdaléniens y descendaient. Ils assemblaient ensuite des échafaudages et les étais nécessaires à leur consolidation. A sa base, on remarque un groupe fameux : un rhinocéros et, derrière lui, un homme à tête de chocard (celle d'un oiseau), les bras tendus, renversé par la charge d'un bison au ventre percé d'une sagaie. À ses côtés apparaît une figure décorée d'une tête d'oiseau identique à la sienne. Cette composition associe trois thèmes figuratifs rares (homme-oiseau-rhinocéros), généralement absents du dispositif pariétal supérieur, où le bison est peu représenté. Cette manifestation allégorique est des toutes premières scènes mettant l'homme en action et la seule évocation directe d'une scène de chasse. L'ébauche d'un cheval raide au trait épais et à la crinière ébouriffée occupe l'étage inférieur du Puits.
5 - LA NEF. Dans ce long couloir débutant à gauche de l'Abside, le relevé des figurations présente quelques difficultés. Peintures et gravures se mélangent en se concentrant principalement sur la paroi gauche, la plus accessible. On y reconnaît pourtant divers signes propres à Lascaux, les fameux «blasons» ou «damiers» peints en rouge, jaune et noir. L'expression graphique de la «frise des Cervidés» franchissant la rivière, demeure l'une des plus fascinantes qui soit. Est-ce une harde de cerfs nageant en ordre vers la rive opposée ou un seul cerf croqué aux stades successifs de sa progression et dressant la tête vers l'arrivée ? Cette organisation scénique constitue en tout cas une savante décomposition du mouvement, première version en quelque sorte du dessin animé.
6 - LE CABINET DES FÉLINS. Dans ce diverticule final du réseau sont concentrés six félins gravés. Longue de 25 mètres et étroite d'environ 1 mètre, cette galerie contient aussi plusieurs vestiges de peinture d'animaux, notamment un cheval et un bison, et de nombreux signes quadrangulaires, six points alignés deux par deux, une croix et trois bâtonnets rappelant curieusement le chiffre XIII.
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