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 L'origine de l'Homme, sa nature, son essence

 

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 08:00

L'homme moderne n'aurait jamais coexisté avec son ancêtre Homo erectus, qui serait beaucoup plus ancien que ce que l'on croyait jusqu'à présent, selon des travaux scientifiques, publiés mercredi 29 juin, qui apportent un nouvel éclairage sur la nature de l'évolution humaine.

Homo erectus est considéré comme un ancêtre direct d'Homo sapiens (ou "homme moderne"). Il lui ressemblait sous de nombreux aspects, à l'exception du cerveau, qui était plus petit et de la forme du crâne.

LES MYSTÈRES DE L'ÎLE DE JAVA

Homo erectus a été le premier de nos lointains cousins à émigrer hors de l'Afrique, il y a 1,8 million d'années. Il s'est éteint sur le continent africain et une grande partie de l'Asie il y a 500 000 ans, mais il semblait avoir survécu jusqu'à une période allant de 50 000 à 35 000 ans avant notre ère sur le site de Ngandong, sur les rives du fleuve Solo, dans l'île de Java en Indonésie.

Le dernier Homo erectus aurait ainsi pu partager ces lieux avec les premiers membres de notre espèce, Homo sapiens, dont l'arrivée en Indonésie remonte à 40 000 ans. Les dernières datations sur lesquelles s'appuyait cette hypothèse avaient été effectuées en 1996 sur des dents d'animaux et des restes fossilisés d'hominidés.

Toutefois, le fait que les dents fossilisées d'animaux soient mélangées dans les couches de sédiments avec des fossiles d'hominidés beaucoup plus anciens avait suscité des interrogations quant à l'âge réel de celles-ci.

Depuis 2004, une équipe internationale d'anthropologues, codirigée par Etty Indriati, de l'université Gadjah Mada, en Indonésie, et par Susan Anton, de l'université de New York, a conduit le projet Solo River Terrace (SORT) et fait de nouvelles analyses en recourant à différentes méthodes de datation.

"ORIGINE MULTIRÉGIONALE"

Les chercheurs ont déterminé que les fossiles d'hominidés, les dents d'animaux et les sédiments sur ces sites dataient tous de la même époque. Quelles que soient les méthodes utilisées, elles donnent un âge maximum et un âge minimum qui, dans les deux cas, remontent à une période plus ancienne que la datation des premiers fossiles d'Homo sapiens découverts en Indonésie.

De ce fait, "les homo erectus n'ont probablement jamais coexisté dans cet habitat avec les humains modernes", souligne Etty Indriati. Les analyses menées dans le projet SORT laissent penser que Homo erectus s'est éteint il y a 143 000 ans au plus tard et, plus généralement, il y a 550 000 ans.

 

Une coexistence d'Homo erectus et des humains modernes aurait conforté la théorie selon laquelle ces derniers auraient remplacé leurs ancêtres au cours de l'évolution. En revanche, le second modèle dit "d'origine multirégionale" (suivi par le projet SORT) tend à montrer que les humains modernes seraient issus de multiples contributions génétiques de différents groupes d'hominidés ayant vécu en Afrique, en Asie et en Europe.

 

 

Source : Le Progrès.fr

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Published by Homo Sapiens - dans Les Ancêtres
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metamag.fr 11/07/2011 12:49


QUOI DE NEUF NEANDERTAL ?

Toujours beaucoup d’incertitudes que les cinéastes auront du mal à rendre
Posté par: Jean Aurel de www.metamag.fr


Le dernier Dossier d’archéologie (n°345, mai-juin) est encore consacré à la question récurrente de « l’Homme de Néandertal », sous le titre « Néandertal réhabilité ». Deux articles y abordent les
possibles croisements avec « l’Homme moderne ».

Jean-Jacques Hublin, de l’Institut Max Planck d’anthropologie de l’évolution, de Leipzig, en reprend les points essentiels, dans l’article «L’homme de Néandertal, biologie et génétique». Ainsi,
écrit-il : « la lignée néandertalienne s’est développée dans l’Ouest de l’Eurasie au cours des derniers 400 000 ans. Tout au long de cette période, on assiste, dans les populations européennes, à
l’accentuation plus ou moins régulière de caractères particuliers, qui ont surtout été décrits sur le crâne, le mandibule et la denture… Notre ancêtre commun avec les Néandertaliens est un homme au
cerveau relativement grand et dont le volume a continué à augmenter dans les deux espèces…»

Quand se serait effectuée la séparation? « Les premières études de paléogénétique ont surtout apporté des informations sur l’histoire évolutive des Néandertaliens, confirmant notamment une
séparation d’avec nos ancêtres directs il y a environ un demi-million d’années.»

Le tableau de Jean Jacques Hublin, qui s’en tient lui à l’hypothèse « Out of Africa », montre cette souche, commune aux Néandertaliens et aux « Homo Sapiens Sapiens », entre – 700 000 et – 450 000.
Il la nomme « Homo rhodesiensis », mais se réfère aussi à « l’Homo heidelbergensis » qui, lui, nous renvoie à l’hypothèse multi-régionale, défendue notamment par Yves Coppens. « La lignée
néandertalienne a évolué en Europe pendant environ 400 000 ans. A certaines époques, elle a aussi peuplé le Proche- Orient, l’Asie Centrale et même le sud de la Sibérie »


Que s’est-il passé entre – 100 000 et – 60 000 ?


« Un des points qui a eu le plus de retentissement médiatique a été l’indication d’un faible flux génétique entre Néandertaliens et hommes modernes (de l’ordre de 2, 5 %). Les chiffres produits par
les paléogénéticiens pour le couple hommes modernes/Néandertaliens viennent, en fait, battre en brèche l’idée d’un mélange massif, prôné par quelques uns. C’est bien un remplacement génétique,
presque total, qui a eu lieu ».

Il n’y aurait donc de Néandertal en nous « qu’une minuscule part du génome échangée… » Or, « cette « trace néandertalienne » est observée hors d’Afrique, dans l’ouest de l’Eurasie, mais aussi dans
des régions où l’homme de Néandertal n’a jamais vécu ».

Jean Jacques Hublin, pour rendre compte de cette distribution, envisage que le phénomène s’est produit au début de l’expansion des hommes modernes (hors d’Afrique, selon sa thèse Out of Africa, ou
hors d’ailleurs selon la perspective multi-régionale). « Au Proche Orient, les hommes modernes auraient rencontré des groupes de néandertaliens et les traces de ce contact initial auraient ensuite
été exportés partout en Europe ». Donc entre – 100 000 et – 60 000 ans.

Dans son article « Y avait-il une espèce néandertalienne?», Milfod H Wolpoff, professeur au département d’anthropologie à l’université du Michigan, note : « En 1939, une monographie d’importance
capitale fut publiée sur les anciennes sépultures humaines des grottes du Mont Carmel dans le Levant, en Asie occidentale… Certains spécimens pouvaient être considérés comme des hommes de
Néandertal, et d’autres comme des hommes modernes (ou Cro-Magnons)… D’où « l’hypothèse que l’homme de Néandertal était l’ancêtre de l’homme moderne… Théodosius Dobzhansky…en 1944….interpréta la
variation du Mont Carmel comme le résultat du métissage entre populations néandertaliennes et modernes… »

L’Europe cas à part

Toutefois, « ce n’est pas le cas en Europe, où tous les Néandertaliens identifiables sont plus anciens que les hommes modernes ». En Europe, des questions se posent donc.

Ainsi, « deux spécimens transitoires furent mis en évidence sur des sites récents comme celui de Spy (Belgique) et Saint Césaire (Charente maritime), vieux d’environ 36 000 ans. Exemples des
derniers Néandertaliens évoluant vers des Européens plus modernes ? Ou de Néandertaliens métissés avec des populations entrant en Europe ?»

Même questionnement sur « une ascendance double pour les premiers hommes modernes d’Europe centrale de la grotte Mladec, en République Tchèque » (- 31 000 ans).

Cependant, Milford H Wolpoff fait remonter le processus beaucoup plus tôt dans le temps. Il évoque « un ancien allèle -variante d’un gène résultant d’une mutation héréditaire- et provenant d’un
peuple archaïque… ». Il se réfère, pour cela, à l’exemple de Denisova ( Sibérie ), découvert en 2010, daté de – 40 000 ans , mais, «lignage différent de l’homme de Néandertal», qui continue une
lignée bien plus ancienne, remontant à des hommes archaïques, ancêtres de l’homme moderne, voici un million d’années. «On estime que ces populations anciennes, combinées avec les Néandertaliens,
constituent environ 8% de l’ascendance des hommes modernes».

Et là, la théorie multirégionale, évoquant des mouvements de populations, il y a plus de 2 millions d’années, d’Afrique, mais aussi d’Asie, vers l’Europe et d’Europe vers l’Asie (dossier de
Sciences et Avenir de juin 2011 étudié dans ces colonnes), suggère un foisonnement lointain qui, d’une découverte à l’autre, fait rebondir hypothèses et interrogations, et bouscule incessamment les
certitudes.

http://metamag.fr/metamag-313-QUOI-DE-NEUF-NEANDERTAL---Toujours-beaucoup-d%E2%80%99incertitudes-que-les-cineastes-auront-du-mal-a-rendre.html


Homo Sapiens 26/08/2011 18:40



Merci de ce point de vue éclairé et étayé.
A bientôt sur le blog "genre.homo"