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 L'origine de l'Homme, sa nature, son essence

 

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2 mars 2006 4 02 /03 /mars /2006 11:29

 

Voici quelques exemples de la qualité graphique des ancêtres de nos ancêtres les Gaulois ...


"Les signes abstraits parsemant les frises d'animaux de Lascaux sont des 'symboles' - que pourraient-ils être d'autres ? Les images des animaux elles-mêmes étaient manifestement, aux yeux des hommes de Cro-magnon qui les ont peintes, plus que de simples représentations ; elles étaient aussi empreintes des tonalités du monde complexe de l'esprit. Nous ne saurons jamais avec certitude quel en était le contexte mythologique ; mais il est évident  que même la façon superbe dont les hommes de Cro-magnon ont peint les animaux avec lesquels ils partageaient le monde devaient avoir une importance symbolique qui dépassait la simple description zoologique"
 
Extrait de
Ian Tattersall in l'émergence de l'homme p.204










VISITE VIRTUELLE DE LA GROTTE





1 - LA ROTONDE. Une frise monumentale orne les parois de cette vaste salle, également baptisée salle des Taureaux. Le sol est recouvert de stalagmites et cloisonné de gours qui se remplissent d'eau à la moindre pluie. Les peintures, dont les teintes sont à dominante noire, atteignent jusqu'à 5 mètres de long, et certaines présentent des effets de perspective complexes. Flanqués de sept chevaux galopant, trois des cinq bovidés représentés se situent sur la paroi de gauche. Accompagnés de deux chevaux et d'une file d'aurochs rouges, deux autres de ces animaux se trouvent sur la paroi opposée. A l'intersection de ces deux panneaux, au-dessus de l'entrée du Diverticule, on peut voir un ensemble de petits cerfs témoignant d'une grande originalité graphique. Précédé par un animal fantastique portant deux cornes sur le front et appelé la «Licorne», un groupe de taureaux apparaît sur la gauche, tandis qu'à droite un petit ours peint en noir, et en partie dissimulé dans l'épais contour d'un immense taureau, demeure identifiable. De multiples signes énigmatiques (bâtons, traits parallèles) complètent les panneaux de cet ensemble de représentations en étroite symbiose avec leur support.

2 - LE DIVERTICULE AXIAL. Les compositions que renferme ce long couloir comptent parmi les plus remarquables de la grotte. Sur une douzaine de mètres, deux représentations se font face. À droite, un cerf marque l'entrée du diverticule. Puis une grande vache rouge fait face à un taureau noir, alors que dans l'espace les séparant apparaissent les célèbres «Chevaux chinois». Cette file de petits chevaux est placée au-dessous d'une vache couchée. Exécutée selon les techniques du tampon et de la peinture soufflée, la longue frise des cinq poneys constitue une suite étonnante. Deux bouquetins opposés l'un à l'autre terminent le panneau où les signes (bâtonnets, rectangles, ponctuations ou lignes parallèles), généralement couplés avec les animaux, sont omniprésents. Sur la paroi gauche du diverticule, quatre vaches et trois petits chevaux sont accompagnés de signes identiques. Plus loin, le diverticule se rétrécit et on retrouve, enroulé sur la paroi, un groupe bison-cheval dont les formes suivent le contour de la roche. Deux bouquetins, presque symétriques, s'y font face. Un bouquetin ocre, à la ligne dorsale et aux sabots ponctués de noir, s'efface sous deux vaches présentées en vis-à-vis. Un grand cheval jaillissant des profondeurs terrestres conclut le fameux diverticule. Pour peindre ces animaux et les signes qui les accompagnent sur les parois de calcaire blanc, les artistes durent ériger des échafaudages. Reposant en certains endroits du couloir à une j hauteur de 2 m, le plancher fut vraisemblablement édifié en bois de chêne : des macrorestes végétaux retrouvés à cet emplacement semblent en effet indiquer que c'est ce matériau qui fut employé pour leur édification. Devenu accessible, le plafond put ainsi être intégré au dispositif pariétal. Des vaches viennent y converger selon des axes ! de symétrie parfaitement élaborés. Les proportions I démesurées de ces aurochs, ancêtres directs de nos j bœufs domestiques, leur savant détourage, leurs yeux étonnamment expressifs sont autant de traits raffinés qui appartiennent en propre au «grand  maître de Lascaux».

3 - LE PASSAGE. Il permet de relier la Rotonde a la Nef. Ce couloir de 2 à 4 mètres de largeur a subi de fortes dégradations dues à l'érosion naturelle. Des traces de peintures représentant des pattes d'animaux et de nombreuses gravures subsistent cependant vers le bas de la paroi et dans les parties concrétionnées.

4.1 - L'ABSIDE. Un seul regard panoramique suffit  à embrasser toutes les fresques qu'elle abrite. Petite salle circulaire, l'Abside recueille plus d'un millier de représentations gravées et peintes, du ras du sol au centre du plafond. Les gravures se touchent ou se superposent pour la plupart, parfois dans un enchevêtrement inextricable. On y retrouve tous les animaux figurant dans le reste de la grotte, auxquels s'ajoutent un renne, difficile à identifier, un bœuf, et un personnage curieux baptisé le «petit sorcier». Les grands herbivores (aurochs, bisons...) sont représentés en bas, les taureaux, les chevaux, les cerfs et les biches à mi-hauteur, et des chevaux sont peints sur le plafond.

4.2 - LA SCENE DU PUIT. Situé en contrebas de l'Abside, le Puits a une profondeur de 5 mètres. C'est à l'aide de cordes, dont un fragment a été retrouvé, que les artistes magdaléniens y descendaient. Ils assemblaient ensuite des échafaudages et les étais nécessaires à leur consolidation. A sa base, on remarque un groupe fameux : un rhinocéros et, derrière lui, un homme à tête de chocard (celle d'un oiseau), les bras tendus, renversé par la charge d'un bison au ventre percé d'une sagaie. À ses côtés apparaît une figure décorée d'une tête d'oiseau identique à la sienne. Cette composition associe trois thèmes figuratifs rares (homme-oiseau-rhinocéros), généralement absents du dispositif pariétal supérieur, où le bison est peu représenté. Cette manifestation allégorique est des toutes premières scènes mettant l'homme en action et la seule évocation directe d'une scène de chasse. L'ébauche d'un cheval raide au trait épais et à la crinière ébouriffée occupe l'étage inférieur du Puits.

5 - LA NEF. Dans ce long couloir débutant à gauche de l'Abside, le relevé des figurations présente quelques difficultés. Peintures et gravures se mélangent en se concentrant principalement sur la paroi gauche, la plus accessible. On y reconnaît pourtant divers signes propres à Lascaux, les fameux «blasons» ou «damiers» peints en rouge, jaune et noir. L'expression graphique de la «frise des Cervidés» franchissant la rivière, demeure l'une des plus fascinantes qui soit. Est-ce une harde de cerfs nageant en ordre vers la rive opposée ou un seul cerf croqué aux stades successifs de sa progression et dressant la tête vers l'arrivée ? Cette organisation scénique constitue en tout cas une savante décomposition du mouvement, première version en quelque sorte du dessin animé.

6 - LE CABINET DES FÉLINS. Dans ce diverticule final du réseau sont concentrés six félins gravés. Longue de 25 mètres et étroite d'environ 1 mètre, cette galerie contient aussi plusieurs vestiges de peinture d'animaux, notamment un cheval et un bison, et de nombreux signes quadrangulaires, six points alignés deux par deux, une croix et trois bâtonnets rappelant curieusement le chiffre XIII.

 

 


UN ÉCHAFAUDAGE PRÉHISTORIQUE
Les artistes magdaléniens ne pouvaient atteindre le plafond du Diverticule axial, trop élevé. Creusant des séries de trous dans la paroi, à environ 2 mètres au-dessus du sol, ils y enfoncèrent des solives en chêne, dont on a retrouvé des fragments. Ils purent ainsi dresser un plancher presque horizontal, sur lequel ils peignaient debout. Dans la Rotonde et dans l'Abside, ils ont sans doute utilisé des échafaudages plus légers ou des échelles de perroquet.

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Published by Homo Sapiens - dans Art Préhistorique
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