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 L'origine de l'Homme, sa nature, son essence

 

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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 12:00
L'art du paléolithique supérieur compte un grand nombre de bâtons phalliques entièrement taillés dans la roche. Un double bâton, provenant de la gorge d'Enfer, est clairement constitué de deux pénis qui forment un angle (exactement comme les « doubles » godemichés aujourd'hui). Malheureusement, ces bâtons ont souvent été publiés sans la mention précise de toutes leurs dimensions. Contrairement à leur interprétation symbolique, il est donc difficile de se prononcer sur leur éventuelle utilisation, mais, globalement, ces bâtons présentent la même gamme de tailles que les godemichés modernes.

Compte tenu de la taille, de la forme et, dans de nombreux cas, du symbolisme explicite des bâtons de l'âge glaciaire, on voit mal comment on pourrait décemment refuser l'interprétation la plus évidente et la plus
gorge-enfer.jpg simple. C'est pourtant ce qu'on a fait. Ces objets phalliques ont tour à tour été considérés comme des objets rituels, des bâtons de commandement, des propulseurs de flèches - ou de lance (quand il y a un trou à la base ou, comme sur le double bâton de la gorge d'Enfer, à la jonction des deux pénis). Pourtant, dans la majorité des cas, la possibilité qu'ils aient été utilisés pour une pénétration vaginale, anale ou orale ne fait aucun doute. On peut très bien s'être servi du «bâton» de Dolni Vëstonice - dans lequel Absolon voit une figuration féminine abstraite - comme d'un godemiché à poignée. Et deux femmes peuvent, sans problème, avoir utilisé le double « bâton » de la gorge d'Enfer pour une pénétration vaginale ; d'autres configurations sont également envisageables, et on peut imaginer qu'une sorte de courroie était glissée dans la cavité située à l'extrémité inférieure

Je ne suis pas en train de dire que ces artefacts sont nécessairement des «jouets» sexuels, c'est-à-dire des objets d'amusement (même si je ne vois pas pourquoi cette hypothèse devrait d'emblée être rejetée). Si l'adjectif rituel confère une quelconque crédibilité, alors on peut envisager une défloration rituelle ; c'est une pratique fréquente dans un grand nombre de sociétés du monde entier. D'ailleurs, même si ces bâtons ont eu une autre fonction réelle ou prétendue, leurs dimensions et leur symbolisme n'excluent pas une utilisation sexuelle. À ma connaissance, la présence ou l'absence de godemichés dans de nombreuses cultures n'a pas été systématiquement répertoriée, mais ceux-ci sont probablement répandus dans l'histoire humaine.

L'insertion d'objets dans le vagin en vue du plaisir sexuel a été observée chez les primates à l'état sauvage. Il est probable que cette pratique ait accompagné notre propre évolution et les débuts de la culture, même si on considère généralement que les premières représentations attestant l'utilisation de godemichés se trouvent sur les poteries grecques du Ve et du IVe siècle av. J. C. Or il se pourrait bien qu'il existe un exemple d'utilisation datant de l'époque glaciaire.


Extrait de "La préhistoire du sexe"
Timothy Taylor

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Published by Homo Sapiens - dans genre.homo
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