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 L'origine de l'Homme, sa nature, son essence

 

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9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 10:58

Qu'est-ce que l'homme ?

 

Selon la formule dévastatrice de Platon, c'est « un animal à deux pieds sans plumes». Un poulet peu poilu... J'ajoute : un ravageur imprévoyant; un destructeur invétéré; un saccageur qui n'a d'autre préoccupation que son intérêt immédiat ; une espèce violente envers les autres comme envers elle-même; un danger pour tout ce qui respire. L'homme est un barbare à deux pieds sans plumes... Paul Gauguin demandait, dans un fameux tableau : D'où venons-nous? Que sommes-nous? Où allons-nous ? Ces questions sont à la fois biologiques, écologiques, historiques, sociologiques, économiques, éthologiques, philosophiques, voire métaphysiques. Mais, d'abord, vaniteuses et drolatiques. Aux yeux du philosophe qui n'a jamais entretenu d'illusions, ou du moraliste qui a perdu toutes les siennes, l'homme est un poulet à deux pieds sans plumes qui descend des bactéries et qui y retourne après avoir saccagé le poulailler. Sauf miracle... Mais, je le rappelle, un miracle est un événement que tout le monde attend pour conjurer la catastrophe, et qui n'arrive jamais. Qu'est-ce que l'homme ? Pour Alexandre Vialatte, « un animal à chapeau mou qui attend l'autobus 27 au coin de la rue de la Glacière » ; pour Philippe Val, de Charlie Hebdo, «un animal qui aime le foot». Pour Aristote, il s'agit d'un être politique et qui parle. Les scolastiques y voient un animal doué de raison. Pour Rabelais, son propre est le rire. Pour Descartes, c'est la pensée (le cogito). Pour Hobbes, « l'homme est un loup pour l'homme ». Pour Kant, il incarne celui qui juge. Pour Marx, celui qui travaille. Pour Bergson, celui qui crée... Pour Freud, il est affublé d'un inconscient et de divers complexes ridicules. Pour le sociologue, il est grégaire comme le termite et le rat. Pour les religions monothéistes, c'est la seule créature à laquelle Dieu ait offert une âme immortelle. Pour la Bible, l'Éternel Ta même conçu à son image. Si c'est le cas (ô paradoxe !), l'Éternel a entamé son suicide; en lançant : « Dieu est mort ! », Nietzsche n'a fait qu'anticiper.

 

Extrait de « L'humanité disparaitra, bon débarras ! »
Yves Paccalet, Arthaud, 2006

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Published by Homo Sapiens - dans Lectures
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