L'origine de l'Homme, sa nature, son essence

 

Jeudi 13 septembre 2007
L'observation du comportement sexuel dans la nature montre bien que la sexualité animale est flexible. Les bonobos qui vivent au centre du Zaïre sont peut-être les grands singes les plus intéressants à cet égard. On a commencé à en parler il y a peu de temps seulement, sans doute parce que leur comportement remet en cause l'idée selon laquelle la domi-nance des mâles est naturelle et universelle dans les sociétés des primates comme des humains. Les observateurs ont souvent cherché à comparer les hommes aux chimpanzés et aux gorilles. Nous sommes à l'évidence liés par l'évolution à ces deux singes, mais ils sont plus proches l'un de l'autre que chacun l'est de nous. Cependant, il n'existe pas qu'un seul type de chimpanzé. Les bonobos, qu'on appelle aussi chimpanzés nains (bien qu'ils ne soient pas plus petits que les autres), forment une espèce distincte qui marche plus redressée et a un squelette moins « spécialisé ». En fait, ils représentent les équivalents vivants les plus proches des premiers australopithèques d'il y a quatre millions d'années.

Mais les théories de l'évolution ont aussi ignoré longtemps les bonobos - selon Alison Jolly et d'autres chercheurs - pour des raisons qui tiennent à notre puritanisme sexuel. « La promiscuité sexuelle des chimpanzés nains est telle qu'elle fait ressembler Sodome et Gomorrhe à un thé chez un clergyman. » Les bonobos consacrent en effet la plupart de leur temps au sexe. À côté des activités hétérosexuelles entre adultes, les femelles s'adonnent à force frottements génitaux entre elles (ce qu'on appelle tribadisme chez les humains). Les mâles se livrent à des « joutes de pénis » et se frottent le postérieur, dos à dos. Mais ce qui est le plus choquant pour nous, c'est qu'adultes et enfants font l'amour ensemble. En fait, les petits sont souvent initiés par leur mère - le seul tabou s'observe entre mères et fils de plus de six ans. Le sexe est, d'après certains chercheurs, une composante naturelle de l'enfance chez les bonobos, et il va de pair avec les jeux et les soins qui accompagnent la croissance. Le sexe chez les bonobos paraît être une activité rapide, fonctionnelle et décontractée qui sert de ciment social.

Je ne veux nullement dire que les bonobos fournissent un modèle de ce que devrait être la sexualité humaine - que, malgré les contraintes sociales, nous devrions tous nous comporter davantage comme des bonobos. Simplement, ils nous invitent à imaginer de façon plus ouverte les comportements sexuels de nos lointains ancêtres. En termes physiques, il n'y a en fait rien que les bonobos fassent que les humains ne fassent pas parfois.


Extrait de "La préhistoire du sexe"
Timothy Taylor
par Homo Sapiens publié dans : genre.homo
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Mercredi 12 septembre 2007
Lundi 19 Septembre 2005
Séquençage du génome du chimpanzé : Histoire d'hommes avec Yves Coppens



Marie-Odile Monchicourt : La revue 'Nature' a fait paraître le 1er septembre dernier un article annonçant l'aboutissement du séquençage du génome du chimpanzé. C'est un évènement de toute première importance pour vous Yves Coppens qui vous interogez sur nos origines ?

Yves Coppens : De toute première importance parce que comme chacun sait les êtres qui sont inconstestablement les plus proches de l'homme aujourd'hui sont les chimpanzés. Donc nous savions que les chimpanzés et nous avions un ancêtre commun que l'on situait en Afrique tropicale aux alentours de 8 à 10 millions d'années. Alors il était important d'apprendre à lire le génome c'est à dire tout l'appareil génétique du chimpanzé pour voir en quoi notre cousin le plus proche nous ressemblait ou différait de nous.

L'homme comme on s'en souvient a été séquencé en 2001 donc on connait bien aujourd'hui la carte génétique de l'homme et voilà le chimpanzé en 2005. Alors il faut dire que quand même, à chaque fois, c'est la lecture de trois milliards de nucléotides c'est à dire de petits éléments qui forment la carte génétique de chacun.

MOM.: rappelons que la molécule d'ADN qui se situe au coeur de chacune de nos cellules est composé d'une succession de quelques 3 milliards de petits éléments de quatre natures différentes qui ont une lettre initiale ATG et C et séquencer le génome c'est connaître l'ordre de distribution de ces nucléotides. Cette distribution est extrêmement importante parce qu'il suffit d'un nucléotide en moins ou placé ailleurs pour qu'il y ait maladie génétique ou mutation.

YC.: et sur ces trois milliards on a noté 40 millions de nucléotides différents... il y en a 35 millions qui sont différents et 5 millions qui sont des insertions ou des délétions c'est à dire ces cassures ou ces recollages que l'on connait bien en génétique. Alors évidemment c'est une première lecture c'est à dire que c'est un point de départ une base tout à fait extraordinaire pour faire des comparaisons, mais maintenant il faut tenter de comprendre l'implication de chaque nucléotide dans ses différente fonctions ou pas, d'ailleurs, car certaines de ces bases sont passives.




Source : France Info
par Homo Sapiens publié dans : genre.homo
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Vendredi 7 septembre 2007

Le 19 juillet 2001, l'équipe franco-tchadienne de Michel Brunet met au jour le crâne fossile du plus ancien ancêtre de l'espèce humaine connu à ce jour. On le connait sous le nom de Toumaï (espoir de vie), ou Sahelanthropus Tchadensis (l'Homme du Tchad Sahélien). Il est estimé à un âge de 7 millions d'années.

Alain Beauvilain était présent ce jour là, et il nous raconte, avec force détails, les difficultés inhérentes au travail de fouille dans le désert, avec ses températures extrêmes, ses tempêtes de sable et ses nombreux pièges. Mais après la trouvaille, ce sont tous les enjeux personnels ou collectifs qui s'agitent autour de ce précieux trésor.

Le ton monocorde du récit manque parfois de rythme, mais est à coup sûr une bonne représentation du travail fastidieux que nécessite un chantier de fouille de cette envergure ; voilà pour une fois un livre qui relate non pas la vie du fossile retrouvé, mais celle des Hommes qui ont exhumé ce témoin silencieux d'une vie lointaine et pourtant si directement liée à la nôtre.



Toumaï, l'aventure humaine
Alain Beauvilain
Editions de La Table Ronde, 2003

par Homo Sapiens publié dans : Lectures
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