L'origine de l'Homme, sa nature, son essence

 

Samedi 17 mai 2008
La grotte Cosquer est située au cap Motgiou, dans le massif des Calanques (bancs de calcaire urgo-nien) entre Marseille et Cassis. Elle a été partiellement ennoyéc lors du maximum de la régression wiir-mienne. Découverte en 1985, elle a été officiellement déclarée en 1991 et classée Monument historique la même année. En 1991, 1992 et 1994, des campagnes d'expertise ont été réalisées sous la responsabilité de J. Courtin. À partir de 2001, un nouveau programme a été engagé visant à établir une topographie précise et à en réviser le corpus sous la responsabilité de L. Vanrell, avec la participation scientifique de J. Courtin et J. Glottes. Cette cavité où l'on pénètre par un boyau long de 150m, actuellement immergé à 35 m de profondeur, se compose de deux salles principales. Entre 1991 et 1998, vingt-sept datations par le radiocarbone ont été réalisées sur des charbons de bois. Elles permettent d'identifier deux périodes principales de fréquentation ; environ 27 000 BP (Gravettien) et environ 19000BP(Salpêtrien).

486 représentations ont été recensées, dont une gravure au sol. On comptabilise 177 animaux, 1 humain, 65 mains négatives ou positives, 20 figures indéterminées et 216 signes. Les animaux sont représentés par onze espèces : chevaux, aurochs, bisons, cerfs, mégacéros, bouquetins, chamois, félin, saïga, phoques, pingouins.

Les trois principales espèces figurées sont le cheval (63 exemplaires), les caprines, rupicaprinés et antilopiné (bouquetins, chamois, antilope saïga) sont au nombre de 33, les bovines (bisons, aurochs et autres) sont au nombre de 24, les cervidés (cerfs et mégacéros) comptent 17 exemplaires.

Au cortège classique des animaux terrestres s'ajoutent ici des animaux marins, en 16 exemplaires : 3 pingouins, 9 phoques, 4 poissons et 20 "méduses". Les autres animaux sont peu nombreux : une tête de félin et trois animaux composites (cheval-élan, cheval-bison).

Les 216 signes géométriques répertoriés sont des rectangles, des signes empennés, des signes entrecroisés, des signes à traits convergents multiples...

Parmi les motifs humains, les empreintes de mains positives ou négatives occupent une place prépondérante. Elles se localisent uniquement sur les parois est de la cavité. Outre le phallus gravé découvert en 1994, d'autres symboles sexuels, masculins ou féminins, sont présents dans la grotte.

Enfin, la figure de « l'homme tué » (homme-phoque), transpercé par un long projectile empenné est une des figures emblématiques de cet ensemble pariétal. Le passage de l'homme préhistorique est également attesté par de nombreux mouchages de torches, des foyers au sol, une boulette d'argile et des pièces lithiques n'ayant pas, semble-t-il, servi à l'exécution des motifs gravés.

Interprété comme un sanctuaire, ce lieu privilégié et limité d'accès n'est pas considéré comme un habitat. Ici, point de déchets culinaires des animaux chassés et consommés, mais simplement leur image - représentations à haute fonction symbolique.

 
La grotte Cosquer en images

 

Extrait de "Les grands découvertes en préhistoire dans la régioin Provence-Alpes-Côte d'Azur"
Xavier DELESTRE - Jacques BUISSON-CATIL

Ministère de la Culture et de la Communication
Edisud

2006

 

Par Homo Sapiens - Publié dans : genre.homo
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Jeudi 15 mai 2008

Le site de Terra Amata, près de Nice (06, France) se trouve sur les pentes occidentales du mont Boron. C'est à la suite d'importants travaux de terrassement que des fouilles de sauvetage furent organisées de janvier à juillet 1966 sous la direction d'Henry de Lumley. Le gisement s'étendait sur environ 120 m2 et présentait une succession de niveaux riches en matériel archéologique et en structures d'habitat (cabane, foyers...).

La séquence stratigraphique du gisement, épaisse d'environ 10 m, se compose en particulier d'une succession de trois plages fossiles (A, B, Cl) surmontées chacune par des dépôts éoliens.

Le matériel archéologique provient du complexe stratigraphique Cl (daté d'environ 380 000 ans).

L'outillage lithique des différents niveaux archéologiques est attribué à l'Acheuléen. Il compte de nombreux outils sur galets, pour la plupart en calcaire (choppers, galets à enlèvement isolé, chopping-tools, pics et quelques bifaces), mais aussi en quartzite, silex et même rhyolitc. Ces matériaux auraient essentiellement été prélevés sur les plages proches. Hachereaux et pics sont absents des niveaux les plus récents. Le débitage fut en grande partie effectué sur place, comme en témoigne la présence du nucléus et les remontages qui ont pu être réalisés.

La faune des grands mammifères de l'ensemble Cl, dont l'association est caractéristique d'une période tempérée, comprend le cerf, le daim, le tahr, le sanglier, le rhinocéros de Merck, l'éléphant antique et l'ours. Les léporidés sont représentés par le lapin. Les carnivores sont quasi-absents de l'assemblage. Le lapin est l'espèce la plus abondante, suivie du cerf et de l'éléphant. L'accumulation de restes de léporidés sur le site serait d'origine anthropique. L'analyse spatiale des vestiges montre l'antiquité de la structuration des habitats. La présence humaine est attestée par des coprolithes et une empreinte de pied.

 


Extrait de "Les grands découvertes en préhistoire dans la régioin Provence-Alpes-Côte d'Azur"
Xavier DELESTRE - Jacques BUISSON-CATIL

Ministère de la Culture et de la Communication
Edisud

2006

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Vendredi 9 mai 2008
Cuisson des aliments
Les plus anciennes traces d'utilisation du feu apparaissent il y a environ 1,4 millions d'années. Cette révolution alimentaire pourrait être un facteur déterminant dans l'histoire de l'évolution de notre espèce : elle aurait permi, grâce à une mastication plus facile et une digestion plus efficace, de passer d'une alimentation plutôt végétarienne à une alimentation plus carnée ; cela pourrait être mis en rapport avec l'augmentation du volume cérébral, fortement constaté à cette période. Par ailleurs, la cuisson des aliments induit une modification substantielle dans les rapports sociaux, dans l'organisation d'une prédation collective et organisée d'une part, et dans le regroupement du clan dans ce qui aurait été les premiers repas "de famille".
Source : Aux origines de l'humanité, le propre de l'homme
P. Picq et Y. Coppens, Fayard, 2001



Feu (maîtrise du)

C'est aux environ de -600 000 ans que les Hommes maîtriseront le feu en laissant des traces nettes. C'est aussi à cette époque que la taile relative du cerveau augmente de manière significative. Pour autant, il est fort probable que certains modes de cuisson, qui ne laissent pas de trace nette, aient précédé l'invention de foyers structurés.



Flûtes en os
On a trouvé des flûtes en os à Isturitz, dans les Pyrénées-Atlantiques. L'une d'elles, presque complète, en os de vautour, datait du gravettien, c'est-à-dire près de 25 000 ans.
Source : "la préhistoire expliquée à mes petits-enfants"
Jean Clottes, Seuil, 2002



Arcs et flèches
On ne sait pas exactement quand est apparu l'arc. Le plus ancien fragment date de 11 000 ans. Realisé en bois, il se conserve difficilement. Il est possible qu'il ait été inventé avant, car 10 000 ans plus tôt, et par la suite, on trouve des pointes effilées en silex : elles pouvaient faires d'excellentes pointes de flèches, alors qu'elles auraient été un peu légères pour des sagaies.

Source : "la préhistoire expliquée à mes petits-enfants"
Jean Clottes, Seuil, 2002



Céramique
Les plus anciens vestiges de céramique nous viennent du Japon ; ils datent d'environ -10 000 ans.


Pirogues
Les plus anciennes pirogues connues, qui ont moins de 10 000 ans, sont faites dans des trons de bois creusés et évidés. Il y a pu en avoir bien avant, comme tend à le faire penser le peuplement de l'Australie, entre 55 000 et 60 000 ans, qui a demandé le franchissement de bras de mer de 70 km et plus ; ces homo sapiens explorateurs possédaient donc des radeaux ou des pirogues.
Source : "la préhistoire expliquée à mes petits-enfants"
Jean Clottes, Seuil, 2002


Dentistes et carie dentaire
La sédentarisation du néolithique amène un nouveau régime alimentaire qui engendre de nouveaux problèmes ! L'augmentation des sucres favorise le développement de caries dentaires. La farine, fabriquée dans des meules en pierre, contient de la poussière rocheuse. Le pain craque sous la dent. Conséquence : l'émail s'use rapidement. Mâcher devient douloureux. Les premiers dentistes connus apparaissent au Pakistan, il y à 9000 ans.
Source : "Histoire de France"
Gallimard jeunesse, 2007



Trépanation
Le premier crâne trépané est mis au jour en 1685, par Montfaucon, à Cocherel, mais ce n’est qu’en 1816 que Jean-Denis Barbié du Bocage présente un crâne trouvé à Nogent-les-Vierges « présentant un traumatisme qui avait fait perdre une partie du crâne, ce qui n’empêcha pas son possesseur de vivre encore de longues années (12 ans d’après l’estimation de Frédéric Cuvier). Les premières de ces interventions remonteraient vers la fin du néolithique, entre -5000 et -3000 ans.


Arnaque
Le concept d'arnaque est avéré vers la fin de l'âge de bronze, soit aux environs de 1000 ans avt JC. En effet, on a retrouvé en Méditerranée des lingots de cuivre, d'étain et de bronze destinés à l'échange commercial, dont seul l'extérieur était de la matière concernée, le centre étant de matière quelconque.
Source : "L'apogée de l'âge du bronze"
Franz-Leopold Schmelzer, Gerhard J. Rekel - Document vidéo, 2007
Par Homo Sapiens - Publié dans : Repères
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